5 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: Alternance - Trump sous pression du Sénat

Photo: White House Video
Donald Trump, Président des Etats-Unis

Le Sénat américain attend voir le président Donald Trump prendre l'initiative d'amener les États-Unis à s'impliquer dans la résolution de la situation politique chaotique de la RDC.

Dans une correspondance adressée, le 3 octobre 2017 à ce dernier, sept sénateurs démocrates insistent sur la mise en œuvre de l'accord du 31 décembre et le départ du président Kabila afin de sortir la RDC du « chaos politique ». A Kinshasa, la pression du sénat surprend la MP en pleine campagne pour le référendum constitutionnel.

Le drame congolais est suivi de très près par les États-Unis. Des sénateurs américains, tous démocrates et membres du sous-comité sénatorial chargé de l'Afrique, poussent le président Donald Trump à inscrire dans la priorité de son agenda le dossier de la République démocratique du Congo.

Les sept sénateurs signataires de la correspondance datée du 3 octobre 2017 se disent préoccupés par le chaos politique aggravé par le refus du président Joseph Kabila de quitter le pouvoir au terme de son mandat expiré depuis le 19 décembre 2016.

« Nous sommes inquiets par la situation en République démocratique du Congo, et nous vous demandons de prendre toutes les mesures nécessaires face aux crises politique, sécuritaire et humanitaire grandissantes. Des exactions nombreuses ont déjà eu lieu dans ce pays », écrivent les sept sénateurs américains.

Aux termes de cette correspondance, rédigée en anglais, les signataires pointent d'un doigt accusateur le président Kabila. Selon ceux-ci, l'implication du président Trump s'impose afin de résoudre la crise en RDC.

Cela d'autant que la question de la crise en RDC a des implications sécuritaires qui concernent l'ensemble de l'Afrique et, par ricochet, la planète entière, en ce compris les États-Unis. Les sénateurs américains rappellent à cet effet le contexte d'une crise délibérément créée par le président Kabila et la majorité qui le soutient.

« Comme vous le savez, la décision prise par le président Kabila en 2016 de rester au pouvoir au-delà de son mandat constitutionnel a plongé le pays dans un chaos politique.

L'accord du 31 décembre signé entre la Majorité présidentielle et une coalition des partis d'opposition sous l'égide de la Conférence nationale épiscopale des évêques congolais, consistait à organiser les élections à la fin de cette année », indiquent les sénateurs américains.

Ils estiment que le président Kabila n'a pas montré sa bonne foi pour en faciliter la mise en œuvre, notamment en ce qui concerne la formation d'un gouvernement de transition inclusif, l'arrêt des poursuites contre des prisonniers politiques, la levée des mesures de fermeture des medias ainsi que le soutien à un Conseil (Cnsa) crédible et indépendant pour la mise en œuvre de l'accord.

Nikki Haley arrive

À Washington, le dossier congolais prend de plus en plus de l'ampleur. Si le président tarde toujours à nommer au sein de son administration un sous-secrétaire d'État en charge de l'Afrique, ce n'est pas pour autant qu'il méconnait les dossiers chauds qui menacent la stabilité du continent noir.

Dans son agenda, la RDC est en bonne place, compte tenu de sa position géostratégique au cœur de l'Afrique et surtout des effets collatéraux que pourrait avoir sa déstabilisation dans la sous-région fragile de l'Afrique centrale.

Donald Trump, réputé très allergique au terrorisme, craint que la RDC serve de bastion aux prochains mouvements terroristes. Ce que lui rappellent d'ailleurs les sept sénateurs dans leur correspondance.

Le président américain, qui a fait preuve d'intérêts particuliers sur le dossier congolais, a donc décidé de dépêcher en ce mois d'octobre la très bouillante représentante des États-Unis aux Nations Unies, Mme Nikki Haley.

Une occasion pour que l'administration Trump exprime sa position sur la résolution de la crise congolaise où il y a une Constitution violée, un président accusé de vouloir s'accrocher au pouvoir et une opposition, appuyée par la population, qui exige le respect de la Constitution ainsi que la tenue d'élections crédibles en vue de l'instauration d'une culture de l'alternance au pays.

Les sept sénateurs américains, qui se sont penchés sur la question congolaise, ont été régulièrement sensibilisés sur la cause de la RDC plongée dans une crise artificiellement créée et entretenue par la majorité au pouvoir.

« Le pays est sur le point de brûler », lancent-ils. Leur correspondance à la Maison blanche est un pas important dans la bataille diplomatique que mène l'Opposition congolaise réunie au sein du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement.

Cette exigence de l'implication du président Trump peut être considérée comme un prélude à la résolution de la crise congolaise, au moment où, à Kinshasa, la Majorité présidentielle bat campagne pour l'organisation controversée d'un referendum constitutionnel aux fins de trouver un sauf-conduit à son autorité morale pour un nouveau mandat présidentiel.

Vu sous cet angle, la correspondance de sept sénateurs passe pour une mise en garde. C'est un rappel à l'ordre à tous ceux qui s'évertuent, en jouant à la politique d'autruche, de torpiller le processus électoral en RDC. En poussant Trump à plus d'action, les sept sénateurs n'excluent pas la reprise, voire accentuation, des sanctions contre tous les fossoyeurs de la démocratie congolaise.

La conclusion de leur correspondance traduit toute leur détermination à voir les États-Unis imposer une ligne de conduite aux autorités congolaises.

Ils s'attendent à ce que le président Trump prenne « des mesures immédiates afin que les États-Unis jouent son rôle de leadership pour prévenir un tel conflit et être prêts à soutenir une réponse qui peut sauver des vies ». C'est tout dire.

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