24 Septembre 2017

Burkina Faso: Nouvelles dispositions carcérales - Des acteurs judiciaires s'"arment"

Le ministère en charge des droits humains a organisé, les 21 et 22 septembre 2017, à Manga dans la région du Centre-Sud, une session de formation au profit de trente acteurs du monde judiciaire. Il s'est agi principalement de les outiller sur les nouveaux instruments de protection des droits des personnes détenues.

Le gouvernement burkinabè veut garantir un mieux-être aux pensionnaires des milieux carcéraux. Il a, à cet effet, ratifié les règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus, encore appelées Règles Nelson Mandela, et adopté, en avril 2017, la loi n°10-2017/AN portant régime pénitentiaire au Burkina Faso. Le contenu de ces différents instruments qui définissent le nouveau cadre normatif de protection des personnes détenues a été expliqué à des acteurs du domaine, les 21 et 22 septembre 2017, à Manga.

Au nombre de trente, les participants à cette rencontre étaient issus des corps des Gardes de sécurité pénitentiaire (GSP), de la police, de la gendarmerie et également des institutions judiciaires. Durant les deux jours, ils se sont familiarisés, à travers des échanges et des exercices pratiques, avec les nouvelles dispositions relatives au traitement des personnes privées de liberté. Concomitamment, ils ont exploré les instruments nationaux et internationaux qui régissent les conditions de détention des personnes vulnérables dans les prisons. Il s'agit des femmes détenues en grossesse, ou des femmes accompagnées de leurs enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées en détention.

Dans la nouvelle législation en effet, des innovations ont été apportées à la prise en charge de cette frange de la population carcérale. A titre d'exemple, le directeur de la protection contre les violations de droits humains, Paul Kabré, a confié que des aménagements tenant compte des spécificités de ces personnes sont désormais exigés au sein des établissements pénitentiaires . Cela, dans le souci, a-t-il dit, de garantir à tous les détenus, une équité de traitement. «C'est un point important car ces personnes sont déjà des couches vulnérables dehors et elles le sont davantage lorsqu'elles sont dans les maisons d'arrêt», a argué M. Kabré, soutenant, en sus, que tous les détenus ont, à ce titre, des droits que l'on est obligé de respecter.

Des changements attendus

A ce jour, malheureusement, il n'en est pas toujours le cas dans toutes les prisons du pays, a-t-il fait comprendre. La persistance des tortures, le manque de formation des acteurs judiciaires auxquels s'ajoute l'insuffisance de ressources humaines et financières constituent, entre autres, les handicaps, selon lui, à l'effectivité des mesures garantissant la jouissance des droits humains par les personnes privées de liberté.

Partant de ces constats, le directeur de la protection contre les violations de droits humains a soutenu qu'il était de bon ton de communiquer et de renforcer les capacités et les connaissances des acteurs impliqués dans la question sur les nouvelles orientations définies.

Et pour que le changement souhaité soit une réalité dans les différents milieux carcéraux du Burkina Faso, la session de formation de Manga sera dupliquée dans d'autres régions du pays. Au total, pour l'année 2017, ce sont six autres rencontres similaires qui vont être réalisées grâce à l'appui financier du royaume de Suède, a annoncé M. Kabré. A l'écouter, l'objectif du gouvernement et de ses partenaires est de couvrir toutes les régions du pays pour plus d'impact.

Le gouverneur de la région du Centre-Sud, Casimir Séguéda, qui a présidé la cérémonie d'ouverture des travaux, s'est réjoui de l'opportunité offerte pour échanger autour de l'amélioration des conditions de vie des détenus. Il a invité les participants à être des relais auprès de leurs collègues, afin que les personnes privées de liberté puissent jouir pleinement des droits qui leur sont reconnus.

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