27 Septembre 2017

Sénégal: Lutte contre les inondations à Ourossogui - Deux digues abrègent le calvaire des populations

Après la pluie, c'est le mauvais temps dans les bassins versants du département de Matam. Ourossogui, une des localités qui était sous les eaux pendant l'hivernage, se relève, aujourd'hui, de ce mauvais souvenir.

Grâce à un appui financier du Conseil général des Yvelines (France) et du Conseil départemental de Matam, des digues de protection ont été érigées sur les parties nord et ouest de la ville. Des infrastructures qui ont permis à la ville d'être à l'abri des inondations.

Dans le département de Matam, nombreuses sont ces localités situées dans un bassin versant, surplombées par des collines. Du coup, elles se retrouvent sous les eaux pendant l'hivernage. Oréfondé, Hodio, Asndé Balla, Agnam, Doumga Wouro Alpha et plus particulièrement la commune de Ourossogui ne sont pas épargnés. Dans cette ville, le problème était devenu récurent et inquiétant. Durant l'hivernage, le « quartier moderne » est un abus d'appellation. Ce quartier ressemble à un étang. L'ancienne digue se trouve, du coup, sous-dimensionnée. Elle ne parvenait plus à contenir les eaux pluviales, après de fortes précipitations. L'hôpital, le camp militaire, le marché étaient aussi envahis. Chaque année, c'était un éternel recommencement.

Les populations riveraines vivaient le même calvaire. Ce phénomène récurrent avait fini par les installer dans la psychose. « On vivait des moments très difficiles pendant l'hivernage », témoigne Babacar Sow, habitant de Ourossogui. « Avant l'érection de la digue, nous vivions un véritable calvaire. Aujourd'hui, nous constatons qu'il y a un léger mieux. Il y a moins d'inondations dans la ville », souligne Dieynaba Sow, habitante du « quartier Moderne » de Ourossogui. Le mal est circonscrit avec l'arrivée d'une nouvelle équipe municipale. Avec l'aide de son partenaire, le Conseil général des Yvelines (France), il a commencé par la commune de Ourossogui dont le potentiel économique est non négligeable. « La commune regorge de beaucoup d'infrastructures sociales ; ce qui fait qu'elle est très stratégique dans le département », note le secrétaire général du Conseil départemental de Matam, Chérif Mahmoudou Kébé. Ces actions consistent à ériger une digue de protection en gabion d'une longueur de 425 m au nord de la ville, grâce au concours financier du Conseil général des Yvelines d'un montant de 129 millions de francs Cfa contre une contrepartie financière de 69 millions de francs Cfa du Conseil départemental de Matam. Soit près de 200 millions de francs Cfa.

À côté de la digue en gabion, une autre en terre a été construite et longe toute la partie ouest de la commune. Celle-ci, de l'avis de M. Kébé, drainera toutes les eaux pluviales de la commune tandis que la digue en gabion a pour rôle de réduire la vitesse de l'eau, dit-il. Celle en terre va, selon lui, conduire les eaux vers le fleuve. « Beaucoup de savoir-faire technique et de technologies ont été utilisés pour la réalisation de ces deux digues », magnifie le secrétaire général du conseil départemental de Matam pour qui le problème des inondations à Ourossogui est en passe de devenir, aujourd'hui, un « mauvais souvenir ».

Entamée en 2014, la réception provisoire de ces digues de protection a été effectuée en août 2016 en présence du président du Conseil général des Yvelines, Pierre Bedier. Des réflexions sont en cours pour sa rétrocession et son entretien. « Il faut étudier dans quelle mesure la rétrocéder à la commune pour une bonne gestion. C'est une infrastructure qui mérite d'être entretenue. S'il y a des déchets ou des dépôts de sable dans les gabions, cela risque d'obstruer les vannes et l'eau ne va plus couler », souligne M. Kébé. Pour ce faire, dit-il, « cette digue mérite un bon entretien, en veillant au curage pré-hivernal des canaux ».

L'anticipation, remède contre l'impréparation

Cette année, le Conseil départemental s'en est pris très tôt. « Nous pouvons dire que cette année, Ourossogui sera à l'abri des inondations », se réjouit-il. Le Conseil départemental compte procéder à sa réception définitive cette année. Ces travaux ont donc permis de soulager les populations de Ourossogui. Cette expérience sera élargie dans d'autres communes du département comme à Doumga Wuro Alpha, Hodio, etc. Des localités qui sont dans le même cas que Ourossogui.

A Doumaga Ouro Alpha, village situé dans la commune de Bokidiawé, le mal est encore profond malgré quelques travaux initiés par-ci et par-là contre les inondations. Si rien n'est fait, les conséquences risquent d'être plus fâcheuses. Dans le passé, ce phénomène rendait la Route nationale N° 2 impraticable pendant au moins des heures du fait du ruissellement des eaux. « Nous aimerions ériger une digue de la même envergure que celle de Ourossogui dans ces localités », informe le secrétaire général du conseil départemental de Matam, Chérif Kébé. En attendant d'avoir des partenariats, le Conseil départemental de Matam entend partager cette expérience avec les pouvoirs publics, notamment les ministères impliqués, pour faire bénéficier ces villes de ces infrastructures. Quant à la ville de Matam, faut-il le préciser, l'État a pris des engagements pour réaliser une digue de protection contre les inondations.

