23 Septembre 2017

Cameroun: Le niveau d'endettement des entreprises publiques inquiète le FMI

Selon l'institution de Bretton Woods, ces entités sont par ailleurs des gouffres à sous pour l'Etat.

Les entreprises relevant du portefeuille de l'Etat camerounais, réputées avoir des grilles salariales confortables et autres avantages offerts aux employés, entretiendraient-elles leur train de vie princier par un endettement excessif ? C'est la question que l'on est fondé de se poser à la suite de la récente visite au Cameroun du directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), le Japonais Mitsuhiro Furusawa.

Dans un document intitulé «débloquer le potentiel de croissance du Cameroun», dans lequel il montre les voies pouvant aider le Cameroun à sortir de la mauvaise passe dans laquelle le pays se trouve actuellement, à cause de la crise des prix des matières premières, ce responsable du FMI soutient que bon nombre d'entreprises publiques camerounaises «souffrent d'un endettement élevé et affichent des arriérés».

A l'en croire, seuls «une amélioration de l'information financière et un renforcement de la surveillance de la gestion de ces entreprises protégeront le budget de l'Etat contre les passifs conditionnels qui y sont liés». En effet, la pratique courante dans le pays veut que l'Etat, dont la signature est toujours bien cotée sur les marchés des capitaux, garantisse les crédits contractés par les 127 entreprises et autres établissements publics administratifs relevant de son portefeuille. Il n'est donc pas rare que par divers mécanismes, l'Etat se retrouve à payer, sous forme de subventions, des dettes contractées par des entreprises publiques lorsque celles-ci sont dans l'incapacité de payer. Le cas le plus patent est le payement par le Trésor public, de manière répétée depuis 2011, des dettes réclamées par les fournisseurs de Camair Co, la compagnie aérienne publique détenue à 100% par l'Etat.

Cette manière de mettre la trésorerie publique au service d'entreprises censées pourtant payer des dividendes à son actionnaire principal, et qui ont, en plus de cela, la réputation de réaliser de «piètres résultats», selon un rapport du FMI de 2013 ; met à mal les finances publiques, surtout dans le contexte actuel marqué par une baisse continue des recettes publiques. Bref, avait déjà fait remarquer Elung Paul Ché au cours d'un conseil de cabinet tenu le 25 février 2016 à Yaoundé, «l'accroissement de l'endettement» de ces entreprises «pourrait, à moyen terme, constituer un risque pour le budget de l'Etat».

Le ministre délégué auprès du ministre des Finances avait été invité à exposer sur «la performance dans la gestion» des sociétés d'Etat, au cours de cette grand'messe du gouvernement camerounais. «En vue d'une plus grande efficience, les entreprises devraient recourir de moins en moins aux subventions provenant du budget de l'Etat, et élargir leurs outils de financement, en s'orientant vers les formules nouvelles comme les prêts non souverains des partenaires au développement ou des banques privées», avait conseillé Elung Paul Ché dans son exposé.

Selon le directeur général adjoint du FMI, ces subventions allouées par l'Etat camerounais aux entreprises relevant de son portefeuille «représentent environ 1% du BIP» du pays. En considérant le PIB du Cameroun en 2015, estimé à environ 15 000 milliards de francs Cfa par le FMI, l'on peut évaluer le volume des subventions octroyées par l'Etat à ses entreprises, à environ 1500 milliards de francs Cfa, soit l'équivalent du budget d'investissement public (BIP) du pays pour l'année 2017.

Cameroun

L'écrivain Patrice Nganang placé en détention

Patrice Nganang devrait être présenté à un juge ce matin. Contre lui, trois chefs… Plus »

Copyright © 2017 Camer.be. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.