22 Septembre 2017

Burkina Faso: Accidents de la circulation près de 5000 morts en 4 ans

Sous la houlette de l'Office National de la Sécurité Routière (ONASER), la commission technique spéciale de retrait des permis de conduire a organisé sa douzième session foraine le jeudi 21 septembre 2017.

C'était à la gare routière de l'Est à Ouagadougou, en présence des responsables des organisations socioprofessionnelles des transporteurs et des chauffeurs, des syndicats et d'une population fortement mobilisée pour la circonstance. L'objectif de cette première session de l'année 2017 est d'examiner les différents dossiers pendants et statuer.

Les accidents de la circulation sont légion au pays des Hommes intègres, faisant chaque année de nombreux blessés souvent graves et des morts. Il suffit, pour s'en convaincre, de consulter les différents rapports qui soulignent la gravité de la situation. C'est ce que le Directeur général de l'ONASER, Mamadou Ouattara, a tenu à justifier à l'ouverture de la douzième session foraine de la commission technique et scientifique : «Les chiffres sont assez illustratifs pour décrire l'ampleur de l'insécurité routière dans notre pays. De 2011 à 2015, 86 815 accidents de la circulation se sont produits et ont fait 4 986 tués et 73 906 blessés».

«Grâce à l'effort conjugué des acteurs de la sécurité routière, nous avons observé une tendance à la baisse du nombre des tués qui est passé de 1125 en 2013 à 954 en 2014 puis 950 en 2015 », a-t-il ajouté. Mais cette tendance à la baisse n'est qu'éphémère car, poursuit le Directeur général, « la récurrence des accidents mortels du premier semestre de l'année 2016 semble estomper l'espoir d'une tendance à la baisse de la mortalité routière. En effet, au premier trimestre 2016, 4095 accidents se sont produits et ont fait 166 tués et 3238 blessés. »

Pour mémoire, les accidents les plus graves de la circulation entre avril et juin 2016 sont, entre autres, l'accident du 29 avril 2016 qui s'est produit à Konakoira (25 km de Nouna) et qui a coûté la vie à deux personnes. A Toecé (70 km de Ouagadoudou), dix personnes ont perdu la vie. Le 1er juin 2016 sur l'axe Ouahigouya Tougan avec 59 blessés, le 12 juin 2016 sur le Boulevard de l'indépendance à Bobo-Dioulasso (un tué et une dizaine de blessés) et enfin l'accident du 19 mai sur la RN1 qui a fait 24 tués et 36 blessés.

Quelles sont les principales causes de ces multiples accidents ? Mamadou Ouattara donne la réponse suivante : «La plupart de ces accidents sont dus à l'excès de vitesse, au mauvais stationnement et à l'état technique des véhicules. Le transport mixte est le principal facteur aggravant des accidents mortels». Au regard de ces résultats désolants et dramatiques, le gouvernement a daigné prendre des mesures urgentes pour atténuer le phénomène.

Les principales mesures sont : l'interdiction du transport mixte, l'installation des limiteurs de vitesse sur les véhicules de transport en commun, le respect de la réglementation relative aux heures de conduite et de repos des chauffeurs routiers et le retrait pur et simple des permis de conduire des chauffeurs responsables d'accidents mortels. Cette dernière mesure est régie par une instance administrative chargée de statuer sur les

dossiers d'infractions graves aux règles de la circulation routière ainsi que les accidents graves voire mortels. C'est dans ce cadre qu'elle a tenu sa douzième session foraine et la première de l'année en cours dans la cour de la gare routière de l'Est, au vu et au su du public. Selon la directrice de la commission technique et scientifique , Djeneba Zongo, « la session consiste à examiner les cinq dossiers du jour et à statuer. La sanction peut aller jusqu'au retrait du permis de conduire du chauffeur pendant six mois ou de façon définitive, selon la gravité de la faute».

Pour ce faire, la commission procède comme suit : étudier les procès-verbaux des enquêtes préliminaires dressées par la Police et la gendarmerie, étudier les constats d'infractions au Code de la route faits par les examinateurs du permis de conduire, émettre des avis techniques après avoir entendu les conducteurs impliqués, prendre une décision de restitution ou de retrait définitif ou temporaire du permis de conduire, transmettre les procès-verbaux à la Police et à la gendarmerie pour suivi.

Selon M. Ouattara, « l'ONASER cherche à mieux faire connaître la commission de retrait des permis de conduire par les populations et à lui permettre de jouer pleinement son rôle de prévention des accidents de la circulation routière par la sensibilisation et l'éducation à l'endroit des usagers de la route. Dans ce cadre, l'ONASER a prévu, au titre de l'année 2017, la tenue de deux sessions foraines qui se dérouleront à Ouagadougou. Cette session est la première de l'année 2017 et la douzième depuis la création de l'ONASER», a-t-il confié.

Satisfait de la forte mobilisation, le Directeur général a souhaité que «ces sessions foraines soient des créneaux pour la sensibilisation des usagers de la route, pour l'émergence d'une culture de la sécurité routière». L'on pouvait lire sur les différentes banderoles, des messages de sensibilisation tels que : «La tolérance et la solidarité dans la circulation routière sont le fondement de la culture de la sécurité routière », « Le transport mixte, une pratique courante aux conséquences dommageables »,

« La surcharge dégrade les routes, abîme les véhicules et est source d'accidents de la circulation routière », « Boire et conduire peut conduire à des situations dramatiques. Combattons l'alcool dans la conduite».

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