25 Septembre 2017

Burundi: Yaga, une plateforme de jeunes devenue vecteur principal d'informations

Créé dans le but de juste parler des problèmes des jeunes et de leur implication dans la politique à la veille des élections en 2015, Yaga Burundi s'est transformé par moment en seul lieu d'information au Burundi pendant la crise quand plusieurs médias traditionnels avaient été fermés et avec l'expansion d'utilisateurs de Internet. Retour sur plus de deux ans de résistance aux restrictions des liberté par la plume au Burundi.

Depuis deux ans et demi, 70 jeunes burundais racontent les récits de leur pays au quotidien, le Burundi. Réunis au sein de Yaga Burundi, une Association sans but lucratif et un site internet dont le nom en français veut dire « raconte », ils sont des blogueurs issus de plusieurs domaines et milieux.

Ce sont des journalistes, des cinéastes, des entrepreneurs et même des élèves encore au lycée. Créé dans le but de juste parler des problèmes des jeunes et de leur implication dans la politique à la veille des élections en 2015, Yaga Burundi s'est transformé par moment en seul lieu d'information au Burundi pendant la crise quand plusieurs médias traditionnels avaient été fermés et avec l'expansion d'utilisateurs de Internet.

Avec près de 200 mille followers sur Facebook (le pays a moins de 300 mille connectés actifs), Yaga Burundi crée actuellement le débat sur plusieurs sujets de société en publiant des articles en français et en Kirundi. Ils ont une devise « Un témoin, un récit. »

This Is Africa a rencontré à Bujumbura Alain Amrah Horutanga, coordonnateur national de Yaga Burundi pour une interview.

Alain Amrah, comment a été le début de Yaga Burundi ?

Le début c'était en 2015, l'idée au départ était de créer un espace pour discuter des questions des jeunes avant tout, parler de leurs problèmes et faire des propositions à remettre aux hommes politiques.

Ces propositions pourraient pousser ces derniers à prendre des mesures qui profiteraient aux jeunes.

C'était aussi en quelque sortes pour influencer la campagne électorale pour que les questions de la jeunesse puissent être prises en considération mais aussi pour que des jeunes puissent se retrouver sur les listes électorales car trop souvent comme on aime le dire : « On prend des décisions pour les jeunes. » Et nous voulions changer cela.

 Pendant la crise de 2015-2016 quelle a été votre plus grand apport à la jeunesse burundaise ?

Bon, tu parles de l'apport pendant la crise, je ne sais pas si tu considères que la crise est déjà passée ou si elle existe encore.

Mais en cette période et même actuellement on travaille sur les questions en rapport avec le dialogue latent, sur la réconciliation aussi. Alors nous organisons des débats et des rencontres avec des personnes qui ne partagent pas forcement les mêmes opinions.

Yaga c'est donc beaucoup plus un collectif de personnes qui ne partagent pas forcement les mêmes opinions. Mais nous discutons, nous en parlons tout en respectant les opinions des uns et des autres. Nous sommes donc beaucoup plus dans ça.

En deux ans et demi d'existence, quelles sont vos réussites, vos échecs et vos défis ?

A part le fait que l'on soit des jeunes unis dans le respect les uns des opinions des autres, on peut se vanter de nos followers sur les réseaux sociaux et de notre apport dans certains faits de société.

Je ne m'éterniserai pas sur les réussites. L'échec, c'est peut-être le fait que actuellement, même si l'on se revendique 70 blogueurs, nous n'avons que près de 40 qui continuent à s'exprimer.

Pourtant nous aurions voulu avoir plus d'opinions, que les 70 continuent à s'exprimer comme par le passé. Mais certains ont préféré ne plus s'exprimer, on respecte cela, c'est leur choix.

Les défis, certes il y en a, mais moi je préfère parler d'objectifs. Les défis sont là comme dans toute entreprise, il faut juste savoir les contourner, les dépasser ou les affronter.

 Quelles sont vos perspectives d'avenir ?

Pour l'avenir nous voulons d'abord continuer avec les activités que nous menons pour le moment. Mais nous aimerions relayer beaucoup plus de jeunes, qu'ils viennent dans nos débats et qu'ils contribuent aussi avec des articles à alimenter notre site et nous apporter de nouvelles idées.

Nous voulons donc avoir plus de gens qui participent au débat pour avoir un Burundi plus tolérant, des jeunes qui se respectent et respectent les avis des autres.

Que les différences ne soient pas un obstacle au développement ni au débat. Le débat, quand on y participe, il y a toujours quelque chose de plus qu'on apprend.

Donc ce serait cela notre plus grande perspective d'avenir. J'espère bien qu'avec le travail qu'on abat tous les jours, on y arrivera.

Puis il y a un assez bon plan d'activités pour 2018, on va innover et apporter de nouvelles façons de contribuer à la dépolarisation, ce qui est surement notre plus grand objectif.

 Comment arrivez-vous à rester neutre ? Car ni l'opposition ni le pouvoir ne vous a fait du tort jusque-là ?

Bon, je ne peux pas dire que l'on est neutre. C'est simplement que l'on équilibre les opinions en quelques sortes.

Ce que nous prônons, c'est juste un travail fait objectivement ! C'est certes des opinions et avis et sentiments, mais cela doit se faire dans le respect, nous ne tombons pas dans l'insulte ou la diffamation.

C'est toujours intéressant que des personnes qui discutent le fassent de manière civilisée, comme on le dit. Donc c'est le travail que nous essayons de faire. Quelqu'un a une opinion, il l'appuie et l'argumente par des faits palpables facilement vérifiables !

Jusque-là vous travaillez avec un appui financier de l'ONG RNW média, quel est votre plan de subsistance après la coupure de leurs fonds ?

Nous n'aimons pas trop parler des finances, nous ne sommes pas 100% un média, on est une association, nous ne sommes pas là pour faire de l'argent en tout cas...

(Un petit rire). Donc, s'il y a des activités qu'on organise, il y a souvent des partenaires qui nous soutiennent ou qui demandent notre expertise pour certaines activités. Nous n'avons pas de plan de financement, nous ne sommes pas un média qui veut faire du commerce en tout cas.

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