5 Octobre 2017

Burundi: #Twenga, vraiment ?

« La commission est en mesure de confirmer la persistance d'exécutions extrajudiciaires, d'arrestations et de détentions arbitraires, de disparitions forcées, de tortures et traitements cruels, inhumains ou dégradants et de violences sexuelles depuis 2015 au Burundi. ».

Ces accusations sont très graves et il n'y a vraiment pas de quoi se taper le cul par terre, comme nous le suggère le hashtag #Twenga (#riez). Voici le coup de gueule de notre contributrice Lylia Ndayizeye.

Bêtement, en voyant ce hashtag, je m'attendais à rire. Je ricanais en me disant : « Tiens donc, la politique va-t-elle cesser enfin de nous faire rire jaune ? » Allons, un peu de sérieux! #Twenga, veut dire : réjouis-toi des derniers projets de développement pour le pays. « Prends ça dans la tronche petite impertinente, toi qui penses qu'on est bon à rien. »

Je pensais à ça. Et j'espérais alors, naïvement voir sur tous les comptes Twitter des communicants du pouvoir, des merveilles de réformes, des projets à foison, en agriculture, en infrastructures, en éducation, en santé...

Il doit y en avoir quand même. Je faillis m'étouffer avec mon morceau de pain, quand je découvris qu'il s'agissait en fait de se « foutre de la gueule » du conseil des droits de l'Homme au Nations Unies et ses résolutions à la mords-moi le nœud.

#Twenga, vraiment? Alors qu'on parle de 800 à 1200 disparus depuis avril 2015 ? À moins que l'on me dise que toutes ces personnes font face à la crise de la trentaine, et qu'ils sont donc partis de leur plein gré sans laisser de traces.

Que Boris, Jasper, Alexis, Valentin, Jean, Adelin et tous les autres, à force d'écouter du Michel Sardou (mes chers parents je pars... ), ou du Maitre Gym's (Je m'tire... ) ont coupé les ponts avec leurs familles, pour refaire leurs vies ailleurs. Que la quarantaine de martyrs de Kamanyola ont passé l'arme à gauche dans un suicide collectif. #Twenga, non mais je vous jure, il n'y a vraiment pas de quoi rire!

Car voyez-vous, nous dit justement Amin Maalouf : « Le sentiment de peur ou d'insécurité n'obéit pas toujours à des considérations rationnelles, il arrive qu'il soit exagéré et même paranoïaque; mais à partir du moment où une population a peur, c'est la réalité de la peur qui doit être prise en considération plus que la réalité de la menace.»

J'eus froid au dos en lisant : « Pourquoi ouvrir des enquêtes aujourd'hui, alors que des crises, des massacres, des disparus, existent depuis 1972, 1988, 1993 ? ». Aaaah! Puisque rien n'a été fait auparavant, autant continuer alors? Et surtout, ne chialez pas vos morts! #Twenga, riez!

Burundi

2 ans après l'attaque contre les camps militaires

Le lendemain des attaques, près de trois cents jeunes avaient été arrêtés, certains… Plus »

Copyright © 2017 YAGA. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.