26 Septembre 2017

Libye: Première visite à Rome du maréchal Haftar

Arrivé dans la capitale lundi soir 25 septembre à bord d'un avion de l'aéronautique militaire italienne, le maréchal Haftar repartira ce mercredi matin en Libye après avoir rencontré la ministre de la Défense Roberta Pinotti, ainsi que des dirigeants des services de renseignements.

La visite du maréchal Haftar, qui n'a pas été commentée officiellement, fait suite à celle du ministre italien de l'Intérieur Marco Minnit qui avait rencontré le maréchal Haftar à Benghazi, début septembre.

L'Italie tient à renforcer l'axe Rome-Tobrouk, notamment pour consolider les compromis visant à limiter drastiquement les départs de migrants des côtes libyennes vers l'Italie : 3 914 arrivées au mois d'août, soit une baisse de 81,6% par rapport à la même période en 2016. Des accords fragiles, comme le prouve la reprise des débarquements en Italie depuis ces derniers jours.

Au menu des discussions dont rien n'a filtré : les questions migratoires, les intérêts de Rome dans le secteur énergétique et les pistes à creuser pour favoriser le retour à la stabilité. L'Italie est le premier pays occidental à avoir rouvert son ambassade dans la capitale libyenne en janvier 2017.

Rome ne déroule pas le tapis rouge

La rencontre, début septembre à Benghazi, entre le maréchal Khalifa Haftar et le ministre de l'Intérieur italien Marco Minniti, déterminé à obtenir son aide dans la lutte contre les flux migratoires, avait été entourée de la plus grande réserve.

Cette fois-ci, la première visite en Italie de l'homme fort de l'est libyen a été annoncée. Mais pas question de dérouler le tapis rouge. Car Rome, qui soutient le chef du gouvernement d'entente nationale Fayez al-Sarraj est quelque peu gênée aux entournures.

D'ailleurs au sein de l'exécutif, officiellement, seule la ministre de la Défense Roberta Pinotti s'est entretenue avec l'incontournable maréchal.

Une visite « technique »

Sa visite a été qualifiée de « technique ». En clair, l'Italie cherche à cultiver les canaux de communication indispensables pour lutter contre les trafiquants d'êtres humains.

Mais aussi à protéger le complexe pétrolier de Mellitah, exploité par le colosse des hydrocarbures ENI. Et elle tient, bien sûr, à se montrer active dans la recherche de solutions pour favoriser le retour à la stabilité de son ancienne colonie.

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