2 Octobre 2017

Burkina Faso: Année 2017-2018 - Comme si elle nous avait surpris !

S'il y a un secteur qui a connu l'accalmie, une année sans les grèves tous azimuts et qualifiées même de sauvages par certains observateurs, c'est bien celui de l'enseignement. Les communautés éducative et scientifique vont-elles renouveler cet exploit face aux nouveaux défis ? Rien n'est moins sûr.

En effet, à peine les premiers coups de cloche ont-ils été donnés ce matin que les syndicats menacent déjà de passer à l'offensive.

Les autorités, elles, souhaitent privilégier le dialogue pendant que parents et élèves subissent de plein fouet le marasme économique qui se moque visiblement des dépenses incompressibles de cette rentrée. Dans ce tour d'horizon des acteurs, une vue panoramique nous est donnée sur les défis de la rentrée des classes de cette année.

"Elle a toujours surpris les gens. C'est comme les fêtes. C'est à la veille ou même le jour J qu'on se met dans une course folle pour faire le nécessaire", nous dit un parent d'élève à propos de la rentrée scolaire.

Et un autre de tempérer : "Elle ne nous surprend pas. On la voit venir avec angoisse mais comment s'y préparer lorsqu'on doit faire face quotidiennement aux urgences ?"

Qui des deux a raison ? On ne saurait le dire mais le fait est là : à quelques jours de la rentrée scolaire et académique, les parents vivent au rythme des insomnies et des pertes d'appétit, car angoissés par la scolarité de leur progéniture.

Comment payer la scolarité ? Comment trouver les fournitures et un moyen de déplacement pour son enfant ? Que dire de l'essence et de l'argent de poche ? La solution pour les parents bancarisés est souvent le prêt scolaire.

"J'ai fait un prêt, mais le hic c'est que ça ne va pas couvrir mes besoins pour la rentrée. Je comprends maintenant pourquoi on nous invite à faire moins d'enfants.

De nos jours, l'enfant coûte très cher", nous confie Binta Ouattara au sortir d'une banque de la place. Comme cette institutrice, beaucoup de parents ont appris cette réalité à leurs dépens. C'est le sentiment général qui prévaut devant les librairies ce 29 septembre 2017.

Devant la librairie « Jeunesse d'Afrique », non loin de la Cathédrale, il y a une procession de parents d'élèves. Certains, comme Harouna Compaoré, en sont toujours à la prospection. "Je fais le tour pour voir où je peux acheter moins cher.

C'est pourquoi je ressors les mains vides", explique-t-il. D'autres par contre en ressortent les mains chargées. Est de ceux-là Michel Samba qui après une longue file d'attente a pu faire ses "achats complémentaires".

Pourquoi avoir attendu à la dernière minute pour acheter les fournitures de son enfant ? Oumou Ouédraogo veut faire bonne figure. "La rentrée scolaire ne s'improvise pas. Je m'y suis préparé pour mes enfants.

Si je suis un peu en retard dans les achats, c'est parce que je n'ai pas eu à temps la liste des fournitures".

Son voisin, qui a en charge ses cinq enfants, n'a qu'une seule prière : que l'Etat subventionne les librairies pour leur faciliter l'achat des manuels scolaires et que la location des livres pratiquée dans les établissements publics s'étende à toutes les structures éducatives privées.

Autre lieu, même engouement, même récrimination. A la librairie Diacfa, un parent d'élève, faute de moyens pour honorer sa facture, a esquissé, dans une amertume non dissimulée, un "je reviens" avant de disparaître peut-être à la recherche de boutique "low cost".

A la librairie du vieux Mahamadi Ouédraogo, jouxtant le mur du lycée Philippe Zinda, madame Adama Tankaono, cliente, pense que les librairies sont pour les nantis, si bien que bon nombre de parents ont recours aux « librairies par terre » qui, selon eux, sont moins onéreuses.

Quant aux retards dans les achats, son avis est sans concession : « Les temps sont difficiles. De plus, les dépenses quotidiennes nous empêchent de faire des économies », souligne-t-elle.

Les libraires devraient se frotter les mains en cette période de l'année, mais "l'activité est morose. Les gens se plaignent du manque d'argent et pour ne rien arranger, notre secteur souffre de son inorganisation, tout le monde s'improvise libraire, instaurant une concurrence déloyale.

Quant à certaines écoles, elles ne trouvent pas mieux à faire que d'intégrer dans leur scolarité, la prise en charge les fournitures et nous coupe l'herbe sous les pieds".

Burkina Faso

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