22 Septembre 2017

Burkina Faso: Affaire Ali Badra et autres contre Lopez et Nogo - Une clé usb fait reporter le procès

Encore une affaire croustillante au Palais de justice de Ouagadougou. La fameuse conversation entre Safiatou Lopez et Idrissa Nogo, ex-coordonnateur du Mouvement plus rien ne sera comme avant, qui avait fait le tour des réseaux sociaux, est devant le juge.

Safiatou Lopez/Zongo, Idrissa Nogo et Philippe Ouédraogo sont poursuivis pour des faits de diffamations, d'injures publiques, de complicité de diffamation et d'injures publiques par Ouédraogo Ali Badra, Rabo Michel et Guiro Manssoudou. Inscrit au Rôle hier 21 septembre 2017, l'affaire a été renvoyée à une date ultérieure pour reprogrammation et comparution de Dame Safiatou Lopez/Zongo.

C'est une conversation qui a défrayé la chronique. Idrissa Nogo, alors coordonnateur du Mouvement plus rien ne sera comme avant, au téléphone avec Safiatou Lopez, lui ouvre une bonne partie de son jardin. Abordant des sujets parmi les plus intimes, il lui révèle, entre autres, les coups bas en gestation de certains hommes politiques à son encontre. Malheureusement pour lui, Saliatou Lopez a enregistré soigneusement cette conversation et l'a balancée sur les réseaux sociaux. La suite, on la connaît.

Certains acteurs politiques et de la société civile mis en cause dans l'enregistrement, se disant diffamés et injuriés publiquement, décident alors de saisir la Justice. Ce sont Ali Badra Ouédraogo, président du Rassemblement pour la république, Massoudou Guiro, coordonnateur du MPRESCA et Michel Rabo. Ils poursuivent Safiatou Lopez/Zongo, Idrissa Nogo et Phillipe Ouédraogo, SG du Bloc national des étudiants contre l'injustice et l'impunité (BNEI), pour diffamation, injures publiques, complicité de diffamation et complicité d'injures publiques.

Ce 21 septembre, plusieurs affaires étaient inscrites au rôle. L'affaire qui a cristallisé toutes les attentions était celle de l'enregistrement. Elle a été appelée en 9e position.

Toutes les parties étaient présentes, excepté Safiatou Lopez/Zongo. In limine litis, l'avocat de Safiatou Lopez demande le renvoi du procès. Il dit avoir reçu un dossier sous scellé qu'il s'est gardé d'ouvrir. « Alors ouvrez-le », lui a ordonné le juge. Ouvert, une clé USB se trouvait à l'intérieur. Quel en est le contenu ?, a demandé le juge à l'accusation. « Il s'agit d'une clé USB qui contient les enregistrements », a répondu Me Idrissa Badini, avocat de Ali Badra Ouédraogo. Le plus naturellement du monde, l'avocat de la défense demande alors le renvoi du procès, le temps de prendre connaissance du contenu de ladite clé. C'est le premier motif du renvoi. Deuxième motif, l'absence de Dame Safiatou/Lopez. Au regard de cet état de fait, le juge décide du renvoi du dossier pour reprogrammation et comparution de Dame Safiatou Lopez/Zongo.

Les cavaliers de Lopez

A sa sortie d'audience, Ali Badra Ouédraogo affirme avoir été sali par cette affaire. Il dit espérer que la voie judiciaire lui permettra de se

blanchir de cette diffamation montée de toutes pièces. « Monsieur Nogo m'est un inconnu. Et c'est ma deuxième fois de le voir ». Que reproche-t-il concrètement à l'ex-coordonnateur du MPRESCA ? « Le sieur Nogo a dit dans sa conversation avec dame Safiatou Lopez que je lui aurais dit que madame Saran Sérémé, une dame que je respecte beaucoup, serait dans une logique de détruire Safiatou Lopez ». Quant à Idrissa Nogo, il se dit serein et attend que la bataille se mène entre Safiatou Lopez et l'accusation. « La convocation que j'ai reçue par exploit d'huissier précise heureusement pour moi, que c'est Dame Safiatou Lopez et Philippe Ouédraogo qui ont assuré l'enregistrement et la publication du fichier audio. Vous voyez que les rôles sont clairs et les responsabilités, précises. Donc, M. Nogo est suffisamment à l'aise. Celui qui l'a enregistré, celui qui l'a publié, c'est lui qui est à même de dire quel jour, pourquoi et à quelle fin il l'a publié », affirme-t-il.

Philippe Ouédraogo se dit surpris d'être cité dans cette affaire, pour complicité de diffamation et d'injures publiques. « C'est un enregistrement sauvage qui s'est retrouvé sur les réseaux sociaux et on m'accuse d'avoir partagé cet enregistrement. Je suis surpris d'être cité parce que sur les réseaux sociaux, tout se partage. Je n'ai pas aidé Safiatou Lopez à enregistrer. On me reproche d'avoir été le premier à partager », se défend le SG du BNEID.

Au moment où le palais de justice se vidait du beau monde venu pour ne pas se faire conter cet épisode judiciaire, Dame Safiatou Lopez fit une entrée tonitruante. Elle était accompagnée de cavaliers qui ont même pénétré dans l'enceinte du palais. Se prononçant sur les raisons de son retard, elle dira ceci : « Il faut dire qu'il y a eu beaucoup d'embouteillages. Il y a aussi le fait que beaucoup de personnes sont venues à la maison pour qu'on aille ensemble, mais j'ai préféré leur dire de me devancer ». Elle se dit victime d'une cabale judiciaire mais est déterminée à se battre jusqu'au bout. Affaire à suivre ...

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