D'importantes mesures prises pour endiguer le mal

En juin dernier, le ministre délégué auprès du ministre du Renouveau urbain, de l'Habitat et du Cadre de vie, chargé de la restructuration et de la requalification des banlieues était l'hôte de la région de Matam. Pape Gorgui Ndong a effectué une tournée de partage et de discussions avec les acteurs, pour anticiper sur les problèmes afin de lutter efficacement contre les inondations. Il a ainsi visité les localités de Kanel, Diandioly, Doumga Wouro Alpha, Matam et Ourossogui. D'importantes décisions ont été prises à l'issue de cette tournée dans la région de Matam.

Celles-ci permettront d'anticiper sur les problèmes afin de lutter efficacement contre les inondations. Par exemple, à Diandioly, il s'agit du dessablement de la rivière qui ceinture le village et qui, du fait des obstructions, inonde toutes les habitations situées dans le bas-relief. À Doumga Wouro Alpha, les mesures d'appoint consistent à rendre fonctionnelle la canalisation assez vétuste, alors que dans la ville de Matam, il faudra procéder à la fermeture des brèches de la diguette de protection. Autant de mesures transitoires qui, de l'avis des techniciens, permettront de bien préparer l'hivernage 2017, en attendant la construction d'ouvrages structurants qui sont déjà en projet et qui, à terme, aideront efficacement à mettre fin à la lancinante question des inondations.

« Nous avons vu des ouvrages qui ont été déjà mis en œuvre et nous avons observé que pour l'essentiel, les attentes portent sur la construction d'autres ouvrages, des digues de protection, mais aussi des canalisations avec des mesures conservatoires à mettre en place pour permettre aux populations d'être en sécurité », renseigne le ministre délégué auprès du ministre du Renouveau urbain.

Avant de préciser : « nous avons vu une région un peu touchée par les inondations. Cela nécessite impérativement des actions urgentes de l'État pour permettre aux populations de vivre dans la quiétude pendant la période hivernale ». « Dans la commune de Ourossogui, un important programme est déjà entamé avec le ministère du Renouveau urbain, surtout dans sa phase de restructuration des anciens quartiers, dans la commune de Matam, le processus très avancé de la construction d'une digue-route de protection va définitivement régler le problème d'inondation de la ville », a-t-il ajouté.

À l'occasion, le ministre a précisé que, depuis 2012, des mesures exceptionnelles ont été engagées par le gouvernement du Sénégal avec le Plan décennal de lutte contre les inondations d'un coût de 766 milliards de FCfa. «Le président de la République a pris de bonnes dispositions dans cette quête perpétuelle de mettre les populations dans les meilleures conditions de vie et d'épanouissement». Les pouvoirs publics, accompagnés des techniciens et en concert avec les collectivités locales doivent travailler à ne plus permettre aux populations d'habiter dans les zones non aedificandi. « Il devrait en être de même pour l'installation des quartiers précaires dans des zones inconstructibles », conclut-il.

Me Moussa Bocar Thiam, maire de Ourossogui : « Notre commune est protégée grâce à cette digue »

Depuis l'avènement de cette digue, se réjouit le maire Me Moussa Bocar Thiam, la ville de Ourossogui est à l'abri des inondations. Selon lui, des eaux de ruissellement venaient du Ferlo et envahissaient la commune. « Aujourd'hui, avec l'érection de cet ouvrage, nous avons constaté une nette amélioration du point de vue des inondations », soutient le premier magistrat de la ville. Me Thiam se dit très satisfait de la réalisation de ces ouvrages. Pour le transfert de l'entretien de la digue à la municipalité, il souligne qu'ils sont en phase d'évaluation du coût et sur le choix de l'entreprise devant réaliser ces travaux. Aussi, informe-t-il, il est prévu de petits aménagements pour le maraîchage.

Déjà, au lendemain des élections législatives du 30 juillet 2017, la mairie a procédé, de l'avis de Me Thiam, à des opérations de nivellement des endroits où les eaux stagnaient. Ourossogui fonde aussi beaucoup d'espoir sur son Plan directeur d'assainissement à travers l'Onas et dont la finalisation des études est prévue en novembre 2017. « Si ce plan est finalisé et exécuté, nous serons tranquilles », assure-t-il. La commune attend également 10 km de routes de Promovilles. « Si ces programmes se concrétisent, nous n'aurons plus de problèmes d'inondations dans la ville de Ourossogui », dit-il.

En partenariat avec la ville de Creil (département de l'Oise, région Hauts-de-France), Ourossogui va construire une station de traitement des eaux usées d'un coût de 750 millions de francs Cfa. Le démarrage des travaux est prévu en janvier-février 2018. « Dans toute la région, il n'y a pas de stations de traitement des eaux usées. Quand il pleut, les eaux de ruissellement reviennent dans les concessions voire les édifices publics », regrette-t-il.

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