22 Septembre 2017

Afrique: Selon une étude de la Banque mondiale menée auprès d'entrepreneurs d'Afrique de l'Ouest, les formations axées sur la psychologie sont plus efficaces que les formations commerciales classiques

communiqué de presse

Washington — Une nouvelle étude de la Banque mondiale menée auprès de micro-entrepreneurs d'Afrique de l'Ouest constate que les formations en entrepreneuriat axées sur les compétences psychologiques fonctionnent mieux que les formations commerciales classiques. Les premières entraînant une hausse des bénéfices de 30 %, contre 11 % pour les secondes.

Cette étude, publiée aujourd'hui dans la revue Science et menée conjointement avec la National University of Singapore Business School et l'université Leuphana, apporte un éclairage nouveau sur un vieux débat : les compétences entrepreneuriales sont-elles innées ou acquises ? Elle démontre que les formations s'attachant à développer l'esprit d'initiative parviennent à inculquer des qualités entrepreneuriales considérées jusqu'ici comme « naturelles ».

« Les formations entrepreneuriales classiques portent essentiellement sur la comptabilité, le marketing et d'autres compétences commerciales de base. Elles sont largement utilisées à travers le monde ; or, un certain nombre d'études montrent qu'elles n'ont pas de véritable impact, souligne David McKenzie, économiste principal au sein du Groupe de recherche sur le développement de la Banque mondiale et co-auteur du rapport. Il est donc important de rechercher des solutions alternatives plus efficaces. »

Conduit sur un échantillon de 1 500 micro-entrepreneurs de Lomé, au Togo, un essai randomisé contrôlé a comparé les effets d'une formation commerciale classique par rapport à ceux obtenus avec une formation orientée sur l'initiative personnelle.

« La formation axée sur la psychologie vise à développer des comportementaux proactifs chez les entrepreneurs, comme le sens de l'initiative, l'innovation, l'identification et l'exploitation de nouvelles opportunités, la fixation d'objectifs, les mécanismes de planification et de rétroaction ou encore la capacité à surmonter les obstacles », explique Michael Frese, professeur à la National University of Singapore Business School et à l'université Leuphana, co-auteur du rapport à l'origine de cette approche alternative de la formation basée sur l'initiative personnelle.

Les résultats de l'essai, qui englobe ces deux programmes de formation et quatre séries d'enquêtes de suivi, sont assez surprenants. Les entrepreneurs togolais ayant suivi la formation à l'initiative personnelle ont réalisé des bénéfices supérieurs à ceux des entrepreneurs formés selon les méthodes habituelles ou appartenant aux groupes témoins.

« La formation a été particulièrement efficace pour les entreprises détenues par des femmes, qui ne tiraient en général guère profit des formations classiques. Les bénéfices des femmes formées à l'initiative personnelle ont augmenté de 40 %, contre 5 % pour les entrepreneures formées de manière plus classique », ajoute Markus Goldstein, également co-auteur de l'étude et responsable du Laboratoire d'innovation de la Banque mondiale sur le genre et l'égalité des sexes en Afrique.

Cette expérience a par ailleurs mis en évidence la meilleure rentabilité du programme de formation à l'initiative personnelle, qui a pu rentrer dans ses coûts en un an grâce à la hausse des bénéfices mensuels des participants à l'issue de la formation (le coût des deux programmes, pris en charge par l'étude, s'élevait à environ 756 dollars par stagiaire).

Les conclusions de ce travail plaident pour introduire à terme davantage de psychologie dans les programmes de formation destinés aux petits entrepreneurs d'Afrique de l'Ouest et d'ailleurs, et soulignent que pour réussir, il est tout aussi important d'acquérir un esprit entrepreneurial que les compétences techniques classiques.

Francisco Campos, Leonardo Iacovone et Hillary Johnson, à la Banque mondiale, ainsi que Mona Mensmann, de l'université de Leuphana, sont également co-auteurs du rapport.

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