27 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: Thérèse Kirongozi, l'ingénieure qui dote la RDC de « robots roulages intelligents »

En république démocratique du Congo, c'est une femme qui a conçu et fabriqué les robots régulateurs de la circulation routière. Il s'agit de l'ingénieure Thérèse Kirongozi Izai dont l'innovation profite déjà à la régulation de la circulation routière dans trois villes du pays. Elle compte exporter ces appareils dans d'autres pays du monde.

Âgée de 44 ans, mariée et mère de trois enfants, cette diplômée de l'Institut supérieur des techniques appliquées ISTA a mis en place des robots régulateurs de la circulation routière. Une première en république démocratique du Congo dans le domaine de la circulation routière. Cette ingénieure en technologie et intelligence artificielle se fait accompagner de son organisation Women's Technology une ancienne association devenue société en 2012. Depuis l'année 2013 elle a fabriqué au total douze automates dont sept à Kinshasa la capitale et cinq autres dans la province du Katanga(sud ouest du pays).

Ces humanoïdes aident non seulement à réguler la circulation routière mais également à identifier les contrevenants grâce à des caméras numériques haute définition qui captent les images et les scènes sous tous les angles. Ces informations sont envoyées en temps réel via un système IP à la base de données pour leur exploitation adéquate. Elle explique que grâce à un système intégré d'enregistrement et de diffusion audio, le robot roulage intelligent peut parler et même chanter en s'adressant directement aux usagers de la route par des messages tels que « conducteurs, vous pouvez laisser le passage aux piétons ». Il alerte également les usagers des dangers sur la voie.

Selon elle, cette innovation n'est pas venue se substituer aux policiers de circulation routière mais le seconder. Elle explique que cela épargne même la vie du policier du roulage qui ne sera plus obligé de se placer au milieu du carrefour au risque de se faire tamponner. Cette initiative selon elle, présente des nombreux atouts par rapport à l'homme. Elle s'explique « le robot peut voir dans tous les sens contrairement à l'homme. Et cela permet de suivre les contraventions dans les détails. Les autorités doivent savoir que les contraventions dans la circulation routière constituent une source importante des recettes ». Connue au pays et ailleurs pour cette invention, jeune, Thérèse n'était pourtant pas tentée par cette carrière de technicienne. Elle rêvait devenir une mannequin.

Du mannequinat à l'ingénierie

Alors qu'elle avait seulement 20 ans celle qui est devenue l'un des modèles d'innovation dans le domaine de la technologie en RDC, était sur le point de devenir un mannequin. La signature du contrat avec une agence de recrutement des mannequins était presque imminente quand son père lui même un électromécanicien l'a fait inscrire à l'Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA) l'une des institutions les mieux réputées dans le domaine en république démocratique du Congo. A part son aspiration pour le mannequinat, elle comptait aussi poursuivre ses études dans un autre domaine mais avec le temps elle a pris du goût pour la technique. « Avant je pensais à tort, que je n'étais pas faite pour l'électronique industrielle. J'y ai pris goût pourtant quelques mois seulement après » explique celle qui est sortie de l'Ista Kinshasa en 1999 avec un diplôme d'ingénieur technicien en électronique industrielle (automation-programmation). Bien qu'ayant débuté avec beaucoup de doutes, actuellement elle se dit fière de ses réalisations qui font d'elle maintenant une source d'inspiration mais aussi de son entreprise, l'une ou mieux la seule très sollicitée au pays et dans certains pays africains.

Encourager les femmes à se lancer dans le domaine de la technologie

Therese Kirongozi et l'organisation Women's techonogy ont au cours de l'année 2017 un nouveau prototype de forme humanoïde féminin dénommé « Moseka » traduit en Français jeune fille.. Pour elle, le nouveau robot à la forme féminine »Moseka» est une façon pour encourager les jeunes filles à poursuivre des études dans le secteur des technologies. Et aux femmes ayant déjà fini dans le domaine, Thérèse Kirongozi veut à l'esprit innovateur ainsi qu'à rêver grand. « Nous l'appelons Moseka parce que nous dédions cette machine à toutes les jeunes filles de la république démocratique du Congo pour les encourager à poursuivre des études des Nouvelles technologies ou de l'intelligence artificielle. C'est là qu'elles auront beaucoup d'opportunités de travail», explique Thérèse Kirongozi. Son organisation Women's technology œuvre aussi dans la formation et la sensibilisation des femmes dans le domaine technique. « On a plusieurs ingénieurs avec qui on collabore mais en interne nous sommes sept femmes. Nous recevons beaucoup de femmes techniciennes en difficultés. Nous nous chargeons de leur formation et de leur accompagnement » explique t elle.

Exporter son expertise loin des frontières congolaises

Après les douze automates déjà placés dans trois villes de la république démocratique du Congo. Thérèse Kirongozi Izai et l'organisation Women's technology ne s'endort pas sur ses lauriers. La coordinatrice Thérèse Kirongozi explique que tout d'abord l'étape suivante sera de fabriquer des robots en chaîne et distribuer dans toutes les villes de la république démocratique du Congo. En suite, dans d'autres pays africains et en dehors du continent. « Mon rêve a toujours été que des robots made in Congo soient utilisés dans des villes de l'Occident comme New York et ailleurs » dit elle tout en révélant que d'autres pays africains tel que l'Angola, le Congo Brazzaville, la Cote d'Ivoire et le Nigeria ont déjà exprimé leur intérêt à ces produits et pourraient faire leurs commandes..

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