18 Septembre 2017

Afrique: La Fondation Humboldt soutient de jeunes Africains à la pointe de la recherche environnementale

communiqué de presse

Berlin — BERLIN, 18 September 2017 / PRN Africa / -- Depuis 2009, la Fondation Alexander von Humboldt décerne des bourses d'étude pour la protection du climat à de jeunes scientifiques issus de pays émergents ou en développement non européens. Les boursiers africains n'ont encore jamais été aussi nombreux. Sur les dix-neuf boursiers de la promotion 2017/18, onze viennent d'Afrique et, parmi eux, on compte cinq femmes. Ils peuvent tous conduire pendant un an en Allemagne un projet de recherche de leur choix sur le changement climatique. Ils sont encadrés par des professeurs d'universités allemandes qu'ils peuvent choisir en fonction de leur axe de recherche.

Mieux lutter contre la sécheresse au Kenya

Betty Jepchirchir Rono, 29 ans, est l'une de ces boursières. Elle a obtenu son master en sciences à l'Egerton University de Nakuru au Kenya et elle veut maintenant faire son doctorat. Depuis 6 mois, elle fait de la recherche en Allemagne, au centre Helmholtz de recherche environnementale de l'université de Leipzig, afin d'aider les paysans de son pays qui sont directement touchés par le changement climatique, l'augmentation des températures et l'évolution des précipitations. Autant de phénomènes qui engendrent la sécheresse avec toutes ses répercussions : mortalité du bétail, récoltes perdues et famines dramatiques, comme cela s'est de nouveau produit en début d'année. « La faim, c'est terrible pour un pays », dit Betty Rono. C'est la raison pour laquelle elle avait déjà recueilli les données des sécheresses des 40 dernières années au Kenya. À l'aide d'un logiciel sophistiqué, elle crée à présent une sorte de détecteur de sécheresse ainsi qu'un indice de sécheresse, destinés à prévoir les sécheresses de manière ciblée et à déclencher plus tôt les programmes d'aide internationale.

Par ailleurs, elle a aussi longuement interrogé plus de 120 agriculteurs au Kenya afin de comprendre le comportement de la population en cas de sécheresse et les raisons expliquant leurs réactions. Le gouvernement kenyan a certes lancé un programme d'urgence pour racheter du bétail en période de sécheresse. Mais « pour les familles, le bétail est ce qu'ils ont de plus précieux et on ne s'en sépare pas », explique la professeure Aletta Bonn qui encadre Betty à Leipzig et la soutient dans ses travaux de recherche. Qui plus est, les sols s'épuisent si on y fait paître trop de bêtes. Dans le travail de Betty, la collecte scientifique des données abstraites sur la sécheresse aux fins de prédiction va de pair avec les analyses sociologiques des types de comportement traditionnels. Tout cela devrait déboucher sur un système d'alerte à même d'atteindre aussi les habitants de régions isolées du pays, et ce par téléphone portable.

En 2017, les habitants d'Afrique de l'Est sont de nouveau en proie à une sécheresse extrême. Il y a seulement quelques mois de cela, des organisations humanitaires ont signalé qu'environ douze millions de personnes risquaient de mourir de soif. En début d'année, le gouvernement kenyan a décrété l'état de catastrophe naturelle. Les sécheresses ont augmenté ces dernières années. Betty espère que grâce à ses travaux de recherche en Allemagne, elle pourra aider son pays.

Étudier les risques d'effondrement des côtes dans l'ouest de l'Afrique

Fati Aziz, originaire du Bénin, travaille pour sa part à l'Institut de recherche sur la mer Baltique de Warnemünde où il compare les mesures durables destinées à protéger les régions côtières allemandes et ghanéennes de l'impact du changement climatique. Dès 2010, la Banque mondiale a constaté que certaines parties de la côte ghanéenne ainsi que des milliers de kilomètres de la côte occidentale de l'Afrique menaçaient de s'effondrer à moyen terme. L'Atlantique ronge les côtes basses et sablonneuses, de la Mauritanie au Cameroun. Au Ghana, presque toutes les installations industrielles se concentrent sur les régions côtières. Quand le niveau des mers augmente, les marées hautes menacent l'existence des populations car des milliers de gens, en quête de travail, se sont installés dans les régions côtières où l'on extrait du pétrole et du gaz. Pour construire de nouveaux lotissements, des forêts de palétuviers qui jusque-là retenaient le sol sablonneux ont été défrichées. Selon les prévisions, d'ici à la fin du siècle, le niveau des océans augmentera d'au moins cinquante centimètres dans le monde entier. Selon une étude menée par l'ONU, de nombreuses agglomérations risquent d'être englouties au Ghana. Fati entend consigner dans une étude comparative comment le changement climatique modifiera les côtes allemandes et ghanéennes.

Un réseau pour l'avenir

Betty dit apprécier de bénéficier en Allemagne du bon équipement technique de l'université de Leipzig mais aussi d'avoir l'occasion de nouer des contacts avec de nombreux scientifiques. Elle mise sur ce réseau pour l'avenir de l'Afrique. Sa bourse Humboldt, ajoute-t-elle, lui permettra de faire appel toute sa vie à un réseau qui s'étend sur tout le globe, ce qui lève les barrières parfois présentes dans les têtes. Dans le cadre de ce programme, les jeunes scientifiques boursiers visitent des entreprises de génie énergétique ainsi que des organisations telles Greenpeace ou des agences des Nations Unies basées en Allemagne, mais ils échangent aussi régulièrement entre eux. « Nous avons créé un groupe Whatsapp par lequel nous communiquons entre nous au moins trois fois par jour », explique Betty.

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