23 Septembre 2017

Madagascar: Justice - Magistrats et greffiers annoncent une grève illimitée

Les syndicats des magistrats et des greffiers font front commun pour bétonner leurs revendications. Ils annoncent une grève illimitée à partir de mercredi.

Une paralysie. C'est ce qui risque d'arriver à l'appareil judiciaire, à en croire ce qui a été dit devant la presse hier, au siège de Cour suprême Anosy.

À l'issue de leur assemblée générale extraordinaire respective, le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), et celui des greffiers de Madagascar, ont annoncé d'une seule voix qu'ils comptent faire une grève illimitée à partir de mercredi.

De prime abord, les deux entités syndicales ont changé de stratégie. Afin de peser et de faire plier le pouvoir exécutif, et obtenir gain de cause dans leurs revendications respectives, magistrats et greffiers ont alors décidé de s'aligner sur un front unique.

Une position univoque qu'ils se sont évertués à afficher devant les journalistes, hier. « Après leur assemblée générale, le syndicat des magistrats et celui des greffiers feront grève à partir de mercredi », a lâché d'emblée Fanirisoa Ernaivo, présidente du SMM.

Une déclaration bétonnée par Haja Randriambololona, président du syndicat des greffiers. « La grève sera illimitée. Il n'y aura pas non plus de service minimum. Nous ferons grève jusqu'à ce que les responsables trouvent une solution à nos revendications », a-t-il soutenu. Selon le chef de file du SMM, les deux entités « ne veulent plus entendre de promesses non suivies de concrétisation ».

Bien que les deux syndicats affirment être ouverts au dialogue, le président de celui des greffiers a toutefois enchaîné que nous n'engagerons les négociations seulement que si cela concerne la concrétisation de nos revendications. Que pour la détermination d'un calendrier pour leurs réalisations. Une rencontre entre les deux organisations syndicales et Alexandrine Elyse Rasolo, ministre de la Justice, s'est tenue le 31 août à Faravohitra.

Priorité

Un face-à-face à l'issue duquel magistrats et greffiers ont affiché une relative satisfaction. « Des avancées ont été constatées », ou encore, « l'espoir est permis », figuraient parmi les réactions des syndicalistes à l'issue de la réunion avec la Garde des sceaux, au lendemain de sa nomination.

À entendre ce qui a été dit hier à la Cour suprême, toutefois, cet engouement a été douché. « Plusieurs promesses sont données, mais rien n'est fait. Ils pourraient au moins, nous donner un calendrier pour la concrétisation de nos revendications », a affirmé Fanirisoa Ernaivo.

La présidente du SMM a, par ailleurs, déploré que depuis cette première rencontre, nous n'avons plus été reçus par la ministre. Peut-être avait-elle des choses plus importantes à faire. En marge d'une cérémonie de prestation de serment, à la Cour suprême le 13 septembre, la Garde des sceaux a soutenu que même s'il est discret, le ministère fait de la concrétisation de ces revendications sa priorité. La discrétion de la démarche ministérielle ne semble visiblement pas rassurer les deux syndicats.

« Nos revendications sont réalisables. Nous n'exagérons pas lorsque nous parlons d'une augmentation de nos émoluments [une hausse de 100 mille ariary, selon les informations]. Le versement [qui consiste en une augmentation de grade] a déjà été appliqué, depuis l'année 2006 », a martelé Haja Randriambololona, rappelant les attentes des greffiers hier. Le SMM, quant à lui, insiste sur l'engagement de réformes et l'encadrement de certains principes, dans le but d'assurer l'indépendance de la magistrature.

Une réforme du statut de la magistrature, du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), ou encore, l'encadrement du principe de subordination des magistrats du ministère public et de communication des dossiers, ainsi que l'application des décisions de justice sont parmi les revendications du SMM. Selon le Syndicat, la rencontre avec la ministre Rasolo aurait dû être suivie de la mise en place d'une commission de réforme, l'adoption de décrets ou encore la publication de circulaires pour concrétiser leurs demandes.

« Ce n'est pourtant pas le cas jusqu'ici », a conclu sa présidente.

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