24 Septembre 2017

Gabon: Libreville dénonce l'«acharnement» du Parlement européen

Le Parlement européen ne lâche rien. Après une première résolution il y a quelques mois sur le Gabon, les eurodéputés ont récidivé le 14 septembre avec un nouveau texte qui appelle Libreville à cesser de « harceler, intimider et persécuter » les opposants et « à libérer immédiatement toutes les personnes encore détenues de manière illégale ».

La réaction du gouvernement gabonais vient de tomber et il voit rouge. Libreville dénonce un « acharnement » et une ingérence dans ses affaires internes, tandis que l'opposition se félicite de cette prise de position.

La réaction du gouvernement gabonais est très vive. Le ministre en charge de la Communication et son porte-parole, Alain Claude Bilie By Nze a réfuté toutes ces accusations, avant de s'en prendre à une organisation qui ne respecterait pas « la souveraineté » de son pays.

« Le Parlement européen dit ce qu'il veut, il n'y a pas d'opposants harcelés au Gabon. Mais au Gabon, comme en France, comme en Grande-Bretagne, si quelqu'un viole la loi, il répond de la justice. Je suis désolé, encore une fois, il n'y a pas de souveraineté au-dessus des autres.

Le Parlement européen n'a pas été élu par les Gabonais, il a été élu par les Européens et très franchement, qu'on laisse les Gabonais gérer leurs démocraties en toute sérénité. »

Accord de Cotonou

Mais ça n'est pas ce que pense le président du parti d'opposition de l'Union nationale. Zacharie Myboto estime que l'UE est bien dans son bon droit en vertu de l'accord de Cotonou qui lie les deux parties. Il dénonce également des intimidations et arrestations des opposants de la part du pouvoir gabonais.

« L'Union nationale se reconnait globalement dans la résolution qui est la deuxième d'ailleurs de l'Union européenne sur le Gabon.

Il n'y a pas du tout d'ingérences de la part de l'Union européenne dans ce qui se passe aujourd'hui au Gabon et nous encourageons l'Union européenne à persévérer dans cette voie. »

L'opposant gabonais appelle plutôt le gouvernement à cesser qu'il qualifie de « pratique d'un autre âge ».

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