4 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: L'ouverture de l'actionnariat de SEP CONGO aux privés - Bradage programmé d'une entreprise de l'Etat

La société SEP CONGO SA (Services des entreprises pétrolières congolaises, SEP CONGO) traverse une zone de très forte turbulence. Elle fait face aujourd'hui à une grave crise financière voulue, à la suite de la libéralisation de ses activités pétrolières.

La société n'a pas su s'adapter à temps, conséquence : la plupart des pétroliers privés à l'Est et au Sud du pays se sont détournés de SE CONGO et ont préféré mettre leurs produits dans des entrepôts autres que ceux de SEP CONGO. Et finalement, ils ont trouvé des conditions acceptables chez ces entrepositaires auprès de qui ils ont fait garder leurs produits pétroliers.

Ce qui étonne dans ce dossier est que ces conditions ont fini par intéresser les actionnaires privés de SEP CONGO qui, eux aussi, ont commencé à recourir au service de ces entrepôts et des transporteurs tiers au détriment de la société dont ils sont censés défendre les intérêts.

De plus, ces actionnaires privés se permettent même, depuis un certain temps, de faire eux-mêmes concurrence déloyale à SEP CONGO en exerçant les mêmes activités que celles de SEP CONGO, notamment l'entreposage, le transport et la livraison alors que c'est le but pour lequel ils ont participé à côté de l'Etat congolais à la création de cette entreprise. En conséquence, ils empêchent à SEP CONGO de mettre en application une disposition des statuts lui permettant d'importer et de commercialiser les produits pétroliers. Et pourtant, l'application de cette disposition permettrait à SEP CONGO de réaliser des bénéfices substantiels, gage de sa survie.

La duplicité des actionnaires privés est aujourd'hui la base de la fragilisation de la trésorerie de SEP CONGO. De ce fait, l'entreprise a perdu d'importantes parts des marchés au Sud et à l'Est du pays à cause de la concurrence déloyale et de la fraude dues au bradage des prix en violation de la structure des prix. Mais, il convient de noter, à ce sujet, que le management privé ne fait rien pour récupérer concrètement ces marchés. A bien scruter leurs faits et geste, l'intention des actionnaires privés est de faire disparaître SEP CONGO. Sinon comment s'explique-t-on que les actionnaires privés qui, en réalité, sont les clients de SEP CONGO, trouvent leurs comptes dans ce bradage des prix en recourant au service des transporteurs et entrepositaires incriminés. C'est pour ainsi dire que pour mieux bénéficier de ces avantages, il faut pousser l'entreprise à renoncer à ses activités dans les parties Est et Sud du pays.

L'autre dossier qui fâche de cette affaire, c'est celui de la rémunération de SEP CONGO dans la structure des prix des carburants qui ne lui permet plus de couvrir les charges du personnel et d'exploitation. Et, s'agissant de la charge du personnel, elle a atteint plus de 55% au détriment des charges d'exploitation.

Suppression des emplois

Pour cela, on propose de supprimer les emplois pour sous-traiter à des tiers, de revoir à la baisse les avantages des agents et d'encourager les agents aux départs à la retraite anticipée. Mais personne n'ose s'exprimer sur les avantages du personnel expatrié à SEP CONGO qui coûte énormément cher à la société. Par avantages des expatriés, il faut entendre leurs salaires, leurs logements, leurs voyages, leurs soins médicaux, leurs transports, leurs divertissements, la prise en charge des études de leurs enfants, la prise en charge de leurs animaux de compagnie, etc.

A eux seuls, ils coûtent annuellement des millions d'euros à la société. A cela s'ajoute la prise en charge par SEP CONGO du transport, du protocole, du logement et du séjour des assistants techniques expatriés et même des administrateurs expatriés de certains actionnaires privés. Ce sont ces millions d'euros qui font que la charge du personnel soit supérieure à la charge d'exploitation. Ceci appelle une étude sur laquelle les experts auraient dû se pencher pour clarifier les choses.

Au sujet des charges, il convient aussi de mentionner des millions d'euros que les actionnaires privés taxent à SEP CONGO pour la location des infrastructures. Comment pouvez-vous comprendre que, dans le complexe à l'Ouest, les bureaux, les habitations et dépôts qui, en fait, sont les accessoires des pipelines de Matadi à Kinshasa en passant par les usines de pompage de Lufu, Lukala, Inkisi et Masina soient indistinctement loués à SEP CONGO par ces actionnaires privés ? Il existe donc un loyer pour les habitations, un loyer pour les bureaux, un loyer pour les dépôts et un loyer pour les pipelines. En réalité, la location des pipelines devrait couvrir à elle seule tous les accessoires. Cet émiettement des loyers profite à ces actionnaires au détriment de SEP CONGO et est illicite.

Entre-temps, un séminaire sur l'avenir de SEP CONGO, tenu en juin dernier sans la présence de la délégation syndicale censé représenter le personnel à de telles assises, a ouvert grandement la voie au bradage de SEP CONGO en vue de la sa liquidation totale à moyen terme. L'action ne s'arrête pas en chemin, car une réunion d'évaluation est prévue ce jeudi 4 octobre pour décider du sort de l'entreprise, apprend-t-on des sources bien au fait du dossier.

Congo-Kinshasa

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