27 Septembre 2017

Burkina Faso: Des bornes pour matérialiser les limites

Des incompréhensions nées de l'exploitation d'un site aurifère situé à la frontière entre le Burkina Faso et le Niger a fait l'objet d'une rencontre dite de travail le 25 septembre 2017 à Niamey au Niger.

De part et d'autres de la frontière commune, les populations redoutaient la résurgence du vieux conflit frontalier réglé en 2013 par la Cour internationale de justice (CIJ) des Nations unies à la suite d'une entente cordiale entre les deux Etats.

C'est le dialogue qui a également prévalu lorsque l'exploitation du site aurifère de Lougou a failli mettre à rude épreuve la cohabitation entre Burkinabè et Nigériens au long de la frontière.

Le communiqué conjoint qui a sanctionné la rencontre des ministres en charge de l'administration territoriale des deux pays est édifiant à plus d'un titre.

D'abord, en reconnaissant que le site aurifère en question se situe en territoire burkinabè, c'est un signal fort d'apaisement que les autorités ont envoyé sur le terrain pour une cohabitation pacifique entre les populations burkinabè et nigériennes, même entre les responsables administratifs dans la zone.

Cette réaction rapide constitue surtout une piqure de rappel du respect des engagements des deux pays à la suite de la décision de la Cour internationale de justice à laquelle, ils se sont volontairement soumis en 2010.

En effet, cette décision a eu le mérite de clarifier la situation administrative des populations frontalières sur un tronçon de 375 kilomètres entre la borne de Tong-Tong et la boucle de Botou, tout au long du fleuve Sirba.

Fort de ce compromis, les deux Etats s'étaient engagés à matérialiser cette décision technique en procédant au bornage des limites consolidées par la justice internationale.

Une tâche prioritaire s'il en est car il est bien connu de tous, que la non- délimitation et la mauvaise gestion des frontières engendrent des problèmes, surtout dans les régions riches en ressources naturelles.

C'est ce que la situation du site aurifère de Lougou semble avoir rappelé aux premières autorités des deux pays. Les 948 bornes prévues auraient été toutes implantées que personne n'allait se tromper sur la situation exacte du site d'or. Mais le lancement sous la Transition politique en 2015 de l'opération d'abornement à Gomo (Falangoutou) n'a visiblement pas été suivi d'effet.

On comprend, dès lors, la résolution prise par les délégations des deux pays « d'accélérer l'abornement de la frontière notamment dans les points d'achoppement par la mise à disposition de moyens conséquents ».

Contrairement à leur suggestion limitative, les bornes demeurent les meilleurs moyens d'exorciser les conflits frontaliers, de perpétuer des liens multiséculaires de bon voisinage et de réaffirmer la volonté politique des deux Etats de matérialiser leur frontière commune suivant les accords signés et l'Arrêt de la CIJ du 16 avril 2013.

La lutte contre le terrorisme transfrontalier a beau rendre dérisoire la question des frontières, surtout dans la bande sahélo-sahélienne, la consolidation des frontières dans le sens du renforcement du vivre-ensemble, reste une priorité.

Car, il faut éviter à tout prix d'avoir à gérer d'autres urgences que la menace terroriste à laquelle font face les pays du Sahel.

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