6 Octobre 2017

Sénégal: Diplomatie - Dakar et Conakry c'est « Je t'aime moi non plus » !

Les relations entre les présidents Macky Sall et Alpha Condé connaissent un nouveau passage orageux.

Le premier n'a pas aimé que le second lui ait volé la vedette dans le feuilleton Yahya Jammey-Adama Barrow. Le président guinéen de son côté reproche à Dakar son aide discrète en faveur de son plus farouche opposant Cellou Dalein Diallo...

L'axe Dakar-Conakry rencontre des difficultés pour son bon fonctionnement. Les relations entre ces deux capitales ouest africaines ont pris encore un coup dur pour au moins trois raisons, annoncent le journal électronique La Lettre du Continent numéro 761 du 27 septembre dernier.

Crise gambienne

Lors de l'élection présidentielle gambienne du 1er décembre 2017, l'autocrate Yahya Jammeh a reconnu sa défaite dans un premier temps au lendemain du scrutin. Et l'a déclarée au président de la Commission électorale, Alieu Momar Njie, avant de se rétracter une semaine plus tard et vouloir tenter un coup de force pour se maintenir au pouvoir et continuer ainsi à rallonger son règne pourtant long de 22 ans déjà.

Adama Barrow, 51ans, entrepreneur prospère, candidat du Parti démocrate unifié (UDP), le vrai vainqueur de ce scrutin (45,54% des suffrages exprimés contre 36,6% pour le président sortant) est soutenu par la communauté internationale. Le président sénégalais Macky Sall s'est personnalement investi dans cette crise pour que le choix des Gambiens soit respecté.

Celui qui était jusque-là méconnu du grand public est exfiltré à Dakar où il prête serment le jeudi 20 janvier 2017. Menacé d'intervention par les troupes militaires de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), le dictateur cède. Et quitte son pays le samedi 21 janvier 2017 pour la Guinée Equatoriale après avoir pris soin de vider les caisses de l'Etat gambien. Un jet privé a été affrété à bord duquel il y avait le président guinéen pour le sortir du pays pour une première escale en Guinée avant que la délégation gambienne ne poursuive en Guinée Equato.

C'est lors de la résolution de la crise postélectorale qu'apparait de nouveau la friction visible entre Sall et Condé. « Plusieurs de ses pairs mettent également à l'actif de Condé la gestion, en tandem avec le nouveau secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, de la non moins délicate crise post-électorale en Gambie et la mise en orbite de son président Adama Barrow. Une séquence qui a tendu les relations avec Dakar », révèle le journal électronique.

Soutien à l'opposant Cellou Dalein Diallo

C'est un secret de Polichinelle de dire qu'Alpha Condé et son opposant farouche ne s'apprécient pas. Ce dernier considère toujours son adversaire comme celui-là qui lui a volé à deux reprises (2010 et 2015) sa victoire à la présidentielle. Il n'hésite pas à le tancer de vouloir modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat.

Conakry soupçonne Dakar et son régime de soutenir discrètement son rival. Ce qui contribue à rendre les relations compliquées entre les deux présidents, précise La Lettre du Continent.

Tension entre le Qatar et l'Arabie Saoudite

Début juin 2017. L'Arabie Saoudite annonce qu'elle et ses alliés (Egypte, Emirats Arabes Unis, Bahrën, Yémen) mettent fin à toutes relations diplomatiques avec le Qatar. Ce qui provoque un séisme au Moyen-Orient. Ces Etats reprochent à Doha de financer les activités terroristes. L'accusé réfute cette accusation.

Cette crise qui ne concerne pas les Africains a néanmoins impacté les relations entre Dakar et Conakry. Selon la parution citée plus haut, « Alpha Condé a joué l'apaisement dans la crise entre l'Arabie Saoudite et le Qatar, là le Sénégal a pris fait et cause pour Riyad ».

Une autre illustration de ces relations tendues reste ce qui s'est passé en 2014 lorsque la Guinée se démenait pour faire face à l'épidémie Ebola. Le Sénégal pour éviter toute propagation de cette épidémie très mortelle sur son territoire national a fermé ses frontières avec son voisin. Une décision qui qui avait irrité les autorités guinéennes.

Il a fallu une visite de trois jours du Prof Condé à Dakar pour que tout redevienne normal. A l'époque, le visiteur a rassuré que « les relations entre nos deux pays n'ont jamais été aussi bonnes ». Les deux pays coopèrent sur les questions liées au terrorisme, à l'énergie, à la diaspora. Au cours de cette visite, rappelle rfi.fr, « Le Sénégal et la Guinée ont annoncé travailler à la signature d'un accord de coopération militaire et des patrouilles aux frontières communes vont être organisées. Un protocole d'accord sur la coopération dans le domaine de l'énergie a par ailleurs été signé. Les deux pays se sont engagés à coopérer pour développer le potentiel hydro-énergétique de la région et pour protéger l'écosystème des fleuves ».

Aujourd'hui, ces relations qui « n'ont jamais été aussi bonnes » ont du plomb dans l'aile. Si pour le cas d'espèce, jusqu'à présent, les médiations n'ont pas réussi, le président guinéen tente de sauver ce qui peut encore l'être. Entre Dakar et Conakry, les choses ne sont jamais permanemment au beau fixe. Les tensions alternent avec les décrispations. Et vice versa.

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