2 Octobre 2017

Cameroun: Après les manifs du 1er octobre, les sécessionnistes comptent leurs morts

Photo: Le Pays
Manifestation au Cameroun

17 morts ! C'est le triste bilan dressé par l'organisation de défense des droits humains, Amnesty International et d'autres sources après les manifestations dans les zones anglophones, le 1er octobre dernier, pour la proclamation symbolique de la naissance d'un nouvel Etat baptisé « Ambazonie ».

C'est dire donc que les forces de l'ordre qui ont assiégé les plus grandes villes anglophones, ont fait couler le sang de certains de leurs compatriotes qui, au-delà des velléités sécessionnistes, dénonçaient à travers leurs manifestations, les inégalités socioéconomiques qui creusent le fossé entre eux et ceux de la partie francophone du Cameroun.

En attendant qu'une enquête indépendante nous situe exactement sur le bilan des violences de ce 1er octobre et bien que le gouvernement camerounais se soit mis dans une guerre de comptabilité macabre en parlant plutôt de 10 morts dont 5 prisonniers, il faut dire que quel que soit leur nombre, ces Camerounais qui sont tombés en ce jour de commémoration de la date de la réunification officielle des parties anglophone et francophone du pays, sont à considérer comme des martyrs de la justice sociale. Ils auront versé leur sang pour une cause dont l'origine est le fait de la rançon de la mauvaise gouvernance.

En effet, les velléités sécessionnistes de cette partie du Cameroun ne sont pas le fait d'une génération spontanée. Elles ne sont pas non plus le fait de terroristes comme le martèlent les autorités camerounaises, n'en déplaise à Issa Tchiroma-Bakary, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

Ces velléités sécessionnistes sont plutôt les conséquences de la gouvernance de Paul Biya. Avant lui, Amadou Ahidjo gouvernait certes d'une main de fer le Cameroun, mais il avait quand même le mérite, si l'on peut l'appeler ainsi, de tirer économiquement et socialement le pays vers le haut. Sous Paul Biya, non seulement les Camerounais tirent le diable par la queue, mais ils sont aussi victimes du fait que Paul Biya et les siens administrent le pays comme leur champ de manioc.

Et les camerounais qui en souffrent le plus dans leur chair, sont incontestablement ceux des régions anglophones. Ostracisés, méprisés à outrance et placés dans une situation où ils ne peuvent pas exprimer politiquement leurs frustrations sans courir le risque d'être réprimés dans le sang, ces Camerounais des zones anglophones ne se voient laissé d'autre choix par Paul Biya que celui de la légitime défense. Derrière donc les revendications d'ordre linguistique, se cache un ras-le-bol des populations anglophones vis-à-vis des excès du pouvoir central.

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