1 Octobre 2017

Tchad: La gifle de Trump à Déby

C'est un coup de massue pour le Tchad et surtout pour son président Idriss Déby Itno. Le nouveau décret migratoire du président américain Donald Trump a placé le Tchad sur la liste noire des pays dont les ressortissants sont indésirables aux États-Unis.

Désormais, le Tchad est un "pays vomi” de Washington tout comme le Vénézuela, l'Iran ou encore la Corée du Nord. Accusé comme sept autres pays de manquements à la sécurité sur leurs voyageurs et d'abriter de groupes terroristes sur son territoire, le Tchad ne comprend pas cette décision de la Maison Blanche.

Mettre le Tchad sur un pied d'égalité que l'Iran, la Libye, la Syrie, la Somalie et le Yémen surprend plus d'un. Des chercheurs, étudiants, hommes d'affaires tchadiens qui envisageaient atterrir au pays de l'Oncle Sam vont devoir patienter ou reprogrammer leurs GPS pour d'autres destinations.

Pas de visas américains pour les ressortissants du Tchad. Qu'a pu faire ce pays pourtant très actif dans la lutte contre le terrorisme, comme le font d'ailleurs les Américains, pour subir une telle mesure d'interdiction ?

En Afrique de l'Ouest, au regard des sacrifices consentis par le Tchad pour combattre le terrorisme au Sahel, cette décision américaine constitue une surprise. Et pour justifier sa décision, le richissime président américain a déclaré sur Twitter : « Rendre l'Amérique sûre est ma priorité numéro un.

Nous n'accepterons pas dans notre pays ceux que nous ne pouvons pas bien contrôler ». Vu le rôle que ce pays a joué et continue de jouer dans la lutte contre le terrorisme au Nord Mali et contre Boko Haram du Nigéria, c'est difficile de croire qu'il héberge en même temps des terroristes.

Au moment où le Sahel se bat pour la mise en œuvre d'un gigantesque projet de lutte contre le terrrorisme à travers la mise en place d'une force multinationale dite du G5 Sahel, comment ne pas s'interroger sur les conséquences de la gifle américaine ? Si N'Djamena se désengage de cette lutte, le terrorisme trouvera un boulevard au Sahel.

Selon le classement 2016 du site Global fire power (GFP) des 30 premières puissantes armées en Afrique, le Tchad occupe le 15ème rang. Il constitue tout naturellement le porte-drapeau de cette lutte qu'entend mener le G5 Sahel.

La diversité de ses armes, son effectif humain, la flexibilité de sa logistique, ses ressources naturelles lui donnent la possibilité d'apporter une contribution énorme au G5 Sahel.

Un découragement du Tchad compromet les chances du G5 Sahel de dépasser l'étape fœtale de son existence.

On comprend donc aisément pourquoi l'Union africaine et même la France trouvent surprenante et injuste cette mesure américaine qui s'applique, jusqu'à nouvel ordre, aux compatriotes d'Idriss Déby Itno.

Mais peut-on qualifier cette décision de Donald Trump d'action irréfléchie ? Trump s'est-il trompé de pays ? Washington a peut-être des preuves évidentes que des terroristes opèrent où transitent par le territoire tchadien.

Si le Tchad se fait complice de pratiques inacceptables aux yeux des Etats-Unis, il ne faut pas s'étonner que Donald Trump le mette sur la liste des pays indésirables.

C'est au Tchad de prouver le contraire et sa sincérité dans sa lutte contre ceux qui menacent aussi les Etats-Unis et leurs intérêts à travers le monde. Le Soudan a bénéficié de la faveur de Donald Trump.

Le Tchad aussi peut espérer bénéficier d'une annulation de la présente mesure de Trump dans les jours ou mois à venir à condition qu'il combatte les ennemis de l'Amérique.

Mais en attendant, c'est bien une douloureuse gifle que Trump vient de donner à Déby, champion de la lutte contre le terrorisme en Afrique.

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