2 Octobre 2017

Sénégal: Promotion des langues nationales - Des spécialistes livrent la recette

Pour le développement du Sénégal, l'introduction des langues nationales dans le système éducatif est devenue obligatoire.

C'est la conviction des spécialistes de ces langues qui s'exprimaient lors d'un panel organisé par la Génération Y avant-hier, samedi 30 septembre à la librairie Harmattan, sur le thème «Education des jeunes: quel sort pour les langues nationales et l'arabe». C'est pourquoi, ils ont plaidé pour l'enseignement de ces langues et ont tracé la voie à suivre pour leur promotion.

Si l'envol du Sénégal continue de plomber, c'est parce que les langues nationales ne sont pas introduites dans le système éducatif depuis le début. C'est le constat fait par des spécialistes des langues nationales qui participaient à un panel organisé par la Génération Y avant-hier, samedi 30 septembre à la librairie Harmattan, sur le thème «Education des jeunes: quel sort pour les langues nationales et l'arabe».

Selon eux, l'enseignement des langues nationales dès le bas âge constitue une nécessité pour faciliter l'acquisition du savoir chez les enfants. «Aujourd'hui, on n'a pas d'inventeurs parce qu'on apprend le français pendant 20 ans, sans apprendre le savoir», a expliqué le directeur de New Africa consultant group(Nac) et spécialiste de l'arabe et des langues nationales, Moustapha Ndiaye.

Et, pour mettre fin à ce marasme économique, les spécialistes ont plaidé pour l'introduction des langues nationales dans le système éducatif. Pour y arriver, l'enseignant-chercheur et chef du laboratoire de linguistique de l'Institut fondamental d'Afrique noire (Ifan), Dr Mame Marame Seck, a appelé ses pairs à «être des activistes de nos langues pour porter le combat et l'imposer».

Le spécialiste du Wolof invite, par ailleurs, ses collègues à cesser d'être des «descriptivistes». Pour prendre nos langues comme véhicule de savoir-être et de savoir-faire, Dr Mame Marame Seck propose la mise en place d'un «Conseil national pour les langues qui sera chargé de leur promotion», d'un «Conservatoire des langues» et d'un «Comité national de l'orthographe de ces langues». Et cette dernière recommandation devra permettre de lutter contre les fautes sur les langues. Des fautes qui «enlèvent leur valeur, vu que les langues nationales sont souvent mal écrites».

Toujours dans le cadre de l'introduction des langues nationales dans le système éducatif, le Maître de Conférences et non moins chef de département de Lettres modernes à l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, Dr Moussa Fall, a, quant à lui, avancé l'idée de changement de paradigmes.

Pour cause, «on veut s'appuyer sur les langues nationales pour mieux enseigner le français et c'est ça qu'il faut arrêter», a-t-il dit. Par ailleurs, l'inspecteur général de l'éducation et de la formation a déploré le fait que plusieurs processus d'introduction des langues nationales ont tous avorté. Or, le terreau est, pour le moment, «fertile» pour les langues nationales pour reprendre ses mots. Néanmoins, les spécialistes des langues nationales ont fait savoir que sans la volonté politique, les langues nationales seront toujours reléguées au second plan.

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