29 Septembre 2017

Liberia: Georges Weah livrera son match le plus décisif ce 10 octobre

Photo: FrontPage Africa
George Weah lors d'un rassemblement du Congrès pour le changement démocratique

L'ex star de football, une légende vivante, Georges Weah, après deux revers successifs, est donné favori de l'élection présidentielle prévue le 10 octobre prochain dans son pays, le Liberia. Pour la troisième fois, son coup de tête "présidentiel" a une chance d'aller au fond des filets. Mais vraiment ?

Après une brillante carrière de footballeur ponctuée par un Ballon d'or de France Football gagné en 1995 - le seul joueur africain à l'avoir remporté jusqu'aujourd'hui - , Georges Weah, l'ancien attaquant du Milan AS tire s'engage en politique. Et aux portes d'Executive Mansion, résidence du président au Liberia.

Deux échecs successifs

En 2005, Georges Weah surprend tout le monde en annonçant sa candidature alors qu'il est encore footballeur. Son coup d'essai a failli marcher. Au premier tour, il est classé premier avec 28,3% des voix. Ellen Johnson Sirleaf le suit avec 19,8%. Cette dernière sera finalement élue présidente. Contestataire des résultats au début, il les acceptera ensuite pour, dit-il, préserver la paix.

Cinq ans plus, le voici de nouveau en campagne. Convaincu qu'il est le « le choix des Libériens », Georges Weah change de tactique. Il est le colistier du candidat Winston Tibman, candidat de Coalition for democratic change (CDC), son parti. La Commission électorale proclame au premier la CDC vainqueur avant de se rétracter, avançant qu'il y a eu erreur. Elle rempile pour un nouveau et dernier mandat constitutionnel.

Favori en 2017

A 78 ans Ellen Johnson Sirleaf respecte la règle constitutionnelle, limitant le mandat présidentiel à deux. Pour sa succession plusieurs candidatures sont déclarées dont des poids lourds.

La présidente sortante soutient son vice-président Joseph Boakai. « Je soutiendrai le vice-président Boakai dans toutes ses démarches sur la base de son programme présidentiel », avait-elle déclaré à l'Agence France Presse (AFP) avant d'ajouter de nuancer : « Je lui apporterai tout mon soutien, mais il y arrivera comme j'y suis arrivée ».

Joseph Mills Jones, ancien gouverneur de la Banque centrale, Alexander Cummings, ancien patron pour l'Afrique de la firme américaine Coca Cola, le richissime Benoni Urey... figurent parmi les sérieux successeurs du Prix Nobel de la paix de 2011. Mais les observateurs donnent favori l'ancien footballeur. A 51 ans, Georges Weah n'est jamais aussi près de devenir président.

Ses atouts

Très populaire au sein de la jeunesse et des couches modestes, l'ex star de football a de l'expérience. Il a corrigé ses retards intellectuels en retournant sur les bancs. « Notre parti a déjà vécu deux élections, à l'époque nous étions jeunes, aujourd'hui nous avons beaucoup appris... Maintenant, on sait comment aller à une élection et l'emporter », rassure-t-il.

Il se dit chantre du « changement » et explique avoir convaincu « de nombreux Libériens que le changement est nécessaire pour que notre pays puisse aller de l'avant ». S'il est confiant, c'est qu'il surfe également sur les vagues de sa victoire lors des élections sénatoriales organisées le 20 décembre 2014. A ce rendez-vous, il a battu le fils de Sirleaf, Robert Sirleaf, dans la circonscription de Montserrado avec 78% des voix. Et sur le soutien de certains chefs d'Etat africains qui l'ont reçu chez eux.

L'ancien attaquant du Paris Saint-Germain (PSG) demande néanmoins « des élections libres, équitables et transparentes ». Il a encore en travers de la gorge ses revers passés qu'il attribue aux « fraudes ».

Réserve

Tel que ses militants et admirateurs le présentent, c'est à croire qu'il a gagné d'avance le scrutin présidentiel couplé des législatives du 10 octobre 2017. En dehors des effets de fraudes que beaucoup redoutent, monsieur Weah a fait un casting qui pourrait se retourner contre lui. En effet, il a notamment choisi comme vice-président Jewel Howard, ex-épouse de Charles Taylor, président du Liberia entre 1997 et 2003. Le nom de ce dernier est intimement lié à la guerre civile atroce déclenchée en 1989.

Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone le condamne en 2012 à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Il purge sa peine en Angleterre. Son parti Front national patriotique fait partie de la coalition qui soutient le candidat.

L'autre grief reste les critiques de son programme que certains jugent confus, incohérent.

Né pauvre, devenu riche...

King George, l'un de ses surnoms, a vu le jour dans un bidonville du nom de Clara Town. De parents pauvres séparés peu de temps après sa naissance. Il passe une enfance difficile avant de connaître la gloire grâce à ses performances exceptionnelles sur les terrains de football.

Sur fifa.com, il rappelait : « Je suis né dans le ghetto, j'ai vécu dans le ghetto. Nous nous battions pour survivre ». Il prend sa retraite sportive en 2007.

Devenu riche, il investit dans la restauration et l'immobilier aux USA et en Afrique. C'est en homme accompli qu'il se lance en politique en 2005.

Sa famille vie aujourd'hui au pays de l'Oncle Sam. Un de ses fils Timothy évolue actuellement avec l'équipe réserve du PSG en France. Et il en quête de se faire un prénom.

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