25 Septembre 2017

Cameroun: Longuè Longuè "Je ne suis pas fou"

interview

L'artiste musicien qui défraie la chronique sur la toile avec ses vidéos a accepté de se confier à votre journal.

Comment va Longuè Longuè aujourd'hui ?

Tout va bien. Mieux qu'avant. Le tourbillon est passé. Je me porte très bien. Je suis sorti de prison et mon immeuble est fini. Les dollars américains m'ont permis de finir mon immeuble. Il y a même déjà des locataires

Expliquez-nous cette tendance à réaliser des vidéos en direct sur Facebook ?

Disons qu'à quelque chose, malheur est bon. Je faisais des vidéos naturellement parce que je suis sur Spnachat, sur Whatsapp, etc. Comme j'étais aux Etats-Unis, il fallait que j'envoie des photos aux gens pour qu'on voie quand même que Longuè Longuè est aux Etats Unis et qu'on le « farote » vraiment. Parce que ce n'est pas donné à tous les artistes d'aller y faire deux mois et gagner 3500 dollars. Avec tout le mépris que je vivais déjà dans ce pays, il fallait que je montre comment j'ai été bien reçu par les Camerounais de la diaspora américaine. J'avais un Iphone 7 et un Samsung S7 qui m'ont été offerts par un sponsor. Le même sponsor qui a financé mon tout premier évènement à Washington Dc. C'est comme cela que j'ai pris goût. Au début, Je faisais des photos que je balançais à mes collaborateurs Eric Gaëtan Feyou et les autres. Ce sont eux qui les publiaient sur internet parce que je n'avais pas encore de site internet. Ça ne m'intéressait pas parce que je me disais que j'ai été disque d'or bien avant cela. Mais, il

faut dire que c'était une erreur parce que le monde du futur c'est internet.

Ne pensez-vous pas qu'il existe des moyens de communication autres que celui-là ?

Non, il n'y en a plus. Qu'on ne vous trompe pas. Le net est incontournable. La preuve : vous êtes ici pour m'interviewer. Ceci juste deux semaines après que j'ai commencé à publier. D'autres viendront sûrement. Alors que ça fait plus deux ans que personne ne s'intéressait plus à moi.

C'est donc un moyen de faire le buzz pour que l'on s'intéresse à vous ?

Ce n'est pas une question de buzz. Je suis d'abord une star. Je suis un grand leader d'opinion. Je suis un artiste que les gens aiment, voire qu'ils adorent. « Longuè Longuè, tu as touché le cœur des gens avec ta musique », me disait mon parrain. Ils ne sont pas nombreux, les artistes qui touchent les cœurs. Moi, je faisais des vidéos pour m'amuser et finalement, les gens m'ont fait comprendre que je pouvais gagner ma vie grâce à cela. Et maintenant, je ne lâche plus parce qu'il y a un fan qui est en train de m'envoyer quatre téléphones et le président Djandjo a décidé de m'ouvrir quatre pages. J'irai m'installer au Tchad et je ferai la même chose là-bas. Je serai encore plus dangereux. Maintenant, quand j'arrive quelque part, les gens font des photos, les gens m'invitent, on m'appelle en Chine, aux Etats-Unis, etc.

Ces vidéos en série sur la toile ne signifient-elles pas que Longuè Longuè n'a plus rien à donner sur le plan musical ?

Mais attendez ! Vous n'avez pas écouté l'extrait de mon prochain album ? Personne ne peut chanter comme ça actuellement. Ecoutez mêmes les thématiques. Vous voulez que je chante un petit bout en a capella ? C'est ce que vous voulez ?

Vous avez dit dans l'une de vos vidéos que vous êtes le Pdg de Longuè Longuè Tv. Cette télévision va-t-elle rester sur Facebook ou sortir de terre ?

Elle sortira de Facebook et sortira de terre. Ce sont les gens qui m'ont donné la force et le courage de créer cette chaîne de télé. Maintenant, comme partenaires, j'ai des amis qui sont aux Etats-Unis et qui ont décidé de suivre le mouvement. Donc, on va élargir. J'aurais des correspondants un peu partout comme Eddy Boucan qui est à Dubaï, Alain Gaëtan Feyou à Londres, William Jordan à Washington, Bertini en Californie... Ils sont nombreux. Sur ma télé, vous aurez tout. Tout ce que vous ne verrez pas dans d'autres télévisions. La liberté de penser, la liberté de paroles, etc.

Que répondez-vous à ceux-là qui pensent que Longuè Longuè a besoin d'une aide psychologique ?

Moi je peux les aider plutôt. Moi je crois qu'ils ne sont pas normaux. Je crois qu'ils ne sont pas normaux parce que ceux qui vont vous dire cela, ce sont des personnes qui n'ont pas mon patrimoine. Ils n'ont même pas de visa américain, ils ne sont jamais allés aux Etats-Unis. Ils n'iront jamais au Canada.

Donc Longuè Longuè n'est pas fou ?

Je ne sais pas s'ils ont dit que je suis fou. Mais, ils avaient aussi dit que l'autre (Petit Pays, Ndlr) était attaché à Kribi. Ils l'ont toujours dit. Mais est-ce qu'on va les suivre alors ? Ce n'est pas une parole d'évangile.

Est-il vrai que vous avez refusé l'aide psychologique qui vous a été offerte après votre séjour en prison ?

