22 Septembre 2017

Ile Maurice: Nad Sivaramen - «Le complot n'est pas que politique mais aussi médiatique»

interview

Après que Husein Abdool Rahim s'est rétracté, hier jeudi 21 septembre, et a accusé «l'express» d'avoir ourdi un complot en vue de faire chuter Ravi Yerrigadoo, nous avons interrogé Nad Sivaramen et Yasin Denmamode, deux des trois journalistes qui ont travaillé sur le Yerrigadoogate. Ils reviennent sur les faits.

Pourquoi n'êtes-vous pas intervenu en direct sur Radio Plus ?

C'était un show radiophonique. Lorsque j'ai entendu les larmes de Ravi Yerrigadoo, qui a dit que «la vérité a triomphé» sans répondre aux questions de fond, lorsque j'ai écouté Husein Abdool Rahim débiter toutes ces stupidités, c'était clair pour moi que c'est un cover-up en direct. Je n'ai pas voulu y participer.

En revanche, Axcel Chenney, qui, avec Yasin Denmamode, a travaillé avec moi sur le Yerrigadoogate, est intervenu. Donc, La Sentinelle n'a pas joué les abonnés absents, même si les dés nous semblent pipés.

Comment expliquez-vous que Husein Abdool Rahim soit parti à Radio Plus pour faire ses déclarations ?

Il nous avait avoué qu'il a menti sur la sextorsion. D'ailleurs, nous avons ses aveux par écrit. Il nous a dit qu'on ne peut pas le lâcher. Nous lui avons fait comprendre qu'il a brisé le contrat de confiance.

Il m'a dit qu'il allait téléphoner à Sylvio Sundanum et à sa copine. J'ai compris qu'il était hors contrôle. Je pense que c'est l'appât du gain qui l'a fait partir là-bas. Nous étions intéressés par ses documents, mais pas par lui. Nous ne lui avons jamais donné de l'argent.

Quand il jurait l'affidavit, les journalistes d'une presse concurrente prenaient mes photos sans cesse. Je leur ai dit que c'est la photo de Husein Abdool Rahim qu'il fallait prendre.

Avec toute ma bonne volonté, j'ai expliqué au journaliste Nilen Kattany les raisons pour lesquelles j'étais aux côtés du whistleblower pour jurer l'affidavit. Il n'y a eu aucune ligne en ce sens dans son journal.

«Nous avons fait de l'investigative journalism. Nous avons recoupé des informations, contre-vérifié les informations, encadré un whistleblower, l'avons sécurisé... »

Autre raison qui m'a poussé à ne pas répondre à Radio Plus : je pars volontairement à l'ICAC lundi, car je suis en possession des documents compromettants, le journaliste Al Khizr Ramdin me suit de Port-Louis à Réduit en moto.

À ma sortie des locaux de la commission anticorruption, je lui fais une longue déclaration. Encore une fois, il ne rapporte rien. Il n'explique pas pour quelle raison j'étais là-bas.

À la place, ce groupe de presse a rapporté que Nad Sivaramen a été entendu par l'ICAC et il était avec son avocat. C'était comme si j'étais le suspect. Quand vous faites un show, c'est normal que je ne participe pas.

Je n'ai pas confiance en ce genre de journalisme. Il était uniquement intéressé par ma version quand Husein Abdool Rahim s'est rétracté. Quand l'affaire avait éclaté, j'avais expliqué le contexte aux deux journalistes. En vain.

Autre chose, une journaliste de Radio Plus, Adila Mohit, a appelé alors que j'étais chez Me Ashley Hurhangee. Elle voulait que l'avocat dise des choses qui n'existent pas. Le complot n'est pas que politique mais aussi médiatique.

Cette journaliste voulait avoir la peau d'Axcel Chenney. Ce n'est pas du journalisme. C'est un grotesque cover-up. Le summum du ridicule, c'est quand Ravi Rutnah qui est très controversé et qui a été désavoué par la population a proposé de le défendre.

Depuis le début, «l'express» dit avoir soutenu Husein Abdool Rahim. Expliquez-nous en quoi consiste ce soutien ?

Il faut remonter à la chronologie qui a été publiée. Tout cela remonte au vendredi 8 septembre. Plusieurs journalistes de La Sentinelle ont reçu des e-mails de Husein Abdool Rahim, dont Touria Prayag.

Cette dernière lui a conseillé de me rencontrer. J'avais rendez-vous avec lui dans l'après-midi du dimanche 10 septembre. Il est venu le matin même. Donc, on s'est vu, et à partir de là, il m'a raconté une histoire.

«Une voiture a été mise à la disposition de Husein Abdool Rahim, il circulait librement. Il est même allé en salle de gym au vu et au su de tous.»

Tenait-elle debout ? À ce moment-là, je ne pouvais le dire. Mais quand il m'a montré les documents en sa possession, j'ai été choqué.

Ce sont ces documents qui m'ont fait croire à son récit. Ces documents sont compromettants et accablants. Et quand il m'a dit qu'il était en danger de mort, je l'ai cru en me basant sur les documents qu'il a présentés en originaux.

Ile Maurice

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