28 Septembre 2017

Burkina Faso: 2e congrès panafricain sur les fistules obstétricales

Le 2e congrès panafricain sur les fistules obstétricales organisé par la Fondation Rama se tient les 28 et 29 septembre 2017, à Ouagadougou. Invitée d'honneur à l'ouverture de ce rendez-vous sous-régional, l'épouse du Chef de l'Etat, Sika Kaboré, a appelé à l'élimination de cette maladie de la ‘'honte".

«Fistules obstétricales : les communautés s'engagent pour une réduction significative de ce fléau ». C'est sous ce thème que se tient les 28 et 29 septembre 2017, le 2e congrès panafricain sur les fistules obstétricales.

Six communications et deux tables rondes permettront aux 250 congressistes du Burkina Faso, la Mauritanie, la Guinée Conakry, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, le Bénin, Madagascar et de la Suisse... de mettre en place une plateforme sous-régionale de lutte contre la fistule obstétricale.

Ce parterre de participants mettra à profit ces 48h pour réfléchir à l'impact des fistules obstétricales sur le développement des Etats de l'Afrique de l'Ouest et la place des organisations communautaires dans la lutte contre cette maladie dite de la honte.

Ce sera également une tribune de partage d'expériences réussies en matière de lutte. Selon la présidente de la Fondation Rama, Ramata Kabré, il s'agira aussi d'élaborer une feuille de route pour mener plus d'activités-terrain au profit des femmes victimes de la fistule. Car, a souligné le ministre de la Santé, Pr Nicolas Méda, le Burkina Faso enregistre environ 800 cas chaque année.

« Chaque année, nous enregistrons entre 300 et 350 cas de femmes victimes que nous conduisons vers les centres de prise en charge chirurgicale. Il faut préciser que cela concerne les femmes qui acceptent venir à la Fondation », a renchéri Mme Kabré.

Pr Méda a revélé qu'entre 2012 et 2016, le nombre de cas de victimes de fistules prises en charge s'élevait à 1540. « C'est un problème de santé publique qui nécessite des actions conjointes », a-t-il déclaré.

C'est pourquoi, il a insisté sur l'apport des communautés à la lutte. Car pour lui, le nombre élevé de cas se justifie par deux choses à savoir la communauté et les formations sanitaires. Dans la communauté, le ministre de la Santé a expliqué que le nombre de victimes croît parce que les filles sont données en mariage trop tôt.

« Celles-ci accouchent tôt, à un moment où le bassin n'est pas développé et lorsque le travail est compliqué sans prise en charge, cela conduit à cette invalidité qu'est la fistule. Il faut qu'au niveau des communautés, nous nous engageons à lutter contre les mariages précoces et forcés», a-t-il plaidé.

Ne pas accoucher en dehors d'un centre de santé

Pour ce qui concerne les formations sanitaires, Pr Nicolas Méda a fait savoir que son département n'a toujours pas fait le maillage du territoire avec les personnes qualifiées de prise en charge de la fistule.

« Les femmes aussi ne viennent pas assez dans les formations sanitaires lorsqu'elles sont enceintes. Nous devons tout faire pour qu'à chaque grossesse, aucun accouchement n'ait lieu en dehors d'une formation sanitaire.

C'est d'ailleurs l'importance de la gratuité des soins où toute la prise en charge de la grossesse est gratuite », a ajouté le ministre Méda. Pour sa part, l'épouse du Chef de l'Etat, Sika Kaboré, a encouragé la Fondation Rama pour l'ensemble de ses actions en faveur des malades.

« J'attends la mise en place de ce cadre de dialogue entre les différents pays participants à ce congrès. Parce que nous vivons les mêmes problèmes d'accès aux formations sanitaires », a déclaré Mme Kaboré.

Dans le même ordre d'idées, la Fondation SEMAFO par la voix de sa directrice générale, Chantal Guérin, a réaffirmé son attachement à une action collective pour freiner cette pathologie.

De son avis, la fondation canadienne qu'elle dirige a été sensible depuis 2009 au combat que mène Ramata Kabré pour sauver les femmes. Une sensibilité qui a permis aux deux fondations de tisser des liens de coopération.

« La fistule doit être combattue parce que ce n'est pas facile de vivre ou d'imaginer la douleur que vivent ces victimes. C'est pourquoi, depuis 2009, nous soutenons la Fondation Rama par des dons divers.

Nous l'avons aidée à s'installer dans son nouveau centre d'hébergement, avec un forage, etc. La Fondation SEMAFO a également soutenu des femmes pour la chirurgie réparatrice et nous les soutenons dans leur projet de réinsertion sociale », a dit Mme Guérin.

Pour mémoire, la fistule obstétricale est la constitution d'une communication anormale entre la vessie et le vagin (fistule vésico-vaginale) ou entre la vessie et le rectum (fistule vésico-rectale) survenant à la suite d'une grossesse compliquée.

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