5 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: Vulgarisation de 28 mesures économiques - Une dérobade du Gouvernement

Le Premier ministre Bruno Tshibala a lancé mardi une campagne de sensibilisation de la population aux 28 mesures urgentes du gouvernement. L'Exécutif national voudrait que les Congolais s'approprient la mise en œuvre de ses mesures destinées à stabiliser et à relancer l'économie nationale.

Cette campagne de sensibilisation passe pour une distraction pure et simple. Le gouvernement cherche à se dérober de ses responsabilités. La mise en œuvre de la quasi-totalité de ces 28 mesures économiques relève de la volonté politique du gouvernement.

Le gouvernement appelle la population congolaise à s'approprier les 28 mesures d'urgence pour la stabilité et la relance de l'économie nationale. C'est au cours de la conférence de presse tenue le mardi 3 octobre que le Premier ministre, Bruno Tshibala, a lancé cette campagne.

Aux yeux des observateurs, cette campagne de vulgarisation des 28 mesures économiques passe comme une distraction pure et simple. L'on ne s'explique pas que le gouvernement mise sur l'appropriation de ces mesures par les Congolais pour juguler la faiblesse de l'économie de la RDC.

Rappelons que ces mesures ont été adoptées par le gouvernement Matata depuis le 26 janvier 2016. Mais, elles n'ont jamais été mises en œuvre par les différents gouvernements successifs.

Pourtant, à travers ces mesures, les objectifs poursuivis par le gouvernement dans la mise en œuvre de ces mesures d'urgence étaient d'accroître les recettes publiques et la résilience de l'économie nationale.

Plus spécifiquement, à travers ces mesures, l'Exécutif national cherche à installer la transparence, l'équité et la diversification dans le partenariat avec les sociétés minières ; éradiquer les tracasseries, la fuite des capitaux et la dilapidation des ressources du Trésor ; rationaliser la gestion du portefeuille de l'Etat ; attirer les capitaux en RDC grâce à la normalisation des rapports d'investissement dans un climat des affaires serein ; promouvoir et encourager le Partenariat public - Privé pour impliquer le secteur privé dans l'activité du gouvernement ; améliorer les infrastructures pour la circulation des hommes et des richesses et promouvoir l'électrification rurale pour un développement harmonieux et équilibré de l'ensemble du territoire national ; résorber le chômage, particulièrement celui des jeunes ; relancer le secteur du tourisme.

A l'analyse, tous ces objectifs sont du ressort des dirigeants. D'où vient l'idée d'une campagne de sensibilisation qui aiderait à la mise en œuvre de ces réformes du reste nécessaires à la relance de l'économie nationale.

Le Premier ministre se trompe complètement de cible. Ces mesures moisissent depuis plus de 20 mois dans les tiroirs des ministères sectoriels. Il est temps que le gouvernement prenne la mesure du danger qui guette l'économie congolaise et s'inscrive dans les actions susceptibles de booster l'économie.

Parmi les actions phares que Bruno Tshibala doit insuffler, il y a la réduction du train de vie de l'Etat, l'audit des contrats d'amodiation et des partenariats miniers, la rigueur dans l'octroi des exonérations et la réduction des taxes pour certains produits importés. L'économie congolaise est dépendante de l'industrie extractive.

Ce qui fait que quand il y a eu baisse des cours matières premières sur le marché international, l'économie congolaise a été sensiblement impactée. La RDC a vu son taux de croissance passé de 9,7% en 2014 à 6,7% en 2015 avant de chuter à 2,4% en 2016.

En 2017, la Banque centrale du Congo projette un taux de croissance de 3,1% en RDC. La relative relance économique résulte justement de la remontée des cours de principaux produits d'exportation de la RDC, notamment le cuivre, le cobalt et le pétrole.

Mais, le salut de la RDC résulte dans la diversification de son économie qui ne doit plus dépendre uniquement de l'extraction du cuivre, du cobalt et du pétrole. Le gouvernement doit investir dans l'agriculture et surtout le financement les millions de PME congolaises qui sont en quête des capitaux.

Une des 28 mesures préconise justement la création des banques spécialisées, notamment la banque agricole, la banque du crédit immobilier, la banque de développement des PME/PMI, du Fonds national d'investissements, la transformation du Fonds de promotion de l'industrie (FPI) en banque d'investissements industriels et la recapitalisation de la CADECO et de la SOFIDE.

A ce jour, le gouvernement n'a rien fait dans ce sens.

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