23 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: Réconciliation - Les Kasaïens enterrent la hache de guerre

Photo: MONUSCO/Anne Herrmann
A Kananga, on s’engage pour la Paix.

Les chefs coutumiers ont signé "un acte d'engagement" pour éviter tout recours à la violence dans le règlement des conflits.

Un rite spécial de lavement des mains dans un même bassin par les cinq délégués du Grand Kasaï en signe de réconciliation a ponctué la cérémonie de clôture le 21 septembre du Forum sur la paix, la réconciliation et le développement dans l'espace kasaïen tenu à Kananga du 19 au 21 septembre. Un rituel qui faisait office de pacte de paix pour les fils et filles du Kasaï astreints dorénavant à cultiver la paix dans un élan de cohésion et de concorde. Autre fait marquant de cette cérémonie de clôture aura été, sans doute, la demande de pardon faite au nom de la famille régnante de Kamuina Nsapu, par Mathieu Ntolo Mutatayi, son porte-parole. « Pour toutes les atrocités survenues à la suite des agissements de notre frère, feu le grand chef Jean-Pierre Mpandi, je demande pardon à la nation et à mes frères de l'espace Kasaï », a-t-il déclaré solennellement. Un pardon accepté sans atermoiement par les délégués des cinq provinces du Grand Kasaï présents.

Et comme pour consacrer leur vœu de restauration de la paix dans leur région, les participants à ce forum de trois jours et particulièrement les chefs coutumiers ont signé un acte d'engagement en levant l'option d'œuvrer pour la paix. Des membres du gouvernement aux élus locaux et nationaux en passant par les autorités coutumières et les acteurs de la société civile, tous ont pris l'engagement de dire « plus jamais ça ». Plus jamais les Territoires de Dibaya, Lulua et autres en dehors du Kasaï Central ne seront le théâtre d'atrocités et de banalisation de la vie humaine.

À la suite du chef de l'État, Joseph Kabila, qui, dans son discours d'ouverture, a annoncé que justice sera faite et qu'aucun crime ne restera impuni, les participants ont, dans leurs recommandations, sollicité des autorités la poursuite en justice « de tous les auteurs des violences qu'a connues la région » afin de rendre justice aux victimes et d'éviter qu'un tel drame se reproduise à l'avenir. Ils ont également plaidé pour le renforcement de l'autorité de l'État dans la région, appelant les autorités congolaises à garantir le fonctionnement régulier des administrations et l'exercice des droits et libertés des citoyens. Pour rappel, la région du Kasaï (cinq provinces au total) a été secouée en septembre 2016 par des violences entre les forces de sécurité et des miliciens se réclamant du chef coutumier Jean-Pierre Mpandi, alias Kamuina Nsapu, tué en août 2016. Bilan: trois mille morts dont deux experts des Nations unies et 1,4 million de déplacés.

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