24 Septembre 2017

Burkina Faso: Longue et difficile bataille

Photo: Le Pays
Photo d'archives

Un trou béant en plein milieu de la route ; un blindé de l'armée dont les deux roues arrières ont été littéralement déchiquetées ; des morceaux de pneux éparpillés sur la chaussée. C'est le triste et ahurissant spectable que les terroristes ont donné à voir, samedi 23 septembre 2017 aux portes de Djibo.

En voulant aller constater ce qui s'est passé la veille au poste de police installé à proximité du camp des réfugiés de Mentao (environ 5 km de Djibo), le véhicule blindé a sauté sur un engin explosif enfoui dans la chaussée. Bilan, quatre soldats blessés. Si c'était un véhicule ordinaire qui avait roulé sur cet engin explosif, il y aurait eu sans doute des cadavres.

Un trou béant en plein milieu de la route ; un blindé de l'armée dont les deux roues arrières ont été littéralement déchiquetées ; des morceaux de pneux éparpillés sur la chaussée. C'est le triste et ahurissant spectable que les terroristes ont donné à voir, samedi 23 septembre 2017 aux portes de Djibo.

En voulant aller constater ce qui s'est passé la veille au poste de police installé à proximité du camp des réfugiés de Mentao (environ 5 km de Djibo), le véhicule blindé a sauté sur un engin explosif enfoui dans la chaussée. Bilan, quatre soldats blessés. Si c'était un véhicule ordinaire qui avait roulé sur cet engin explosif, il y aurait eu sans doute des cadavres.

Quant au poste de police, il a été incendié. Deux motos calcinées, de même que la bureautique, une autre moto et des effets d'habillement emportés. La situation devient intenable au Sahel et précisement dans la province du Soum.

Et il y a lieu de reconnaître que la complicité de certaines populations avec les terroristes est avérée. Comment ceux-ci ont-ils pu enterrer une mine sur la route qui mène à Djibo à quelques encablures du camp des réfugiés, sans que personne ne voie leur agissement suspect ?

Si des réfugiés du camp ou des usagers de la route ont vu l'opération d'enfouissement de l'explosif, pourquoi n'ont-ils pas alerté les Forces de défense et de sécurité (FDS)? Quelque chose ne tourne pas rond dans cette partie du pays. Il y a une complicité qui complique la lutte contre «les hommes armés non encore identifiés ».

Au nom des textes internationaux ratifiés par le Burkina Faso, il serait illogique de demander le départ des réfugiés maliens, comme le pense une certaine opinion. Il faudrait néanmoins leur demander d'extirper de leurs rangs, s'ils y sont, tous ceux qui compromettent l'hospitalité et la paix dans le septentrion burkinabè.

S'il y a des terroristes infiltrés parmi les réfugiés du camp de Mentao, leurs actions désservent la cause des réfugiés qui ont fui la mort au Mali.

Tous les réfugiés ne sont pas des terroristes. Toutefois, l'on se souviendra que le terrorisme s'est manifesté sur le sol burkinabè, précisement dans la partie Nord, depuis l'arrivée des hôtes maliens.

Dans cette situation difficile, les Burkinabè devront faire preuve de discernement et de prudence pour éviter les amalgames.

L'autre constat amer est qu'à chaque attaque, ce sont des dégats matériels ou humains importants. Est-ce réellement les moyens pour faire face à ces assaillants qui manquent à nos FDS ? Pourquoi il y a rarement de terroristes interpellés, malgré la multiplicité des attaques ? La lutte contre le terrorisme est-elle seulement une question d'armes et de munitions?

En attendant que des personnes avisées trouvent des réponses à ces questions, nous restons convaincus, au regard de la situation qui prévaut, que cette guerre contre les agresseurs sera longue et difficile. Nous n'avons cependant pas le droit d'abdiquer. Tout Burkinabè épris de paix et soucieux de l'intégrité territoriale doit se sentir concerné.

Les populations sahéliennes qui vivent aujourd'hui la peur au ventre, du fait des enlèvements, attaques et assassinats presque quotidiens, ont un rôle à jouer dans cette lutte. Savoir juste donner l'information utile à ceux qui assurent leur sécurité, voilà ce qui leur est demandé. C'est aussi aux FDS de trouver les voies et moyens de restaurer la confiance au sein des populations.

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