4 Octobre 2017

Burkina Faso: Implantation d'un maquis dans un espace vert - La mairie saccage, le propriétaire exige réparation

Suite au saccage de son maquis dénommé Zems-taaba par des agents de la police municipale de Koudougou sur instruction de l'autorité communale, Bérimtaoré Basile Yaméogo, propriétaire dudit maquis, situé en face de la Cité des Forces vives au secteur 4, a donné une conférence de presse mercredi 4 octobre. Il dit vouloir prendre l'opinion publique à témoin de ce qu'il appelle une injustice qu'il a subie et exige que la mairie le dédommage pour les biens détruits.

C'est un Bérimtaoré Basile Yaméogo très en colère que nous avons rencontré ce mercredi 4 octobre 2017 au cours du point de presse. Celui-ci s'est tenu sur les ruines de son maquis qu'il avait implanté au milieu du triangle formé par la Nationale 14 et la route qui mène au village de Villy. Pour lui c'est une injustice qu'il vient de vivre.

Les faits remontent au 30 août 2017 quand Bérimtaoré Basile Yaméogo, le propriétaire du maquis Zemstaaba, a fait parvenir une lettre au maire de la commune de Koudougou, Maurice Mocktar Zongo, lui demandant l'occupation d'un espace vert situé au secteur 4, juste en face de la Cité des Forces vives.

Le maire n'ayant pas donné de suite favorable à cette requête, il lui a intimé l'ordre, à travers une lettre en date du vendredi 29 septembre 2017, de prendre toutes les dispositions afin de libérer le lopin de terre sous 72 heures, soit le 2 octobre 2017 au plus tard.

Ce même jour, c'est-à-dire le 29 septembre, dans une seconde lettre adressée au maire de Koudougou, Bérimtaoré Yaméogo demandait une prolongation du délai de trois mois pour lui permettre de trouver un autre coin où déménager son maquis et continuer son activité. Une lettre qui ne connaîtra jamais de réponse, ni écrite ni orale, à en croire notre interlocuteur.

Car, selon le conférencier, à sa grande surprise, dans la nuit du lundi 2 au mardi 3 octobre 2017, aux enivrions de 4h du matin, il a été étonné de voir son investissement saccagé et pillé, selon ses propres dires, par des agents de la police municipale de Koudougou et des jeunes convoyés sur les lieux. "J'ai vu des jeunes s'enfuir dans les ténèbres avec des sacs de riz et d'autres biens", soutient-il.

« J'y ai investi toute ma fortune et j'attends qu'on me dédommage »

M. Yaméogo nous a également confié que depuis les quatre mois qu'il occupe le lieu, la mairie ne l'avait jamais interpellé sur le caractère illégal ou inapproprié de sa présence. Il a poursuivi que c'est dans le but de mettre l'espace en valeur qu'il avait entrepris d'y installer son maquis, car cela contribuait au développement de la commune. "Ce lieu était envahi par la broussaille. Nous avons dû désherber et assainir le coin avant de nous y implanter. L'existence de ce maquis rend énormément de services aux habitants de la Cité, aux riverains et aux usagers de la route. Des jeunes travaillent ici et arrivent à subvenir à leurs besoins. Nous ne comprenons pas que, pendant que l'on prône l'entrepreneuriat et l'autoemploi, on empêche des citoyens de rentabiliser de tels espaces. Nous ne faisons pas de nuisances sonores et personne ne s'est jamais plaint de notre investissement. Au contraire, des riverains nous ont félicités et confié que nous instaurons un climat de sécurité dans les parages", témoigne, pour sa part, le gérant du maquis, Jean Kiendrébéogo.

A la question de savoir quelle est la valeur du matériel saccagé, Bérimtaoré Basile Yaméogo affirme qu'il a demandé à la gendarmerie, qui s'est rendue sur les lieux, de faire la médiation, de faire les constats d'usage. Cependant, il dit ignorer si la gendarmerie le fera. Toutefois, les gendarmes, toujours à sa demande, auraient fait des photos de tous les dégâts causés. Il a indiqué qu'il ferait appel à un huissier de justice afin qu'il estime l'ampleur des dégâts. Le promoteur du maquis Zems-taaba ne cache pas sa volonté de se faire dédommager par la mairie. "C'est toute ma fortune que j'ai investie dans ce maquis, et aujourd'hui je me vois entièrement dépossédé. J'invite le maire à me dédommager dans les plus brefs délais, car c'était à travers cette activité que j'arrivais à m'occuper de ma famille", dit-il intransigeant. Il prévient que si rien n'est fait dans ce sens, il utilisera tous les moyens en sa possession pour arriver à ses fins. Quels moyens ? Il nous dira d'attendre pour voir. Nous avons été informé que, hier dans la soirée, le maire a rencontré, sur son initiative, le plaignant Bérimtaoré Yaméogo. Il nous est revenu que même si les positions sont toujours antagonistes, le ton et la tension ont fortement baissé.

