22 Septembre 2017

Mali: Cessez-le feu Nord-Mali - Petite lueur d'espoir derrière les dunes ensanglantées

Combien de temps tiendra ce cessez-le-feu dans le Nord-Mali où les accords se nouent et se dénouent aussi rapidement que s'effacent les traces de pas dans le désert ? C'est la question qu'on ne peut s'empêcher de se poser après la décision prise par la Coordination des mouvements de l'Azawad et les groupes pro gouvernementaux de cesser les hostilités à partir du 20 septembre 2017. En même temps que les armes vont se taire, les belligérants sont également convenus de la libération des détenus et du retour des combattants de la Plateforme dans la ville de Takalot où ils avaient été chassés manu militari par les ex-rebelles.

Faut-il y voir les premiers effets positifs de l'adoption par l'ONU, il y a deux semaines, d'un régime de sanctions (interdiction de voyages et gel d'avoirs) contre ceux qui entravent le processus de paix ? Il y a tout lieu de le penser. Et si ce nouvel état d'esprit entre frères ennemis touaregs devait perdurer, il contribuerait sans doute à la désescalade et servirait le processus de paix malmené malgré l'accord d'Alger qui semblait pourtant avoir réglé, du moins sur le papier, le problème.

Hasard du calendrier, cette bonne nouvelle venue du septentrion malien coïncidait avec une réunion tenue le même jour à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, pour faire le bilan d'étape de l'arrangement politique algérois. C'était en présence du président Ibrahim Boubacar Keïta, du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, des ministres français et algériens des Affaires étrangères ainsi que du président de la CEDEAO. Tous ont reconnu que ce bilan était pour le moins mitigé et contrasté car si les autorités intérimaires ont été installées, parfois au forceps dans les cinq régions du Nord, que les gouverneurs ont été nommés et que la conférence d'entente nationale s'est tenue, de nombreux points noirs demeurent.

Ainsi, Guterres se désole de l'absence d'une véritable stratégie de réforme du système sécuritaire malien et des retards dans l'application de quelques dispositions politiques, cela en raison du report de la révision constitutionnelle qu'une partie de la classe politique et la société civile malienne ne veulent pas entendre parler. Mais il y a plus grave : cette violence résiduelle qui vient régulièrement rappeler combien le chemin qui mène à une paix véritable est encore loin.

Et comme s'ils voulaient d'ailleurs se faire entendre par les conférenciers new-yorkais, l'autre composante des fauteurs de troubles qui essaiment dans les dunes, à savoir les nombreux groupes et groupuscules narco-djihadistes, a perpétré une double attaque qui a pris pour cibles les casques bleus de la Minusma et les militaires maliens à Kidal et à Ménaka, occasionnant un mort.

Comment venir à bout de cette pieuvre tentaculaire qui, depuis le Nord malien, propage régulièrement son venin dans les pays voisins comme le Niger et le Burkina. C'est cette potion magique que recherchent en vain depuis des lustres les alchimistes des pays du G5 Sahel dont le projet d'une force commune a du reste été évoqué en début de semaine dans la « Maison de verre de Manhattan ». Sans pour autant que le gap, à savoir les ¾ des 423 millions d'euros nécessaires à sa mise en œuvre, ait été trouvé.

Même si les premières opérations de cette task force sont censées débuter en octobre prochain, il faudra du temps et surtout beaucoup d'argent pour venir à bout de ces terroristes qui, eux, ne s'embarrassent pas de cessez-le-feu.

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