22 Septembre 2017

Burkina Faso: Classement des IPES - Comme chacun défend son « bifteck » !

opinion

La rentrée des classes, c'est pour bientôt, pour les élèves et étudiants du Burkina Faso. Comme il est de coutume, chaque acteur de l'éducation s'active dans un contexte de galère ambiante : parents, élèves, Etat, établissements d'enseignement et même les observateurs plus ou moins avisés comme nous autres « fous », ne sont pas en reste.

Pourquoi ? Parce que tout ce qui touche à l'éducation, doit être une préoccupation commune. Voilà pourquoi malgré les préjugés des gens « normaux » sur les « fous », je me fais le devoir de dire ce que je pense. Bref, comme vous le savez, il y a des bisbilles actuellement entre la Direction générale de l'enseignement supérieur (DGES) et les Institutions privées d'enseignement supérieur (IPES). Raison de la pomme de discorde : la publication par la DGES, d'un rapport de classement des IPES selon des normes de qualité. Depuis sa publication, c'est la levée de bois vert sur les auteurs dudit document. Personnellement, j'ai admiré le travail de la DGES.

Car, dans ce pays, on a beaucoup besoin de se dire certaines vérités. Tout le monde sait que dans le domaine de l'éducation, les établissements d'enseignement se multiplient comme des chambres de passe, des kiosques ou des débits de boisson. Moi le « fou », je me demande toujours si tous ces établissements répondent aux normes de qualité. Etant donné que l'inflation et la prolifération de ces établissements qui profitent de la démission de l'Etat dans le domaine, ont parfois des motivations autres que celles de former des hommes de qualité pour le Burkina Faso de demain, soucieux de bâtir son avenir. Je veux juste dire que l'enseignement privé est plus une question de business que de formation de qualité. Conséquence, des générations entières de Burkinabè sont sacrifiées sur l'autel de la rentabilité financière.

Il est vital de mettre fin au désordre

Dans ces conditions, que l'Etat, dans son sommeil complice, ouvre l'œil pour enfin mettre au pas les établissements « assassins », c'est une démarche que le fou applaudit. Seulement, l'Etat doit y mettre la manière et tout le sérieux requis. Moi le fou, j'ignore si la DGES a mené ses enquêtes dans les règles de l'art ; j'ignore si les conclusions du rapport sont sans reproches ; mais je retiens seulement que plusieurs institutions, se disant mal classées, dénoncent le travail fait par les « gendarmes » de la DGES. Pour les institutions plaignantes, personnellement, j'essaie de les comprendre car, c'est une question d'image et de publicité. Chacun défend son « bifteck », car les enjeux sont énormes et personne ne veut perdre sa « clientèle » ni ses « partenaires ».

Peut-être que dans cette histoire, la DGES a donné des verges pour se faire fouetter, vu que les IPES dénoncent la méthode de travail ayant conduit au classement. Mais je crois que l'essentiel ici, c'est d'avoir brisé un tabou. Cela rappelle à tous qu'il est vital pour un pays soucieux de son avenir, de mettre fin au désordre, aux actes des vendeurs d'illusions, aux arnaques que subissent les élèves et leurs parents dans l'enseignement privé. La situation, telle qu'elle se présente aujourd'hui, donne une occasion unique aux acteurs de s'asseoir autour d'une même table pour définir des normes de qualité en matière d'enseignement privé, assorties de sanctions contre les indélicats.

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