3 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: Fraude, contrebande et corruption - Economie - Tshibala menace de taper fort !

Décidément, il est sorti de ses réserves, depuis sa nomination en avril 2017 et son investiture en mai 2017, à la tête du nouveau Gouvernement. Bruno Tshibala Nzenzhe veut, désormais, prendre le taureau par les cornes.

Hier, en effet, alors qu'il inaugurait la série de conférences de presse, en plein air, dans les Jardins des Premiers, derrière la Primature, à la Gombe, l'on a noté, particulièrement, sa détermination à vouloir en découdre avec la fraude, la corruption, la concussion, la contrebande ou les réseaux maffieux qui, à son avis, gangrènent, depuis des lustres, l'économie congolaise jusqu'au point d'étouffer son essor merveilleux. Et, pourtant, le social en souffre énormément, pendant que l'organisation des élections qui, fondamentalement, est l'un des défis majeurs de son gouvernement, exige des moyens colossaux. Par où commencera-t-il ses actions ? Comment va-t-il s'y prendre ? Dans tous les cas, Tshibala, en tant que Premier Ministre, est revenu sur ses engagements de doter la CENI de tous les moyens, pour la tenue des élections, après l'évaluation tripartite : "CENI-CNSA-Gouvernement", aura été faite et qu'un calendrier sera publié, conformément à l'Accord de la Saint Sylvestre.

Bruno Tshibala Nzenzhe promet, en tout cas, d'appliquer les vingt-huit mesures urgentes pour la collecte des recettes en vue du redressement de la situation socio-économique du pays. Il brandit également la menace de sévir contre tous les contrevenants impénitents qui tenteraient, par n'importe quel jeu, de ramer à contre-courant de tous les efforts ainsi engagés. Nombreux des ceux qui seront attrapés, la main dans le sac, seront jetés, non pas à Makala mais, à la prison de Luzumu, aux confins du Kongo Central, prévient-il. Car, trop, c'en est trop !

Finalement, il aura pris toute la mesure de ses responsabilités, plusieurs mois après sa montée en puissance à l'Hôtel du Gouvernement.

Tshibala Zenzhe, l'homme à qui d'aucuns promettaient la foudre et l'eschatologie du grand soir, est bien debout. Il se dit déterminé à combattre sans la moindre concession, la maffia sous toutes ses facettes. Il veut ainsi mettre fin à la fraude, à la contrebande ainsi qu'à tous les crimes qui, depuis longtemps, n'ont cessé de promener leur orgueil dans les filières de l'économie nationale.

A la clé, puisqu'à son avis, l'avenir du pays est plus que rassurant, il en appelle à l'implication, en amont, des fonctionnaires et agents de l'Etat pour qu'en aval, le Gouvernement soit en mesure de répondre à leurs exigences en termes de paiement des salaires.

Vulgarisation

Ainsi, s'est-il engagé, lors de cette première sortie d'hier mardi 3 octobre et qui, au fait, lui a permis d'associer les médias à cette lutte titanesque, à appliquer, sans ambages, les vingt-huit mesures urgentes adoptées par le Gouvernement, depuis 11 août 2017. Bruno Tshibala rappelle que plusieurs mois avant son arrivée à la Primature, le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, avait déjà créé un Comité de Pilotage dont la mission spéciale consistait, justement, à étudier en profondeur comment maximiser la mobilisation des recettes et dans quelles mesures, il fallait en venir à bout de la fraude fiscale et douanière, des exportations et importations illégales.

L'idée maîtresse visait, à brève échéance, à procéder à la stabilisation, à la relance et à la diversification de l'économie. Mais, la mise en œuvre effective de ces vingt-huit mesures devrait, pour la réussite, être réalisation par étape.

Aujourd'hui, ce Comité de Pilotage, après avoir sillonné l'ensemble du territoire national, a formulé des recommandations que le Gouvernement s'évertuera à traduire dans les faits.

Actes réglementaires

C'est dans ce cadre précis qu'une série d'actes réglementaires et légaux sous forme d'arrêtés ou des notes circulaires, ont été pris et entérinés au Conseil des Ministres de ce vendredi 29 septembre 2017.

Voilà pourquoi Tshibala estime que l'heure est donc arrivée, pour lui et ses ministres, de lancer la campagne de vulgarisation de ces mesures verticales et horizontales dont la plupart s'articulent, essentiellement, autour des axes, ci-après : la suppression des points de contrôle illégaux, l'interdiction de certaines taxes et redevances inutiles, l'introduction d'un bulletin de certification dans les circuits d'exportation et d'importation de certains produits, le respect de l'ordre opérationnel, la création d'un numéro vert ainsi que des sanctions exemplaires, pour tous les tous les fossoyeurs de l'économie nationale.

Au mois de novembre prochain, l'évaluation sera faite, pour apprécier, de manière concrète, l'efficacité de toutes ces mesures.

Déjà, tout en sachant qu'il y a des facteurs exogènes à l'origine de tous ces dysfonctionnements ou distorsions dans les circuits économiques, même si, aujourd'hui, il a été observé une légère amélioration des recettes à la suite de l'augmentation des cours des matières premières, Bruno Tshibala pense que les efforts internes demeurent, à tout le moins, nécessaires.

De la sorte, une nouvelle batterie d'autres mesures drastiques seront annoncées, le moment venu, pour sortir le pays du marasme économique.

Les fonctionnaires, les opérateurs économiques ainsi que tous les intervenants sont invités à accompagner le gouvernement, dans ses pas vers le redressement.

Effets induits

Depuis près de deux mois, fait remarquer le Premier Ministre, des effets induits de ces mesures sont perceptibles. La santé du Franc congolais reprend, peu à peu. Même si les recettes peinent encore à retrouver leur fluidité, la trajectoire est tracée tant que les efforts seront menés, pour y arriver.

Enfin, l'appel de Tshibala à la nation congolaise est tel qu'il l'invite à soutenir la vision du Chef de l'Etat, Joseph Kabila et le travail de son Gouvernement. Chacun des ministres, invités pour la circonstance, a pu ajouter quelques mots à la prestation du Premier Ministre.

Ainsi, Henri Yav Mulang des Finances, Modeste Bahati du Plan, Jean-Lucien Bussa Tongba du Commerce Extérieur, Pierre Kangudia du Budget, Joseph Kapika de l'Economie ont-ils, tour à tour, donné des explications supplémentaires pour démontrer combien le gouvernement ira jusqu'au bout de sa logique.

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