27 Septembre 2017

Sénégal: 15 ans du naufrage du bateau le Joola - La leçon toujours non retenue

C'est hier, mardi, 26 septembre, que le naufrage du bateau le Joola a fait 15 ans. Pour se souvenir du drame qui avait causé la mort de près de 2000 personnes et faire des recommandations pour éviter de telles catastrophes, le Comité d'initiative pour l'érection du mémorial le Joola a organisé un panel à la Place du Souvenir sur le thème : «Le Joola, 15 ans après : amnésie ou banalisation». Toutefois, les panélistes ont fait savoir que les enseignements du drame ne sont pas retenus.

Quinze ans déjà, après le naufrage du bateau le Joola qui avait causé la mort de près de 2000 personnes, les souvenirs restent toujours vifs. Toutefois, même si la cause du drame serait liée à une «surcharge», les Sénégalais ont renoué avec leurs vielles habitudes.

La moindre règle sécuritaire n'est toujours plus respectée et les médias n'en parlent presque plus ou bien qu'accidentellement. C'est l'idée générale qui ressort du panel organisé hier, mardi 26 septembre, par le Comité d'initiative pour l'érection du mémorial le Joola, à la Place du Souvenir, autour du thème : «Le Joola, 15 ans après : amnésie ou banalisation».

Histoire de mettre le doigt sur les causes du drame et des catastrophes que notre pays, le Sénégal ne cesse d'enregistrer et faire des recommandations pour éviter de telles choses. Selon l'ancien officier de la protection civile, Amadou Fall, la gestion des catastrophes n'a pas avancé après la catastrophe du Joola. Et de souligner «l'absence de secours dans les délais raisonnables».

En effet, les drames de Médina Gounass, de Betenti et de Demba Diop avec leurs lots de morts, lui ont suffi pour dire que les «mêmes causes font les mêmes effets». Amadou Fall a aussi fait savoir qu'au Sénégal, «on n'anticipe pas sur les catastrophes». Se voulant plus clair, il a relevé que la formation, la sensibilisation et les plans d'urgence font défaut pour se prévenir des catastrophes. Allant plus loin, Amadou Fall dira que «le grand mal du Sénégal, c'est qu'on ne valorise pas le retour d'expérience et si on le fait pas, on fera toujours les mêmes erreurs».

Cependant, le manque d'orientation médiatique sur le drame suffit pour le journaliste Birahim Touré de dire que les «médias ne s'intéressent plus au drame pour alerter les populations sur les préventions des accidents». Mieux, dit-il, «il y'a un goût d'inachevé et de la passiveté». Et pour cause, a affirmé le journaliste, «l'on a remarqué la cacophonie dans de nombreuses associations de familles de victimes et de même que dans les actions judiciaires ». Mais, il en a profité pour appeler les médias à jouer leur rôle d'alerte des populations.

Le sociologue Djiby Diakhaté a, quant à lui, déploré les «comportements délictueux». Pour lui, les «mauvaises habitudes sont là». Pour cause, «partout, vous avez les germes du Joola», relève-t-il. Pour se prévenir de tels drames, Djiby Diakhaté a estimé qu'il faudrait que l'on change de comportement : «nous avons l'obligation de remettre en cause certains comportements que nous prenons comme des comportements normaux», a fait savoir le sociologue.

C'est dire que 15 ans donc après, les enseignements du naufrage du bateau le Joola aux larges des côtes gambiennes ne sont pas toujours retenus. Rappelons que la commémoration a aussi été marquée par une projection de films des orphelins sur le naufrage et un dépôt de gerbes de fleurs en la mémoire des disparus.

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