Je n'en ai pas besoin. Quelqu'un qui a respecté 66 mois de contrôle judiciaire n'a pas besoin de suivi. J'ai été condamné sans obligation de soins. Ce qui est rare dans une histoire de mœurs. Parce que quand on vous condamne dans une histoire de mœurs, c'est toujours avec obligation de soins. Vous devez vous faire soigner en prison. Mais, j'ai été condamné sans obligation de soins. Ça veut dire que cette condamnation n'est pas justifiée. Le médecin psychiatre m'a avoué qu'en 15 ans de carrière, il n'avait jamais vu une personne être condamnée pour de telles raisons sans obligation de soins. Mais moi, j'ai accepté ma peine parce que je ne serais pas là en train de bagarrer tous les jours pour prouver que je suis innocent. J'ai pris mes responsabilités. Parce qu'à un moment, il faut prendre ses responsabilités. Coupable ou innocent, j'ai assumé. J'ai purgé ma peine. J'ai indemnisé les victimes à hauteur de 42.000 euros et basta ! Je suis libre maintenant. Et qu'on me colle la paix

Le suivi psychologique vous a-t-il été proposé ?

On le propose à tout le monde. Je crois qu'on m'a proposé un truc comme ça. Mais j'avais quand même un psychiatre. Un psychiatre c'est quoi ? Vous restez là, une vieille femme vient : « Monsieur Lonkana, ça va ? Vous allez bien ? ». Un autre jour, vous voyez un monsieur barbu avec les cheveux qui sortent du nez qui vient vous parler comme un marabout blanc : « Oui, monsieur, qu'est-ce que vous voyez ici ? Vous voyez A ici ? Ça c'est la mangue, ça c'est le caillou... ».

C'est ça qu'on appelle suivi psychologique ? (rires). Chez nous en Afrique, on ne connaît pas ça.

Et donc vous avez refusé ?

Mais, même si je fais ça, ça va me donner quoi ? Moi j'ai grandi dans le « Hemlè » (courage en langue bassa'a » (rires). On me montre que voilà la mangue, voilà le caillou. Je ne dois pas refuser comment ? Ça sert à quoi ? Puisque même mes avocats ont dit que Dr Petit est un médecin psychiatre et que s'il vient faire une expertise contre moi, ils vont l'attaquer.

Après votre demande en mariage à l'écrivaine Calixte Beyala, avez-vous reçu une réponse favorable ?

La réponse est là. Attendons un peu. Mais je crois que je vais me marier ailleurs.

Avec Calixte Beyala ?

Non, je cherche. Je suis célibataire, je cherche une belle femme. Calixte n'a pas encore dit oui et là, je cherche une belle femme qui vit à l'étranger. Que ce soit au Canada, en Suisse, en France, aux Etats-Unis

Vous êtes à la recherche d'une épouse. Qu'est devenue Hannah Montana que vous comptiez épouser ?

Je cherche maintenant Kim Kardashian. Je suis maintenant avec Kim Kardashian. Je ne suis plus avec Hannah Montana. Elle est là. Elle est à Londres actuellement. Pour le mariage, disons que pour le moment, c'est en stand-by. Je vous parlerai de ça après.

Y a-t-il une relation entre Longuè Longuè et Clarisse Valérie plus connue sous le nom de Clarice Wopso ?

Je ne la connais pas. C'est qui ? Une Gabonaise ? Je ne la connais pas. Désolé ! Jamais entendu parler.

Pourquoi cherchez-vous une femme dans la diaspora et pas ici ? On dirait de l'opportunisme.

Parce que mes enfants doivent être à l'étranger. Ma famille doit vivre à l'étranger. Voilà ! Ce n'est pas de l'opportunisme. Je dépasse tous ceux qui sont dans la diaspora. Vous avez vu l'immeuble de 300 millions ? Ce n'est pas un crédit. Donc, je ne vais pas à l'étranger pour travailler comme esclave. Et je ne peux pas aller devenir gigolo là-bas. J'ai déjà tout. Les gigolos, ce sont ceux qui n'ont souvent rien.

Longuè Longuè envisage de repartir en Europe alors ?

Bien sûr ! J'ai mes enfants là-bas. Ma famille y est aussi.

Y avoir fait de la prison n'a-t-il pas émoussé votre envie d'y retourner ?

Pourquoi ? La prison n'est pas une fin en soi. Avant d'être incarcéré, j'allais et je venais. Avant d'être jugé, vous savez que la justice m'avait déjà laissé venir sept fois au Cameroun. Les juges ont estimé que je ne suis pas dangereux. Que je suis un homme bien. Ils m'ont libéré. Malgré que certains parvenus noirs veulent refaire mon procès. Alors que ce sont des criminels à col blanc.

Dans une de vos vidéos, vous accusez Philippe Essacka de vous avoir volé 3000 euros. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Il a mes 3000 euros. En 2010, on a collaboré dans un projet et il m'a dupé. Si vous voulez, je prendrai le procès-verbal du commissariat que vous publierez. Comme ça, vous aurez ses déclarations et les miennes. Son frère Stéphane Essacka est mon témoin. Sauf s'il a changé d'avis. Son beau-frère, qui est l'un des jumeaux Epée et Koum et Aïcha Sol, par qui il était passé pour avoir mon numéro, sont aussi témoins. Sauf s'ils ont changé. Je ne suis pas un fou. Je ne suis pas un homme à problèmes qui va se lever un bon matin et aller arrêter quelqu'un pour réclamer de l'argent. Je n'ai pas faim. J'ai quand même des locataires à l'immeuble Kirikou. Et actuellement, j'ai quatre titres fonciers dans la ville de Douala. Je risque d'acheter tout Douala bientôt et les autochtones vont rentrer au Congo.

Que nous réserve votre prochain album ?

C'est une surprise. Il va sortir le 1er novembre de cette année. Le titre de l'album c'est : « Qui a 20/20 dans la vie?».

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