5 Octobre 2017

Tunisie: L'impunité continue à sévir

En septembre dernier, le Comité des Nations unies contre la torture accuse la Tunisie d'avoir violé la Convention contre la torture, dans l'affaire dite de « Rached Jaïdane », et ce, en ne condamnant pas les tortionnaires.

Accusé de préparer un attentat contre le RCD (ancien parti au pouvoir) et condamné en 1996 lors d'un procès expéditif n'ayant duré que 45 minutes, Rached Jaïdane a, pendant son interrogatoire et son incarcération, subi différentes formes de torture : « Coups de poing, de pied et de matraque sur tout le corps, la tête et les organes génitaux, sévices sexuels, électrocutions, supplice de la baignoire, écrasement des doigts ».

En avril 2015 pourtant, les tortionnaires sont relaxés et la justice a considéré les faits comme « prescrits ». Aujourd'hui, Rached Jaïdane souffre encore des séquelles des traitements inhumains qu'il a subis. « Nous allons continuer à nous battre pour que les tortionnaires de M. Jaïdane soient condamnés », affirme Mokhtar Trifi.

La présidente de l'Omct note à cet égard que malgré des réformes significatives, la culture de l'impunité semble avoir la peau dure. « Le véritable test d'un processus de réforme accompli sera la fin de l'impunité. Assurer un accès effectif à la justice pour les victimes de torture n'est pas une option facultative. Nous espérons que l'engagement exprimé lors de nos rencontres avec le président de la République et le chef du gouvernement se traduira par des mesures claires et concrètes pour tenir responsables les auteurs d'actes de torture et mettre en place des mesures qui protègent les victimes contre toutes formes de représailles », peut-on lire dans la déclaration officielle du conseil exécutif de l'Omct.

En août dernier, 11 associations ont présenté leur rapport de suivi au Comité contre la torture des Nations unies, dans lequel ils exhortent les autorités tunisiennes à changer d'attitude face à la torture, tout en formulant un certain nombre de recommandations. Si la Tunisie s'est engagée à appliquer presque la totalité des mesures correctives, aucune action concrète n'a encore été menée. « Les autorités tunisiennes se sont engagées toutefois à ne plus recourir au test anal pour prouver l'homosexualité, nuance Mokhtar Trifi. A mon avis, cet article 230 devrait purement et simplement disparaître ». L'Omct s'est également prononcée contre le projet de loi réprimant les agressions contre les forces de l'ordre, le jugeant liberticide. « La législation actuelle garantit la protection des forces armées, d'ailleurs ces textes sont parfois utilisés de manière abusive », précise Mokhtar Trifi.

Tunisie

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