5 Octobre 2017

Cameroun: Affaire Mgr Bala - Réouverture de la cathédrale de Bafia ce vendredi

Suite à la profanation de la tombe de Mgr Jean-Marie Benoît Bala, l'autel et la cathèdre ayant entrainé la fermeture de la chapèle symbolisant le siège épiscopal de ce diocèse, l'administrateur apostolique, Mgr Abraham Kome y célèbre un rite de purification vendredi, 06 octobre 2017.

La nouvelle a été rendue publique par le curé de la cathédrale Saint Sébastien de Bafia, l'abbé Jean Aimé Amougou Mbah, le 29 septembre 2017. Sous la forme d'une note circulaire adressée aux curés et au «peuple de Dieu des paroisses de Bafia et des environs ». D'après la correspondance dont Repères a obtenu copie, «le rite de purification, de réparation et de réouverture de notre église mère», débutera à 15h. Le curé signataire du document l'introduit par un rappel : «La cathédrale saint Sébastien de Bafia, église-mère de notre diocèse a été profanée, en même temps que la tombe de Mgr Jean-Marie Benoit Bala qui s'y trouve par du sang découvert au matin du 28 août 2017».

D'après l'abbé Jean Aimé Amougou, c'est cette situation qui a conduit à la fermeture de cette chapelle, au culte et autres actes liturgiques, dans l'attente d'un rite de purification et de réparation de «cette insulte faite à notre foi, conformément au droit de l'Eglise». Depuis lors, les fidèles étaient dans la prière. Raison pour laquelle, le modérateur général avait prescrit une neuvaine à l'Esprit saint et des actes pénitentiels sur la place et dans d'autres paroisses. Tous ces actes de recueillement sont d'ailleurs appelés à se poursuive jusqu'à la réouverture de vendredi prochain. D'ailleurs, en prélude au rituel proprement dit, les fidèles par zone pastorale sont conviés aux prières et pénitence dès 12h avec dans l'ordre, l'angélus, le chapelet aux mystères douloureux de la vie de Jésus Christ. A l'occasion, il est prévu un chemin de croix autour de la cathédrale ainsi que des prières de protection et de libération.

TRACES DE SANG

L'information relative à la profanation de la tombe du regretté Mgr Bala a été reprise par de nombreux médias camerounais au matin du 28 août 2017. Des femmes de ménages venues effectuer leur besogne quotidienne avaient découvert des traces de sang dans la cathédrale Saint Sébastien de Bafia, et sur la tombe de Mgr Jean-Marie Benoît Bala. Une boîte de bougies usagées et une gerbe de fleurs qui n'y étaient pas la veille avaient aussi été découvertes sur le sépulcre, qui semblait particulièrement visé par le sacrilège. Quelques heures après cette surprenante découverte, Mgr Sosthène Léopold Bayémi, évêque d'Obala, s'était rendu à Bafia au nom de Mgr Kome Abraham, évêque de Bafang et administrateur apostolique de Bafia. Le procureur de la République de Bafia était également descendu sur les lieux.

Selon le prélat, par ailleurs proche ami de Mgr Bala, «il y a eu un acte de profanation évident» à la cathédrale de Bafia, dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 août. Et d'ajouter que «des traces de sang ont été relevées dans la cathédrale». Mgr Sosthène Léopold Bayemi avait surtout précisé que «le lieu est fermé au culte public jusqu'à ce qu'il y ait lieu, un rite pénitentiel qui est prévu par le code et le rite liturgique de l'Église.» L'évêque d'Obala avait ensuite expliqué que c'est le code de droit canonique de l'église catholique qui définit le concept de «profanation».

Selon le Canon 1211, «les lieux sacrés sont profanés par des actions gravement injurieuses qui y sont commises au scandale des fidèles et qui, au jugement de l'ordinaire du lieu, sont si graves et contraires à la sainteté du lieu qu'il ne soit pas permis d'y célébrer le culte tant que l'injure n'a pas été réparée par le rite pénitentiel prévu par les livres liturgiques. »

MORT SUSPECTE

Porté disparu dans la nuit du 30 au 31 mai 2017, Mgr Bala est retrouvé mort flottant sur les eaux de la Sanaga (le plus long fleuve du Cameroun), au lieudit Tsang par Monatélé, chef-lieu du département de la Lékié, le 02 juin au matin. Le parquet général du Centre à Yaoundé va ouvrir une enquête pour mort suspecte. Le 13 juin, les évêques camerounais avaient publié une déclaration commune dans laquelle ils affirmaient que «Mgr Jean-Marie Benoît Bala ne s'est pas suicidé, il a été brutalement assassiné. »

Quelques jours après cette déclaration, un communiqué du procureur général en charge de l'enquête avait relancé la polémique. «La noyade est la cause la plus probable du décès de l'évêque », affirmait-il, s'appuyant sur une autopsie réalisée par des experts d'Interpol. Le 03 août, Mgr Jean-Marie Benoît Bala sera inhumé dans la cathédrale Saint Sébastien, deux mois après sa mort suspecte qui déchaîne toujours des polémiques.

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