6 Octobre 2017

Liberia: Ellen Johnson Sirleaf cède la place

Photo: FrontPage Africa
George Weah lors d'un rassemblement du Congrès pour le changement démocratique

Après deux mandats à la tête du pays, Ellen Johnson Sirleaf ne se représente pas à la présidentielle le 10 octobre. Bilan en demi-teinte de celle qui aura été la première femme cheffe d'Etat africaine.

Quand Ellen Johnson Sirleaf accède au pouvoir en 2005, le Liberia sort tout juste d'une guerre civile. L'un des points forts de la présidence Sirleaf aura été de maintenir la paix durant 14 ans dans un pays pourtant exsangue. "Ellen Johnson Sirleaf a obtenu le Prix Nobel de la paix avec quatre autres lauréats mais il reste encore beaucoup de problèmes avec les droits des femmes. Et beaucoup de choses sont arrivées pour lesquelles elle ne pouvait rien et a été accusée à tort. L'Ebola, par exemple. Cette épidémie a mis l'économie à terre" selon Alex Vine, de Chatham House, qui a travaillé avec Ellen Johnson Sirleaf durant la guerre, entre 2001 et 2003. Il souligne la stabilité de l'ère Sirleaf. Tout en reconnaissant l'ampleur des inégalités sociales persistantes, et la misère d'une grande partie de la population.

Des infrastructures ont été améliorées

Davantage d'investisseurs étrangers s'intéressent de plus en plus aux matières premières du pays, à l'instar de l'indien Mittal. Par ailleurs, c'est sous la présidence Sirleaf que le Liberia est entré dans le processus de Kimberley pour la certification des diamants. "Elle laisse beaucoup de choses en chantier qu'il va falloir régler pour éviter que le pays ne retombe dans la violence. Les Nations unies terminent leur mission sur place mais le gouvernement Sirleaf était corrompu. On lui reproche aussi son népotisme ; deux de ses fils sont, pour l'un, dirigeant de la banque centrale et l'autre est conseiller national pour la sécurité. Cela nuit à sa réputation et affaiblit la confiance des Libériens en leur chef d'Etat." Autant de points positifs relativisés par Fonteh Akum, chercheur de l'ISS à Pretoria, qui reproche à la présidente sortante d'avoir davantage misé sur la sécurité que sur la réconciliation après la guerre civile.

Les prétendants au feuiteuil présidentiel

Vingt-deux candidats se sont déclarés pour prendre la suite d'Ellen Johnson Sirleaf, parmi lesquels Jewel Taylor, sénatrice et épouse de l'ancien président et chef de guerre Charles Taylor. Ou encore la star du football George Weah.

Le Liberia a connu l'une des plus atroces guerres civiles du continent africain - 250.000 morts entre 1989 et 2003 -, puis durement touché par l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest de décembre 2013 à juin 2016.

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