27 Septembre 2017

Sénégal: Cimetière des naufrages de Mbao - Les familles des victimes, entre complaintes et pleurs

Les familles des victimes du naufrage du bateau Le Joola ont très tôt rallié le cimetière de Mbao pour commémorer l'an 15 ans de la plus grande tragédie maritime du monde avec ses 1863 victimes recensées officiellement.

Entre prières et recueillements sur les 139 tombes anonymes dont 2 seules ont été identifiées, quelques parents et familles des victimes sont restés inconsolables devant les tombes en entendant les prières psalmodiées par l'évêque suivi par un imam. L'émotion était vive dans le cimetière. Elle s'est même accentuée avec les discours des personnes qui se sont succédé au micro retraçant l'histoire de cette négligence humaine qui serait à l'origine de la perte d'un ou de plusieurs membres de leur famille.

Pour le président du collectif des familles des victimes du naufrage, les générations futures doivent lutter pour que cette tragédie ne sombre pas dans l'oubli dans la mémoire collective des sénégalais. «Nous ne devons pas oublier cette tragédie. Les états font tout pour pousser les populations à oublier. Mais, c'est peine perdue car, le bateau et même la tragédie font partis du patrimoine sénégalais», a déclaré Idrissa Diallo. Et de poursuivre pour dénoncer l'absence de réponse face à leurs doléances. «Nous voulons qu'on nous fasse une réplique du mémorial musée.

L'appel d'offre a été lancé depuis l'an dernier mais jusque là, on a encore rien vu. Il y a que des zincs qui entourent le lieu qui doit abriter le mémorial. Pis, ce que Mbagnick Ndiaye (ancien ministre de la Culture, Ndlr) avait dit n'est pas conforme avec ce que vient de dire Abdou Latif Coulibaly (actuel ministre de la culture, Ndlr). Il faut une construction à Ziguinchor ensuite un mémorial, avec possibilité de réplique à Dakar. Nous n'acceptons pas cette subtilité. Nous exigeons une réplique à Dakar», a martelé le maire socialiste de Dalifort.

Le renflouement du bateau a aussi été un point de revendications des familles pour pouvoir au moins sortir du deuil eternel que leur impose cette situation. « Beaucoup de structures avaient émis la volonté de renflouer le bateau mais butent sur le refus des tenants du pouvoir. Ce n'est pas un problème d'argent. Du temps de Général Niang, alors ministre de l'intérieur, il avait indiqué par voie de presse que le bateau a été attaché et qu'il serait en train d'être tiré. Il n'entend que l'ordre des autorités qui n'a pas tombé jusque-là.

Ce qui est faux ! C'était un mensonge d'état. On savait que c'est l'union des remorqueurs de Dakar qui avait attaché le bateau mais attendait l'ordre de tirer. Il faut qu'on re-visite ces rapports. Tout est dit mais on ne voulait pas sanctionner des personnes indiquant que le rapport n'a pas mentionné de noms. Or, le rapport a cité des fonctions qu'exerçaient les personnalités», a déploré M. Diallo.

Et de renchérir : «c'est comme c'est si c'était un sacrifice organisé. Ce sont nos enfants, nos mamans et nos oncles qui sont au fond du bateau mais pas ceux de Wade ou de Macky Sall. On leur demande de nous sortir le bateau, ils refusent. Que ça soit Wade ou Macky, ils ont commis les mêmes bêtises. Nous continuerons toujours de décrier cette situation. Que Macky Sall prenne ses responsabilités sur cette affaire».

Le président des associations des victimes de la France Alain Verchache abonde dans le même sens : «les familles des victimes sont toujours présentes d'années en années. Les autorités n'ont rien fait sinon que des promesses et des doléances. Comme on dit en France : +on se fiche de nous+».

Ce dernier de poursuivre : «Il faut que des sanctions tombent, il y a un dossier de 240 pages réalisés par les experts français pendant l'instruction, un dossier qui met en cause des responsables sénégalais. Il y a des noms cités. Il y a eu 9 mandats d'arrêt qui ont mis en l'encontre des personnalités sénégalaises mais la France, pour des raisons de copinage avec l'Afrique et le Sénégal en particulier, a conclu à des non-lieu.

C'est ce que nous déplorons». La cérémonie est clôturée par un dépôt de gerbes de fleurs sur les tombes.

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