26 Septembre 2017

Sénégal: Ce que le pays a inspiré à l'Onu

C'est en 1992 que la communauté internationale et le système des Nations-unies prirent conscience que le monde ne peut plus continuer dans l'économie linéaire qui ne se soucie pas de la ressource et, qu'il était impérieux d'aller maintenant vers une nouvelle économie, vers une économie nouvelle, une économie non plus linéaire mais plutôt circulaire où tout tournera autour du recyclage, des énergies alternatives (soleil, vent), au bio et le respect des écosystèmes.

Le concept d'Economie verte vint institutionnellement d'être adopté en cette année 1992 à Rio de Janeiro au Brésil où fut lancée la première édition de la Conférence mondiale sur l'environnement, le changement climatique et le développement durable.

Le malentendu conceptuel entre l'Économie et l'Écologie

De 1992 à l'an 2000, l'Onu et le Capitalisme marchand avaient considéré que faire de l'Économie verte, c'est verdir ou reverdir l'Économie. Ce qui fait que de 1992 à l'an 2000, il y a eu un malentendu conceptuel entre l'Écologie et l'Économie dont, la manifestation la plus expressive, a été l'adoption des Objectif du millénaire pour le développement (Omd) en l'an 2000. Et pourtant, les environnementalistes, les écologistes, avaient averti la communauté internationale et l'Onu, qu'en les adoptant, elles prenaient une fausse route qui ne nous mènera que vers une impasse. Et c'est exactement ce qui est arrivé. Après douze années de mise en œuvre des Omd, de l'an 2000 à 2012, la communauté internationale et l'Onu, se sont rendues compte qu'elles se sont trompées de trajectoire et de modèle opératoire pour le concept d'Économie verte. Entre autres causes de l'échec des Omd dans plusieurs régions, notamment en Afrique :

- le fait d'avoir été conçu selon une approche « top down » n'a pas facilité leur appropriation par les différentes catégories d'acteurs, y compris les États. Les Omd étaient perçus davantage comme de nouvelles «conditionnalités» imposées aux pays du Sud que de véritables objectifs de développement ;

- les Omd présentaient, également, l'inconvénient d'être compartimentés et de ne pas refléter, suffisamment, les enjeux véritables de développement qui, dans la réalité, sont interconnectés (pauvreté, santé, éducation, etc.) ;

- les Omd ont aussi eu pour effet de déconnecter la situation de pauvreté, propre à chaque pays, des mécanismes qui génèrent cette pauvreté, en particulier le modèle économique mondial producteur d'inégalités ;

- dans l'esprit, les Omd n'accordent pas suffisamment l'accent sur l'économie.

Des Omd au Odd

C'est la proposition d'une Gouvernance verte pour l'Économie verte, faite par le président Macky Sall, en 2012, à Rio+20, qui a inspiré l'Onu qui a fini par abandonner les Omd pour les Objectifs du développement durable (Odd) au nombre de 17, élaborés en 2015 et entrés en vigueur depuis 2017. Des Odd pour donner un nouveau souffle, un nouveau contenu opératoire et réaliste au concept de l'Économie verte : C'est le Sénégal et son chef de l'État, le président Macky Sall, qui ont inspiré l'adoption des Odd. Ce que le président Macky Sall et le Sénégal ont inspiré à la communauté internationale et à l'Onu, c'est donc la Gouvernance verte qui est un changement de paradigme dans l'angle d'approche de l'Économie verte. Un changement de paradigme dont les trépieds sont :

- que les questions de changement climatique ne sont pas seulement une affaire des pays du Sud même s'ils en souffrent le plus;

- que les pays ont des frontières mais que l'Environnement, l'Écologie et l'Économie n'ont pas de frontière ;

- que le monde, le Sud tout comme le Nord, sommes tous dans le même avion, même si le Nord est en première classe, en classe affaires, quand l'avion « crashera », nous allons tous périr;

- que le Nord apprenne davantage à écouter le Sud, qu'il faut écouter l'Afrique et dépasser cette relation du « top down » où c'est le Nord qui conceptualise et le Sud exécute. Car, chez nous en Afrique, l'Agriculture, l'Élevage et la Pèche, ne sont pas seulement que des activités économiques, mais ce sont aussi un mode de vie, comme le rappelle le président Macky Sall.

Les contours de la gouvernance verte conceptualisée par le président Macky Sall

La Gouvernance verte telle qu'exposée par le président Macky Sall lors de la conférence Rio+20 en 2012 et qui a inspiré les nouveaux Odd, invite à l'adoption d'un nouveau paradigme de travail reposant sur la recherche constante d'un équilibre entre les dimensions du développement durable, à savoir :

(I) la dimension économique,

(II) la dimension sociale,

(III) la dimension environnementale et

(IV) la dimension culturelle.

La Gouvernance verte est également universelle. Elle s'applique aussi bien aux pays sous-développés qu'aux pays développés, dans le respect des préoccupations propres à chaque pays. Sans une Gouvernance verte intégrant parfaitement l'approche systémique, il est difficile de comprendre les systèmes dans lesquels on vit, de prendre les bonnes décisions, et enfin de faire du développement durable.

Emmanuel Kant, le philosophe allemand, dans un de ses textes « Vers la paix perpétuelle » publié en 1795, annonçait que c'est la Nature qui va amener les Hommes à dépasser leurs égoïsmes nationaux pour aller vers un monde meilleur. Et ce temps est arrivé et nous y voilà. Sur les questions de Nature, d'Environnement, d'Écologie et de Développement, le Nord et l'Onu gagneraient beaucoup à écouter l'Afrique. Pour le plus grand bénéfice de l'Humanité.

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