6 Octobre 2017

Ile Maurice: Vols d'Air Mauritius annulés - Les pilotes avaient donné un ultimatum...

Le Chief Executive Officer (CEO) et le responsable des ressources humaines d'Air Mauritius (MK) avaient été prévenus. Le syndicat des pilotes leur avait donné un ultimatum. Ils avaient jusqu'à 14 heures, hier, jeudi 6 octobre, pour «rectifier» la situation dans laquelle se trouvent les pilotes.

Sauf que la direction a fait la sourde oreille. Et les pilotes ont mis leurs menaces à exécution hier. Après qu'une douzaine de pilotes ont officiellement signalé qu'ils étaient souffrants, huit vols, comptant l'aller et le retour, à destination de Hong Kong, Perth, Bangalore-Chennai et Londres ont été annulés.

Provoquant le chaos à l'aéroport de Plaisance. Et suscitant l'incompréhension chez un millier de passagers. Deux vols ont toutefois été reprogrammés pour ce vendredi 6 octobre.

«Du jamais vu... »

Pour des employés de la compagnie aérienne nationale, «la grève déguisée» des pilotes jeudi 5 octobre, est «du jamais vu en 50 ans d'existence d'Air Mauritius !» Qu'est-ce qui explique cette action industrielle déguisée des pilotes ? Hier, l'Airline Employee Association (AEA) et la Mauritius Air Line Pilots Association (MALPA) avaient officiellement prévenu le CEO Somas Appavou et Mike Seetaramadoo, l'Executive Vice-President, Commercial and Cargo et affecté aux ressources humaines, de la frustration des pilotes.

Outre la suspension de l'allocation des tickets gratuits aux capitaines sous Mike Seetaramadoo, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase est la rupture d'un engagement qu'aurait pris la direction de la compagnie, le 7 juin, en ce qui concerne le contrat des recrues chez les pilotes.

L'AEA indique qu'il était convenu, comme c'est le cas pour les anciens pilotes, que les recrues aient droit aux conditions établies selon la signature d'un Memorandum of Understanding en 2011. Mais ces recrues se sont retrouvées avec une chute de 25 % de leur salaire et avec 27 jours de congé par an au lieu de 42. Sans compter qu'elles ne sont pas éligibles au fonds de rétention. Parmi elles se trouvent des pilotes, majoritairement mauriciens, qui ont répondu à l'appel de MK et ont donc quitté leur emploi à l'étranger. L'AEA a également appris que MK veut étendre ces conditions, avec effet rétroactif, aux pilotes recrutés en 2016.

«Point de non-retour»

Dans la correspondance officielle adressée au CEO et au responsable des ressources humaines, l'AEA leur avait donné jusqu'à 14 heures hier pour qu'ils rectifient le tir. Au cas contraire, elle aviserait ses membres de la «mauvaise foi» de MK.

«Nous sommes d'avis que cela détériorera davantage les relations industrielles à un point de non-retour et que vous serez alors entièrement responsables de toute conséquence opérationnelle, financière et de l'image publique de la compagnie», écrit ce syndicat des pilotes.

Reste que cela fait un moment déjà que les pilotes d'Air Mauritius sont exaspérés par la situation qui prévaut. Dans une newsletter publiée par la MALPA, les pilotes mauriciens de MK soulignent que tous les moyens de négociation ont été épuisés. «Nous sommes tous d'accord que la diplomatie et la voie légale ne sont plus adéquates pour résoudre la situation dans laquelle nous sommes», écrit-elle. En attendant des démarches légales pour entamer une grève, la MALPA a demandé aux pilotes de prendre une série de mesures, dont le refus de prendre un vol pendant leurs jours off, à court délai.

Conditions de travail «inacceptables»

La newsletter de l'AEA, publiée le 2 octobre, abonde dans le même sens. Les conditions de travail «inacceptables» proposées aux nouvelles recrues y sont également évoquées. Le même mot d'ordre a été émis aux pilotes. «Une étude récente faite parmi les membres de l'AEA et la MALPA a montré qu'une majorité est pour le début des actions sociales si elles s'avèrent nécessaires. This time has come», peut-on y lire.

Dans les milieux concernés, on avance que les pilotes et commandants de bord font face à énormément de pression, étant donné qu'ils travaillent aussi pendant les jours de repos. Certains s'approcheraient même de la limite maximale d'heures de vol autorisées par an, soit 900 heures afin que les vols soient assurés. D'autres craignent que s'ils ne répondent pas à l'appel de la direction pendant leurs jours de repos, cela va influer sur leurs chances de promotion.

Cette situation, entre fatigue et stress, influe négativement sur la capacité des pilotes à effectuer les vols en toute sérénité pour s'assurer de la sécurité des passagers.

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