2 Octobre 2017

Congo-Brazzaville: Dimitri M'Foumou-Titi - « Le pays peut connaître le plein emploi et être leader dans l'économie verte d'ici à 2030 »

Cette déclaration a été proférée par le Congolais Dimitri M'Foumou-Titi, 40 ans, titulaire d'un Master en Management des Transports et de la Logistique, cadre dans une grande entreprise française, acteur de la société civile de la diaspora.

Au moment où la diaspora se restructure, les Dépêches de Brazzaville ont recueilli ses propos.

Les Dépêches de Brazzaville (LDB) : Voici une décennie que vous vous investissez avec, pour objectif, votre volonté de mutualiser les ressources au sein de la Diaspora. Quels sont les résultats à ce jour ?

Dimitri M'Foumou-Titi (DMT) : J'adhère à toutes les initiatives en vue de garantir la mutualisation de la valeur vive de nos propositions. Force est de constater que, 10 ans après avoir lancé le 1er colloque sur le Co-développement à Paris, le 15 décembre 2007, avec des travaux des participants en direct entre Paris et Brazzaville, la problématique de la diaspora est toujours d'actualité. Je reviens avec la ferme intention de relancer la dynamique d'antan de l'Association Développement Relation Nord-Sud, en sigle ADRNS, en donnant plus d'écho à nos actions.

LDB : Estimez-vous que c'est le relais médiatique de vos actions qui manque ?

DMT : Nous, acteurs de la diaspora, au-delà de nos convictions politico-religieuses, devons rompre l'isolement entre le pays d'accueil et le Congo. Un lien salvateur durable doit être créé. Nous avons pris des initiatives économiques en faveur du Congo, engagé des actions concernant la diaspora pour le développement, telles celles menées par SDA -Synergie Développement de l'Afrique- ou Partage Ton Savoir avec, à chaque fois, des résultats escomptés pour enseigner, tantôt à des étudiants en option « Transport et logistique », à Sueco, à Pointe-Noire, ou pour une formation de masse dispensée à plus de 400 jeunes venus de tous les départements du Congo pour les encourager à entreprendre à Brazzaville en 2012. J'ai l'intime conviction que cette collaboration diaspora-institutions n'est pas actée dans la prise en compte des sources de développement. La situation économique actuelle du Congo devrait pourtant trouver là une des solutions par l'application des accords sur le co-développement avec la France en appui avec la diaspora, véritable levier dans ce domaine.

LDB : Comment envisagez-vous la relance de l'ADRNS ?

DMT : La relance de notre association est fondée sur une conviction : celle de voir en 2030 la République du Congo connaître le plein emploi et devenir leader dans l'économie verte. Nous proposerons aux institutions d'orienter notre économie dans la diversification. Nous encouragerons les Congolais de l'étranger porteurs de projets, partenaires futurs, et donateurs à investir dans les leviers suivants : premièrement, l'économie de la connaissance ; avec des chercheurs dans le domaine de l'étude des phénomènes naturels sera facilité le partage de connaissances dans le « Biomimétisme» Comme le disait Amadou Hampâté Bâ: « Le savoir est la seule richesse que l'on puisse entièrement dépenser sans en rien la diminuer ».

Deuxièmement, nous favoriserons l'économie circulaire qui vise à dépasser le modèle économique linéaire consistant à extraire, fabriquer, consommer et jeter. Troisièmement, l'agriculture écologique; nous adhérons à l'idée de l'agriculture écologique préconisée par le Père Godfrey Nzamujo qui résume son credo ainsi : « La meilleure manière de combattre la pauvreté, c'est de rendre les Pauvres producteurs ». Nous prendrons en appui le Centre Songhai, créé en 1985 en République du Bénin, qui est aujourd'hui une incroyable initiative de développement local. Quatrièmement nous placerons au centre les femmes et les hommes de la diaspora, chacun dans son domaine de compétence. Le codéveloppement ou le développement solidaire implique - de par sa définition même - une participation active de la société civile, qui est d'ailleurs le plus souvent à l'initiative des projets.

Or, de nombreux projets sont portés par la diaspora sans l'appui des pouvoirs publics. L'objectif est de favoriser des échanges de « bonnes pratiques » et de promouvoir des synergies entre les différents intervenants qui mettent en œuvre des projets de codéveloppement. Par exemple, selon une étude de la Banque africaine de développement (BAD), les transferts de fonds de la diaspora africaine subsaharienne atteignent 30 à 37 milliards de dollars américains en 2016 ».

LDB : Quel est votre message à la diaspora et aux institutions ?

DMT : Tout d'abord nous invitons chacun à relever la tête, ensuite nous invitons tous ceux qui veulent s'investir dans cette dynamique à se faire connaître via notre site internet www.adrns.org pour, soit adhérer à notre association, soit soumettre des projets qui s'inscrivent dans les quatre leviers cités ci-dessus, et chercheraient à s'inscrire comme partenaire technique, financier et logistique.

Enfin, s'adressant à toute institution ou organisme en Europe, en France ou au Congo qui pense, comme nous, que c'est une ambition qui exige la participation de chacun, une implication de tous dans un esprit d'entreprise et de créativité, sachez que nous sommes à votre disposition et serions sensibles à votre soutien direct ou indirect.

Nous invitons les Congolais et amis du Congo à une rencontre que nous organiserons à Paris, le samedi 9 décembre prochain, de 14h à 18h, dans un lieu qui sera communiqué très bientôt sur notre site.

Congo-Brazzaville

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