3 Octobre 2017

Burkina Faso: Société des mines de Bélahouro - Les travailleurs en chômage technique crient à l'injustice

Des travailleurs en chômage technique de la Société des mines de Bélahouro ont animé une conférence de presse, le mardi 3 octobre 2017, à Ouagadougou pour réclamer leur dû.

La crise persiste toujours au sein de la Société des mines de Bélahouro (SMB-Inata) et les activités de l'entreprise minière sont à l'arrêt. Après le licenciement de centaines de personnes en 2014 qui ont réclamé à cor et à cri leurs droits, ce sont près de six cents travailleurs permanents en chômage technique, depuis cinq mois, qui revendiquent leur dû.

Réunis autour d'un comité de crise et affiliés à la Confédération nationale des travailleurs du Burkina (CNTB), des responsables de ces chômeurs techniques ont animé une conférence de presse, le mardi 3 octobre 2017, à Ouagadougou.

Ils ont, au cours de la rencontre, réclamé les arriérés de salaire des cinq mois, souhaité la reprise des activités de la mine et au cas échéant, la clarification du sort qui leur est réservé par leur employeur. Ils se sont aussi insurgés contre la procédure de mise en chômage technique. Selon leur porte-parole, Seydou Tamboura, leur amertume a débuté le 8 mai 2017.

A leur grand étonnement, a-t-il expliqué, ils ont été mis dans cette situation ‘'illégale" de trois mois, renouvelée le 7 août dernier pour trois autres mois, sans mesures d'accompagnement. «Ce chômage technique qui nous a été notifié par le directeur général à travers sa note de service, nous le contestons, nous le jugeons illégal pour vice de procédure», a-t-il martelé.

Seydou Tamboura a souligné que ce face à face avec les médias a pour objectif de prendre à témoin l'opinion publique nationale et internationale sur la gravité de la situation. «Au regard de la situation qui prévaut au sein de la SMB-Inata, rendant précaire la vie des employés, nous sommes dans l'obligation d'interpeller les autorités burkinabè», a-t-il déclaré.

Pour le Secrétaire général adjoint (SGA) de la Confédération nationale des travailleurs du Burkina (CNTB), Sié Justin Palé, le chômage technique suit une procédure avec au préalable des échanges avec les délégués du personnel pour définir les modalités d'application. Les ‘'infortunés" de la SMB-Inata méritent d'être soutenus, car, a-t-il affirmé, la situation qu'ils vivent est inexplicable et incompréhensible dans un Etat de droit.

«Normalement, en temps de chômage technique, les travailleurs doivent percevoir au moins 30% de leur salaire pour survivre », a-t-il rappelé. Mais quelles sont les raisons avancées par les responsables de la mine ?

A cette préoccupation de la presse, les conférenciers ont laissé entendre qu'elles sont économiques et non convaincantes.

Le porte-parole des travailleurs en veut pour preuve, les ‘'milliards parlants" en termes de bénéfices nets de la SMB-Inata de plus de 51 milliards de FCFA en 2011, plus de 33 milliards en 2012, plus de 3 milliards en 2013 et 2014, près de 5 milliards en 2015 et plus de 11 milliards en 2016.

Vers un licenciement

Toutefois dans leur souci de trouver une solution à leur problème, les travailleurs de la SMB-Inata, ont entamé le 10 mai 2017, des démarches de conciliation.

A entendre leur représentant, une séance de discussion a eu lieu à la Direction générale du travail (DGT) du ministère en charge de la fonction publique en présence du Syndicat autonome des mines et des carrières du Burkina (SYNAMICAB) et de la CNTB.

«Nous avons ensuite saisi l'inspection du travail du Centre et des procès-verbaux de non conciliation sont en cours de signature en vue d'une poursuite judiciaire », a ajouté le porte-voix, Tamboura. Les travailleurs ont également confié avoir eu des rencontres avec leur employeur, mais les discussions déjà menées augurent des lendemains sombres.

Ils ont ainsi demandé à défaut d'un calendrier clair de reprise de leurs activités, la notification de leur licenciement. Si toutes les voies de recours sont épuisées, a fait savoir M. Tamboura, des sit-in et grèves vont être leurs prochains recours.

En attendant, les employés (près de mille y compris les entreprises de sous-traitance) en chômage technique entendent saisir le Bureau international de travail (BIT) dans une logique toujours de rentrer en possession de près de 3 milliards 500 milles FCFA au total.

Ils fondent leur espoir sur les récents engagements de l'Etat à accompagner les sociétés minières. Ils devraient rencontrer après leur conférence de presse, le ministre en charge des mines.

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