«L'occupation est anarchique et dangereuse »

Mocktar Maurice Zongo, maire de Koudougou

"Les faits dont il s'agit ici concernent une occupation illégale de l'espace en face de la Cité des Forces vives. C'est vrai, nous avons reçu une demande datée du 14 septembre 2017 signée par M. Yaméogo Bérim-Taoré Basile, sollicitant une autorisation d'occupation de l'espace vert qui est situé en face de la Cité des Forces vives du secteur 4. Nous avons traité le dossier et lui avons adressé une correspondance en guise de réponse le 22 septembre pour lui signifier l'occupation illégale de l'espace en question en lui intimant de prendre les dispositions utiles pour libérer l'espace illégalement occupé le lundi 02 octobre 2017, délai de rigueur. Quand il a reçu la correspondance, il s'est présenté à mon bureau le vendredi 29 septembre 2017. Devant témoin, il a dit que personne à Koudougou ne peut l'empêcher d'occuper l'espace ; ensuite il a menacé d'attirer la foudre sur nous. Nous l'avons écouté et nous l'avons raccompagné hors de nos bureaux. C'est par la suite que nous avons constaté qu'il a déposé une demande pour nous suggérer de lui accorder trois mois pour poursuivre son activité avant de quitter l'espace en question. Nous lui avons signifié qu'il est hors de question parce que c'est un espace illégalement occupé et parce que c'est une zone dangereuse pour ses clients de par sa situation. Cependant, à l'expiration de l'ultimatum, nous avons constaté que l'intéressé n'a pas obtempéré et nous avons pris les dispositions le mardi 03 septembre au matin pour faire cesser l'occupation illégale de l'espace. Je tiens à préciser que l'intéressé a occupé l'espace pendant plusieurs mois sans se référer à la mairie d'abord et ensuite il prétend qu'il est le propriétaire terrien de la zone là-bas et il sous-loue l'espace à quelqu'un d'autre qui exploite la buvette. Le conseil municipal ne va pas tolérer l'anarchie dans la commune. Nous ne sommes pas contre le développement des entreprises privées, mais nous souhaitons que tout se passe dans la légalité et surtout dans un développement harmonieux de la ville. Nous n'allons pas permettre que des individus se comportent en hors-la-loi. Du reste, ce n'est pas la première fois que nous menons ce genre d'actions. Au secteur 9, en suivant la procédure, nous avons fait cesser une occupation illégale d'une de nos réserves qui était occupée depuis plus de trois ans. Il faut que les citoyens accompagnent la mairie pour que nous puissions tous travailler dans la légalité et que nous puissions accompagner les uns et les autres dans leurs initiatives privées.

Concernant sa demande de lui accorder un délai de trois mois, étant donné que nous avions constaté l'occupation illégale, si nous accédions à cette requête et que dans cet intervalle il survenait un évènement malheureux, la première personne à être considérée comme responsable serait le maire. Quand quelqu'un agit en hors-la-loi, il faut le traiter comme tel. Concernant sa demande de branchement électrique, est-ce qu'on peut être installé anarchiquement sur un terrain et demander un branchement électrique ? Devant l'autorité, il a soutenu que sa demande n'avait pas pour objet d'obtenir la régularisation de son occupation, mais de solliciter un branchement électrique. S'il estime que la mairie a endommagé ses biens, que la mairie n'a pas agi légalement, je pense qu'il connaît les voies de recours possibles. Les tribunaux administratifs sont là pour connaître de ce genre de questions. Nous sommes arrivés sur les lieux à 5h du matin, quand il a été informé de l'opération de déguerpissement, il est sorti accompagné de jeunes armés de machettes, en brandissant un bidon d'essence et a menacé d'incendier les véhicules de la mairie. Nous avons fait venir en renfort des forces de sécurité pour le raisonner afin qu'ensemble nous puissions faire observer la légalité. Contrairement à ce qui se dit, cette action ne vise pas à favoriser une autre installation. Ce sont des propos qui visent à semer la discorde. Cet espace, qui est en face de la résidence officielle du Président du Faso, ne peut être occupé pour ce genre d'activités. Concernant l'heure de notre intervention, elle a été choisie pour éviter les attroupements et les débordements.

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