24 Septembre 2017

Afrique: 72e AG de l'ONU - Le bal des défenseurs des causes nobles et ceux des causes perdues

La 72e Assemblée générale des Nations unies referme ses portes aujourd'hui. Une semaine durant, toute la planète s'est invitée à New-York, aux Etats-Unis d'Amérique. L'on peut analyser cette session sous deux angles.

Le premier est celui de la tension jamais égalée entre le pays de l'oncle Sam et la Corée du Nord. En effet, les mots utilisés par chacun pour qualifier l'autre, volent tellement bas qu'on ne croirait pas qu'on est au 21e siècle, et qui plus est, dans le temple de la civilisation qu'est censée être l'ONU.

En un mot comme en mille, Trump et le représentant du président de la Corée du Nord ont laissé percevoir des apparences qui sont aux antipodes des idéaux pour lesquels l'ONU a été créée. Et c'est fort inquiétant pour tous ceux qui militent pour un monde habité par la raison.

Dans le cas d'espèce, on peut avoir l'impression que l'on a affaire, non pas à deux hommes d'Etat, mais à des écorchés vifs qui ont délibérément choisi la tribune de l'ONU pour se régler mutuellement les comptes.

Trump et Kim Jong Un sont potentiellement dangereux pour la paix de l'humanité

Et chose gravissime pour être relevée et s'en inquiéter, c'est que les deux sont disposés à aller jusqu'au bout de leur logique guerrière. Et quand on pense que Trump tout comme Kim Jong Un, dans une certaine mesure sont des puissances nucléaires, l'on peut aisément imaginer le grand risque apocalyptique auquel ils exposent le monde.

De ce qui précède, il est difficile de dire, sans grand risque de se tromper, lequel des deux fait preuve de plus de folie. Ce qui est sûr, c'est que les deux sont potentiellement dangereux pour la paix de l'humanité.

Le deuxième angle sous lequel on peut analyser la 72e Assemblée générale de l'ONU, est celui de la participation de l'Afrique. Cette contribution des pays du continent noir à cette session, peut être décryptée sous plusieurs angles.

Il y a d'abord ceux qui ont fait le déplacement de New-York pour défendre des causes nobles. Au nombre de celles-ci, l'on peut citer, entre autres, la nécessité d'une réelle solidarité à l'échelle du monde, pour barrer la route au terrorisme et au réchauffement climatique.

L'on peut aussi ajouter l'urgence des réformes significatives à opérer au sein de l'ONU, à l'effet de l'amener à être plus démocratique et plus consensuelle dans ses décisions. Tous les chefs d'Etat africains qui ont donné de la voix dans ce registre, ont fait œuvre utile pour le continent noir.

Et au- delà de l'Afrique, ils rendent service à l'ensemble de l'humanité, en termes de quête d'un monde débarrassé de la violence, des affres du réchauffement climatique, bref d'un monde où il fera bon vivre pour l'ensemble de ses habitants. Tous ceux qui se sont illustrés dans ce chapitre, méritent d'être inscrits au tableau d'honneur de la 72e AG de l'ONU.

L'on peut, de ce point de vue, faire une mention spéciale au groupe du G5 Sahel. Cette structure a exposé courageusement à la face du monde, les raisons pour lesquelles la communauté internationale n'a pas le droit de ne pas prendre à bras le corps le drame qui est en train de se jouer dans cette partie de l'Afrique.

Et l'on peut dire que ce cri de détresse a déjà été partiellement entendu. Car, en plus de Macron dont l'investissement personnel pour la cause du G5 Sahel est de notoriété publique, l'on peut ajouter l'Organisation internationale de la Francophonie dont le premier responsable, Michaëlle Jean, a promis un appui financier à la structure.

On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre

C'est la preuve que quelque part, les lignes commencent à bouger dans le sens d'une prise en charge collective et internationale de l'épineuse problématique à laquelle fait face le G5 Sahel.

Et le meilleur pourrait venir de la rencontre de collecte de fonds prévue pour se tenir en principe dans peu de temps. Après le côté, peut-on dire, brillant et noble de la participation de l'Afrique au 72e sommet de l'ONU, l'on peut l'également évoquer le cas des pays du continent noir qui se sont illustrés par la défense de causes qui tirent visiblement l'Afrique vers le bas.

Ces pays, on les connaît. Il s'agit de la RDC, du Burundi, du Gabon, du Soudan et on en oublie. Ils sont tous venus, toute honte bue, formuler des griefs de complot et d'intrusion de l'ONU dans les affaires intérieures de leurs pays respectifs.

Ainsi, la Commission des droits de l'homme de l'ONU et la CPI (Cour pénale internationale) en ont eu pour leur grade.

Derrière ces gesticulations et ces tirades contre l'ONU et ses structures de la part de ces pays à la réputation sulfureuse, se cachent des désirs de satrapes de régenter leurs pays et ce, sans que la communauté internationale ne pipe mot.

Et comme l'inconséquence et l'incohérence ne tuent pas dans ces pays-là, ce sont les mêmes individus qui n'ont aucune gène à tendre la sébile à la même communauté internationale, à chaque fois que leurs pays sont dans le besoin.

De ce fait, ils oublient que l'on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Qu'ils souffrent donc que la communauté internationale ait un droit de regard sur la manière dont ils gouvernent leurs pays.

Ils feignent d'ignorer que du fait du droit d'ingérence humanitaire, la communauté internationale peut remonter les bretelles aux satrapes qui laissent libre cours à leurs pulsions dans leurs pays.

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