29 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: Attaque d'Uvira au Sud-Kivu - Ce pays qui n'en finit pas de s'embraser

Cette fois, c'est au levant que ça se passe. Dès potron-minet le jeudi 28 septembre 2017, des assaillants convoyés par bateau ont attaqué Uvira, 2e ville du Sud-Kivu dans l'extrême est de la RDC, en bordure du lac Tanganyika et à seulement un jet de pierre de Bujumbura, la capitale du Burundi.

Une attaque repoussée, selon une version officielle, par les forces armées avec le soutien des hélicoptères de la Monusco, tout comme l'avait été la veille la tentative d'incursion par les collines.

Promesse sanglante donc tenue par les miliciens maï-maï qui, après s'être emparés de la localité de Mboko dimanche dernier, avaient clairement affiché leur intention de passer à la vitesse supérieure en prenant le contrôle d'Uvira.

Et celui qui est en train de créer ce nouvel abcès n'est autre que le commandant William Amuri Yakutumba, un ancien officier de l'armée congolaise aujourd'hui à la tête d'une branche de la « Coalition nationale du peuple pour la souveraineté du Congo », créée en 2013.

Ce chef rebelle aurait-il vraiment, comme il le prétend, quelque 10 000 hommes sous ses ordres ? Serait-il capable de prendre Kinshasa pour renverser le régime de Joseph Kabila en l'espace de deux mois, ainsi qu'il ambitionne de le faire ?

On peut raisonnablement en douter, vu les fanfaronnades de celui qui se rêve en nouveau Laurent Désiré Kabila et qui entend, pour cela, mener une « guerre de libération ».

Mais que le commandant rebelle soit ou non en mesure, d'ici la fin de l'année, de prendre un café au palais de la Nation, là n'est pas le problème. Il se trouve que son mouvement vient ajouter du désordre au désordre dans une RDC qui semble parfois partir en lambeaux.

Aujourd'hui ce sont les maï-maï au Sud-Kivu, hier c'étaient les milices Kamuina nsapu et avant elles, le M23 au Nord-Kivu.

Des conflits cycliques donc, et autant de foyers jamais vraiment éteints au grand dam des populations ballotées de Charybde en Scylla, obligées de se terrer ou de fuir les zones de conflit avec comme corollaire les drames humanitaires qui ne manquent jamais de se nouer.

Et quand on pense qu'un foyer de tension a été circonscrit, c'est là qu'un nouvel incendie se déclenche ailleurs presque dans l'indifférence de l'actuel locataire du palais de la Nation, occupé à s'accrocher à son fauteuil présidentiel comme le serait un ormeau à son rocher. Après tout, le pays est immense et des villes comme Uvira et leurs malheurs sont si loin des ors de la république et des enjeux du pouvoir.

Voilà donc ce pays continent qui, au lieu de servir de locomotive à ses voisins proches ou plus lointains, présente toutes les caractéristiques d'un volcan en fusion dont on ne sait à quel moment il va exploser.

Et c'est à se demander si dans ce bateau pris dans la tempête il y a encore un capitaine. En attendant, celui qui en tient lieu n'a qu'une obsession, s'agripper au gouvernail même si le navire doit se fracasser contre des écueils visibles, mais que son obstination l'empêche de voir pour le grand malheur de ses 80 millions de compatriotes qui n'ont jamais vraiment eu de répit depuis les indépendances, et qui après avoir soupé de 32 années de mobutisme trinquent depuis maintenant 20 ans sous la coupe amère des Kabila père et fils.

Congo-Kinshasa

Nikki Haley à Kinshasa - Un message fort de Trump à Kabila

Annoncée depuis la dernière assemblée générale des Nations unies, l'ambassadrice des… Plus »

Copyright © 2017 L'Observateur Paalga. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.