24 Septembre 2017

Cameroun: Mabanda - Un lycée menacé par le marécage

L'ancien collège d'enseignement secondaire (Ces), implanté dans cette zone à risque, est cerné par les eaux.

Difficile pour les élèves du lycée de Mabanda de regagner leurs salles de classe ce lundi 18 septembre 2017, après la traditionnelle cérémonie de rassemblement. Puisque l'établissement scolaire, bâti dans une zone marécageuse, a été envahi par les eaux de pluie qui immergent la cour de récréation.

Le rassemblement se fait sur la partie où le remblai est effectif. Reste que les eaux de pluie ont bloqué l'accès aux bâtiments abritant les salles de classe.Ce phénomène ne surprend presque pas les habitués. A en croire quelques élèves, les eaux montent souvent jusqu'à atteindre les genoux. Même les herbes qui poussent dans la cour sont envahies par la marée. Ce qui contraint certains élèves, quand il pleut, à trainer le pas avant de quitter leurs domiciles. D'autant plus qu'après les averses, il faut attendre une demi-heure pour que les eaux retrouvent le niveau normal. Et même dans ce cas, il faut avancer avec beaucoup de prudence.

Un environnement qui impose un changement d'habitude. «Il faut suivre le rang, avancer en file indienne pour rejoindre sa salle de classe. En plus, nous sommes obligés de nous déchausser pour ne pas abîmer nos chaussures, retrousser nos jupes pour ne pas les mouiller», regrette une élève.

Ainsi va le quotidien des élèves et enseignants de cet établissement quand de fortes pluies arrosent le coin. Une situation qui perturbe le déroulement des enseignements.

D'après des élèves, ce sont généralement les premières heures de cours qui en pâtissent. «Lorsqu'il pleut le matin, personne ne peut être à l'heure à l'école, parce qu'on ne peut pas avoir accès à nos salles de classe», ajoute une autre élève, désemparée.

Une situation que connaît cet établissement scolaire depuis 1997, date de création du Ces de Mabanda, qui deviendra lycée en 2010. Le site choisi pour abriter ce collège est marécageux. Même si les responsables de ce lycée relativisent en affirmant que la situation actuelle est moins grave qu'avant : «Nous avons créé des passerelles pour permettre aux élèves et enseignants de rejoindre les salles de classe. Par le passé, l'eau entrait dans les salles de classe. Maintenant, elle n'y entre plus. Les nouveaux bâtiments ont été construits en prenant en compte le niveau de la montée des eaux en temps de pluies», explique M. Abdou, le préfet des études au lycée de Mabanda.

Conséquence, les élèves n'ont pratiquement pas de cours de récréation sur laquelle ils peuvent se divertir. Les flaques d'eau occupent la presque totalité de l'espace. L'eau y est présente presque toute l'année. «En saison sèche, ces étangs d'eaux disparaissent complètement et l'espace libre devient un terrain de football.

Mais, cela ne met pas long, c'est juste pour les mois de janvier et février», ajoute-t-il.

Pour le moment, les moyens mis en place semblent réussir, car les enseignements sont dispensés à des heures prévues dans l'emploi du temps. Et le lycée, en termes de pourcentage de réussite, est classé parmi

les meilleurs à Douala 4ème. Afin de mettre à profit ces eaux qui s'agglutinent dans la cour sous forme de petits lacs, les responsables du lycée envisagent de mettre sur pied des étangs de pisciculture, à court terme. Entre autres projets, en plus de la construction de 14 salles de classe pour compléter les 43 déjà existantes et insuffisantes pour accueillir les milliers d'élèves inscrits dans ce lycée [en perte d'effectif], on attend l'aménagement d'un terrain de football et de handball.

Des aires de jeu qui ne pourront pas être disponibles avant les mois de janvier et février 2018. Surtout qu'il faut attendre le début de la saison sèche.

D'au moins 5000 élèves au cours des années antérieures, le nombre d'élèves a chuté à 3500. Les raisons, expliquent-on, se trouvent dans la création d'un nouveau lycée dans la localité, celui de Bonassama.

Quant au service d'hygiène organisé au sein de ce lycée, le matériel de travail est disponible pour tous, même pour les commerçants exploitant des cantines. «La propreté commence par chaque personne. Et à notre niveau, pour accueillir les élèves, nous avons nettoyé la station et coupé les herbes les plus hautes», situe Marie Flore Maubam, chargée de l'hygiène et salubrité, et par ailleurs du service d'accueil du lycée. Bien que des efforts soient faits, au fil des années, le lycée de Mabanda risque un jour se perdre dans les eaux du Wouri.

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