28 Septembre 2017

Congo-Brazzaville: Livre - Marie-Inaya Munza présente « Black in the city »

interview

Dans son premier roman, "Black in The City", Marie Inaya Munza s'est mise dans la peau de « l'Afropéenne » pour en sortir les traits saillants des us et coutumes des femmes africaines en France. Interview.

Vous vous identifiez en tant « qu'Afropéenne ». Quel est votre parcours identitaire ?

Je suis née au Congo. A l'âge de 8 ans, en compagnie de ma famille, j'ai quitté Pointe-Noire pour une enfance à Bordeaux, en France. En moi, se trouve bercée la double culture africaine et européenne, d'où mon identification en tant « qu'Afropéenne », une sorte de métissage que je qualifie de « métissage invisible » dans une existence constamment partagée entre deux mondes. Mes parents m'ont élevée en veillant au respect de cette double appartenance. Je suis fière de cette éducation, un trésor à transmettre à mes enfants. Dès 12 ans, j'ai écrit des poèmes et des textes dans un cahier, un petit journal que j'ai nommé « Maux-à-mot ». J'ai aussi toujours aimé lire. Pourtant, je n'ai jamais véritablement réussi à m'identifier à l'héroïne d'un roman. A la télévision, dans les médias, les « Afropéennes » sont finalement très peu représentées. La femme noire est trop souvent stéréotypée. Les représentations les plus courantes sont généralement ancrées dans l'esclavagisme, la banlieue ou la malheureuse femme de chambre. Il y a, bien sûr, ces femmes, au parcours bien souvent édifiant. Mais, qu'en est-il de toutes les autres ? L'écriture est la forme d'expression qui m'a semblé la plus naturelle pour aborder des thèmes qui me sont chers, la place de la femme, le monde du travail et la famille, là où les identités prennent racine et se construisent. Voilà comment et pourquoi j'ai pris ma plume pour écrire « Black in The City », mon premier livre.

A propos de votre premier roman, vous avez questionné un échantillon de femmes. Que vous ont-elles apporté ?

Pour écrire de la manière la plus juste mon livre, j'ai rencontré au préalable vingt femmes, que je considère être chacune des « Black in The City », en leur soumettant une série de questions. L'une d'elles, Amanda, m'a répondu précisément et avec une telle assurance que cela m'a influencée pour le choix du prénom de l'héroïne de mon roman, complété par Parks en référence et en hommage à Rosa Parks, figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Toutes ces femmes m'ont apporté l'inspiration de parler d'elles de façon plus complète au travers de l'histoire d'Amanda Parks destinée à saisir un portrait de la France d'aujourd'hui.

Par ce portrait, avez-vous voulu réveiller les consciences ou raconter une histoire de plus sur les Noirs ?

Certes, à travers les 128 pages, c'est une histoire qui s'apparente à la mienne, à mon vécu, mais c'est surtout un roman en hommage à la femme noire, celle qui entreprend, ose, l'entrepreneuriat au féminin. C'est précisément ce profil de femmes auxquelles je rends honneur que je voulais mettre en avant. J'évoque en même temps l'histoire de celles et ceux qui sont nés en France et ont grandi avec des parents immigrés, ou qui sont nés en Afrique et ont grandi en France, en Europe : tous les Afropéens, ces personnes dotées d'une double culture et qui évoluent dans un environnent multiculturel. Elle concerne également une aide à la compréhension sur la question identitaire auprès des institutions, de la société civile ou pour celles et ceux qui se sont interrogés un jour sur leur identité, leur place en France ou ailleurs. Une conscientisation pour immortaliser et poursuivre les combats égalitaires souvent menés par des femmes illustres, telles que Harri, Tubman ou Zingha, la dernière reine d'Angola.

Congo-Brazzaville

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