26 Septembre 2017

Sénégal: 15 ans après le naufrage du Joola, le dossier au point mort

Photo: wikipedia
Place des naufragés du Joola à Ziguinchor

Il y a 15 ans, le 26 septembre 2002, le Joola sombrait au large du Sénégal. Plus de 2 000 personnes sont mortes dans ce qui reste l'une des plus grandes tragédies du pays alors que le ferry qui assurait la liaison entre Dakar et Ziguinchor pouvait normalement accueillir 550 personnes à bord.

Depuis 15 ans, un collectif se bat pour que les responsabilités soient établies, mais pour le moment ce sensible dossier est au point mort.

« Amnésie ou banalisation », ce sont les thèmes choisis par les membres du collectif pour les 15 ans de ce drame. Premier visé par les critiques, par le silence pesant qui règne autour du Joola : le président Macky Sall.

« Je ne sais pas si lui, il a suivi des pressions ou si lui, il ne veut pas. Tous ces gens ont décidé de dire que le Joola c'est une triste histoire, il faut l'oublier au plus vite », estime Nassardine Aidarra, responsable du collectif.

Le collectif a tout archivé, notamment un article publié le 2 novembre 2002 par le journal d'Etat Le Soleil. Macky Sall, alors ministre des Mines qui gère par intérim les transports, indique : « Le chef de l'Etat Abdoulaye Wade a donné des instructions très claires : l'épave du bateau sera remorquée ».

Sur ce point comme au niveau judiciaire, rien n'a bougé affirme Landing Massaly, autre membre du collectif : « Les gens peuvent pardonner. On ne peut pas oublier, mais on peut pardonner. Mais il faut qu'il comprenne, il faut que la justice se passe ».

Autre requête du collectif. L'appui aux orphelins du Joola. Christine Diatta a 22 ans, elle a perdu son papa dans le naufrage : « C'est très difficile de surmonter cette tragédie. Parce que je pense que l'Etat est aussi un peu fautif par rapport à cet accident ».

Les membres du collectif du Joola s'attendent comme chaque année à l'éternelle réponse des autorités à leurs requêtes : une série de communiqués et puis plus rien.

Quinze ans après, nous avons toujours les mêmes douleurs, les mêmes interrogations, les mêmes problèmes.

Jusqu'à présent, rien n'a changé. Dès le départ nous avions demandé le renflouement parce que pour nous le renflouement, c'est une question de dignité humaine. Il y a aussi une question fondamentale. Dans un Etat démocratique, il faut rendre justice.

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