4 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: Affaire passeport - Une épée de Damoclès sur la tête de She Okitundu

Le vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères répond ce mercredi aux préoccupations des députés nationaux sur la brûlante question d'invalidation des passeports semi-biométriques.

Lors des débats lundi, les élus du peuple, de la Majorité comme de l'Opposition, ont unanimement exigé le retrait pur et simple de cette décision impopulaire malgré les mesures d'assouplissement. Le vice-Premier ministre des Affaires étrangères, qui est loin de retirer sa décision, risque d'écoper d'une motion de défiance. Visiblement, une épée de Damoclès est suspendue sur la tête de She Okitundu.

Les députés nationaux attendent de pied ferme à l'Assemblée nationale le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.Léonard She Okitundu doit présenter ce mercredi 4 octobre ses éléments de réponses en rapport avec la question orale du député Juvénal Munobo portant sur l'invalidation des passeports semi-biométriques. Le lundi 2 octobre, après les questions des élus du peuple, la séance a été reportée à ce mercredi.

Le vice-Premier ministre devra donc s'adresser aux députés et dire s'il va rapporter sa décision portant invalidation des passeports semi-biométriques ou s'il va l'assouplir davantage. En réaction aux plaintes de la population, le président de la République, selon les dires de She Okitundu, a instruit que la date d'invalidation de ces passeports soit prorogée jusqu'au 14 janvier 2018. Et que les détenteurs des passeports semi-biométriques valides jusqu'en 2019 et 2020 peuvent payer un forfait de 100 USD pour obtenir les passeports biométriques au lieu du prix comptant de 185 USD.

Malgré ces mesures d'assouplissement, la majorité des députés, toutes tendances politiques confondues, ont exigé le retrait pur et simple de cette décision qui est nuisible à tout point de vue. Tour à tour, les élus du peuple ont balayé d'un revers de la main tous les faux arguments avancés par le VPM en charge des Affaires étrangères pour justifier cette décision qui n'a jamais été discutée en conseil des ministres, ni un arrêté ou un décret. Les députés ont rappelé à She Okitundu que les membres du gouvernement agissent soit par arrêté, soit par décret. Ce qui n'est pas le cas avec le communiqué administratif que le vice-ministre des Affaires a signé le 15 septembre dernier.

Tout aussi, la décision du ministère congolais des Affaires étrangères a été taclée par la délégation de l'Union européenne. Dans son communiqué du 27 septembre dernier, L'Union européenne a dit clairement que les passeports semi-biométriques ont toujours cours légal au sein de 28 pays membres. Dès lors, l'UE était visiblement embarrassée par la décision d'un membre du gouvernement congolais de les invalider, ce qui est même contre la règlementation de l'Organisation internationale de l'aviation civile (OACI).

Pour autant, le ministère des Affaires étrangères doit aujourd'hui donner sa position sur cette question après toutes les remarques formulées aussi bien par les députés nationaux que par les partenaires extérieurs dont l'Union européenne. Si la raison devrait l'emporter sur les considérations d'ordre lucratif, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères devra retirer sa mesure qui nuit à des milliers d'étudiants congolais à l'étranger non sans compter les compatriotes malades en soins à l'extérieur du pays.

En maintenant sa mesure, le ministère des Affaires étrangères va causer des désagréments à plusieurs compatriotes détenteurs des visas long séjour sur des passeports semi-biométriques. Les détenteurs de ces passeports doivent payer les frais des services consulaires pour obtenir de nouveaux visas mais aussi débourser de l'argent pour acquérir le nouveau passeport biométrique.

Vers une motion de défiance ?

C'est au regard de tous ces désagréments causés à de pauvres citoyens que les députés nationaux ne comptent pas cautionner cette décision du ministère des Affaires étrangères. Des indiscrétions révèlent que si cette décision n'est pas retirée, la question orale sera transformée en motion de défiance contre le vice-Premier ministre et ministres des Affaires étrangères. Or, beaucoup de députés de la Majorité présidentielle sont contre l'invalidation des passeports semi-biométriques. Donc, She Okitundu doit vraiment mesurer ses chances de survivre à une motion de défiance en ce moment où l'incertitude bat son plein à la suite de la crise politique en RDC.

Les députés de la Majorité présidentielle vont-ils vraiment sauver la tête de She Okitundu en cas d'une motion de défiance ? Quel intérêt la MP a à aller jusqu'à un vote d'une motion de défiance pour sauver un membre du gouvernement dont la décision n'est en fait qu'une bourde contre la nation congolaise ? Si famille du chef de l'Etat doit soutenir cette mesure alors qu'elle est décriée pour toute une nation, elle ne pourra que davantage alimenter le désaveu qui s'accroît avec la grogne sociale dans plusieurs institutions publiques et cette incertitude dans la tenue d'élections dans un délai court.

A tout point de vue, une épée de Damoclès est suspendue sur la tête du vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères, sur sa famille politique (MP).

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