25 Septembre 2017

Tchad: Les Tchadiens non grata aux USA - Déby ne mérite vraiment pas ça !

Photo: Daily Monitor
Donald Trump. Président des Etats-Unis

Cet homme est vraiment fou et dangereux. Non seulement pour son propre peuple mais aussi pour la planète entière.

Quand, à la surprise générale, le candidat républicain a été élu 45e président des Etats-Unis il y a bientôt un an, nombreux sont les observateurs qui pensaient que la réalité de l'exercice du pouvoir le rattraperait rapidement, qu'il ne pourrait pas tenir les promesses parfois folles faites à ses électeurs.

Pourtant, chaque jour que Dieu fait, il faut que le forcené de la Maison-Blanche conserve une de ses outrances, à savoir sa propension à prendre des mesures totalement loufoques dont il est le seul à avoir le secret.

A peine installé dans le Bureau ovale, Donald Trump sortait déjà sa « liste noire », longue de six pays, comme par hasard tous arabo-musulmans, dont les ressortissants étaient interdits d'accès au territoire américain : Syrie, Libye, Iran, Soudan, Somalie et Yémen.

Après des mois de bataille judiciaire épique comme seule l'Amérique sait en offrir, la version édulcorée du fameux décret était entrée en vigueur le 29 juin dernier pour une durée de 90 jours et expirait le 24 septembre.

Alors que la raison aurait voulu qu'à la date échue l'oukase scélérat fût purement et simplement abrogé, un nouveau texte vient d'interdire ou de limiter l'entrée des Etats-Unis aux ressortissants de huit pays.

Trois nouveaux indésirables font en effet leur entrée dans le cercle des bannis de Washington : la Corée du Nord, le Venezuela et le Tchad, tandis que le Soudan en sort. La raison invoquée par l'administration Trump : certains de ces pays accueillent des terroristes et ne collaborent pas assez avec Washington.

Que Pyongyang et Caracas, qui sont depuis de longs mois dans le viseur de l'Oncle Sam, intègrent ce club fermé où personne ne souhaite être, on veut bien l'admettre. Mais que diable le Tchad a à voir dans cette liste de parias ?

Que le pays d'Idriss Déby soit en proie, comme tant d'autres du continent africain et même d'ailleurs, à l'islamisme radical, on veut bien le croire, mais de là à l'ériger en allié de ces nébuleuses djihadistes donne le sentiment que le septuagénaire à la chevelure peroxydée pousse un peu trop loin le bouchon.

En quoi le Tchad est-il accommodant avec les terroristes alors que précisément les « Déby boys » sont en première ligne dans la lutte contre l'hydre ?

Que ce soit dans la bande sahélo-saharienne, particulièrement au Mali, ou dans le bassin du lac Tchad, nombre d'entre eux ont déjà payé le prix fort de leur intervention qui a permis parfois de réduire le chacal à sa plus simple expression.

En plus d'être sur plusieurs fronts, le pays abrite le poste de commandement de l'opération Barkhane, fer de lance de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel, et accueille une base de drones américains. Et c'est ce Tchad-là que celui qui twitte plus vite que son ombre veut punir pour un défaut de collaboration ?

C'est à croire que sa connaissance du monde se limite à l'horizon de la Trump Tower. Où va d'ailleurs s'arrêter le milliardaire-président à cette allure, car si même le pays de François Tombalbaye est « blacklisté », qu'adviendra-t-il de ceux qui ont vraiment quelque chose à se reprocher ?

Pourquoi d'ailleurs « Mister tweets », au lieu de s'en prendre au « Berger de Berdoba », qui n'a que sa petite canne de pasteur pour se défendre, n'étend-il pas sa mesure infâme à des pays comme l'Irak, le berceau de daesh, l'Arabie Saoudite, qui a enfanté le plus grand terroriste de tous les temps en la personne d'Oussama Ben Laden ou même le Pakistan qui a hébergé le chef d'Al-Qaïda à Abbottabad et détient le record d'Oulémas spécialistes en lavage de cerveau ?

Pour tout dire, on ne sait pas à quelle logique répond cette politique discriminatoire dont les effets sur la sécurité des Américains restent à prouver. Trump est un président irrationnel, on le savait. Mais si on doit encore souper de ce monsieur pendant trois longues années, on risque de se réveiller un jour, si on se réveille, trouver qu'il a appuyé, dans un accès de colère, sur le bouton nucléaire.

Tchad

Le Niger s'apprête à extrader le rebelle tchadien Mahamat Hassan Boulmaye

Selon des sources concordantes, Mahamat Hassan Boulmaye, le secrétaire général du Conseil du… Plus »

Copyright © 2017 L'Observateur Paalga. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.