21 Septembre 2017

Congo-Brazzaville: PME - Fin de la clandestinité

Sur instruction du gouvernement central, les PME doivent sans délai s'inscrire en ligne à partir du portail officiel du ministère des Petites et moyennes entreprises à l'adresse www.minpme.cd.

Il leur sera demandé concrètement de remplir un formulaire et d'y joindre les documents officiels de la société : identification nationale, registre de commerce et du crédit mobilier, numéro d'impôt, etc. Après ces formalités, l'OPEC va étudier chaque dossier avant de délivrer une attestation PME assortie d'une carte d'entrepreneur sécurisée. Actuellement, l'on estime le nombre des PME opérationnelles sur l'étendue du territoire national à plus d'un million. Malheureusement très peu, elles fonctionnent dans la légalité.

L'initiative inédite constitue un début de réponse durable à la faible contribution des PME congolaises à la bonne marche de l'économie nationale. Certes, des défis à la fois politique, économique et financier s'imposent aux autorités congolaises qui espèrent ainsi doter la RDC de cette classe moyenne d'entrepreneurs qui crée des richesses et des emplois. Pour y parvenir, il faudra surmonter de nombreuses contraintes.

Par exemple, 80 % des PME vendent les mêmes produits et donc les marges bénéficiaires sont très faibles. Nous pouvons allonger cette liste indéfiniment. Même si des interrogations persistent sur les stratégies à mettre en oeuvre, il y a une question préalable à laquelle aucun gouvernement n'a pu répondre à ce jour.

Combien de PME fonctionnent effectivement sur l'étendue du territoire national et surtout combien parmi elles fonctionnent dans le secteur informel ? En 2012, une enquête sur le secteur informel reprise dans le Rapport de l'Institut national de la statitique (INS) a dénombré environ 3,4 millions d'unités de production informelles dans l'ensemble des centres urbains de la RDC, dont 26 % à Kinshasa. Même aujourd'hui, il est toujours difficile d'avoir une réponse précise.

Processus d'identification et d'inscription

Face à ce manque criant de données, une telle démarche du gouvernement central est plutôt bien accueillie, même du côté de la corporation des PME (Copemeco) qui n'hésite pas à saluer l'initiative qui, selon elle, "permettra de doter le pays d'une page jaune électronique réelle des PME". Le gouvernement veut avoir un répertoire référencé de ces entités économiques afin de mieux les aider à se développer et à contribuer à la croissance de l'économie nationale.

Sur le terrain, l'Office de promotion des PME (Opec) travaille à l'exécution du projet, avec l'appui technique de la société Infoset. Mais qu'est-ce qui va réellement changer au bout du compte ? D'abord, cette opération s'inscrit dans le cadre plus large de la vulgarisation et mise en œuvre de la loi sur la sous-traitance. Pour le pays, il était important de mieux structurer les PME, au regard des exigences du droit Ohada.

Au-delà, il y a toutes les questions relatives à l'accès aux marchés de sous-traitance et aux différents appels d'offre. Enfin, cette identification permet un meilleur accompagnement administratif, juridique et technique. Et la liste n'est pas exhaustive.

Une réforme majeure

La nécessité de voir éclore une classe moyenne d'entrepreneurs restera un vœu pieux si elle ne s'accompagne pas d'une profonde réforme pour garantir la consolidation et surtout la diversification de l'économie en cette période difficile à cause de l'essouflement du secteur minier, principal moteur de la croissance. Actuellement, les PME sont devenues une véritable cible tant pour les banques que les institutions de micro-finance. Depuis quelques années, l'on observe un regain d'intérêt sur cette catégorie d'entrepreneurs sur qui repose d'une certaine manière l'avenir du pays.

Pour réussir cette réforme, les principales mesures attendues de l'exécutif national tournent autour du rétablissement de l'autorité de l'État, la sécurisation des biens et des personnes ainsi que l'affiliation des entreprises à une organisation professionnelle. Par le passé, plusieurs participants à des ateliers stratégiques ont proposé au Parlement de doter rapidement le pays d'une définition de la PME adaptée aux réalités congolaises.

Il faut ainsi parachever le processus d'adoption des lois relatives à la promotion de l'entrepreneuriat et la promotion de la PME en s'inspirant bien entendu de la définition contenue dans la charte des PME.

Quant au secteur privé, il est important qu'il continue à exercer une pression soutenue sur les PME afin que celles-ci produisent régulièrement des états financiers conformes et certifiés, une des exigences de la formalisation. Outre la nécessité de mieux comprendre l'offre des banques, l'on invite aussi les PME à mieux connaître le marché et surtout ses attentes. Par ailleurs, il faudra mieux les former et informer pour leur développement.

De ce qui précède, l'on comprend que rien n'est totalement acquis même si le processus d'identification marque un pas sur une multitude à poser pour avoir des PME viables qui portent la croissance congolaise.

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