5 Octobre 2017

Cameroun: Crise anglophone - Le calvaire des populations des deux rives du Moungo

Partir de Limbé, dans la région du Sud Ouest, pour la capitale économique, Douala, est un véritable parcours du combattant.

Il faut franchir plus de treize barrières de police, de gendarmerie et de l'armée. Ouf, enfin, je sors de cet enfer de la zone anglophone ! », s'écrie Isaac T, un commerçant pris au piège de la crise anglophone depuis vendredi dernier. Parti tôt de Limbé, l'une des villes de la région du Sud-Ouest, où il a passé trois jours de repos forcé, le jeune homme d'une trentaine d'années est arrivé à Douala, ce lundi 02 octobre 2017 vers 13h30.

Après avoir franchi toutes les barrières de police, de gendarmerie et de l'armée. Il a enfin rejoint la capitale économique, où il peut désormais vaquer à d'autres occupations. Isaac s'est en effet rendu à Limbé, vendredi dernier, aux premières heures de la matinée, pour y acheter du poisson fumé pour ses nombreux clients. Il ne sera de retour à Douala que 72h plus tard. « Quelle galère ! », déclare-t-il, se rappelant des moments difficiles qu'il aura passés dans cette région depuis le 29 septembre dernier.

Le jeune commerçant était loin de s'imaginer que des mesures fermes seraient prises par les autorités administratives, à quelques jours du 1er octobre 2017, jour anniversaire de la Réunification du Cameroun occidental et du Cameroun oriental. Mais aussi, un jour retenu par les leaders du mouvement sécessionnistes pour la proclamation de l'indépendance du Southern Cameroons, encore appelé « Ambazonia ». Le communiqué du gouverneur du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilaï, était pourtant explicite au sujet de la restriction des mouvements de personnes, dans cette partie du pays. A cause « des menaces de déstabilisation du Cameroun orchestrée depuis l'extérieur », le couvre-feu a été instauré dans toute la région, du vendredi 29 septembre 2017 dès 21h au lundi 02 octobre 2017 à 7h.

Sauf qu'après les trois jours de couvre-feu, la mesure n'était toujours pas levée lors de notre passage sur l'axe reliant Douala à Limbé, ce 02 octobre en fin de journée. Partir de Buéa, de Kumba ou de Limbé pour Douala, est désormais un véritable parcours du combattant.

Plus de 13 barrières de police, gendarmerie et de l'armée contribuent à rendre la circulation difficile. Alors que Limbe compte à elle seule trois postes de contrôle, Mutenguene en compte aussi trois, tandis que Tiko en a au moins quatre. Avant le pont sur le Moungo, en allant vers Douala, il faut encore franchir près de deux trois barrières de police.

Au niveau du pont du Moungo, l'armée a même installé une tente, avec deux ou trois soldats positionnés à chaque extrémité de cet ouvrage qui symbolise la réunification des deux Cameroun. Et après ce fameux pont, à quelques kilomètres de là, une imposante barrière contrôlée par des soldats de l'armée de terre vous accueille.

Et à chaque fois, il faut présenter ses pièces d'identité et ouvrir la malle arrière de son véhicule pour les vérifications d'usage. Sur le visage des militaires, policiers et gendarmes, de la fatigue. La journée du 1er octobre fût difficile. Face à des jeunes manifestants décidés à hisser le drapeau « ambazonien » à certains endroits stratégiques des principales villes des Régions du NordOuest et du Sud-Ouest.

Ce sont donc ces différentes barrières qu'Isaac T. a franchi, ce 02 octobre 2017, après trois jours désespéré- ment longs à Limbé. Arrivé à Douala, il respire à nouveau l'air de la liberté, remerciant le ciel de l'avoir sorti de « l'enfer de la zone anglophone ». Mais qu'en est-il de nos frères anglophones qui vivent dans cet « enfer » depuis 11 mois ?

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